Europe : La cavalerie donne les charges . . .

, par  Jean-Marie Avadian , popularité : 47%

Après bien des tergiversations, doutes, reculades, compromis et bras de fers, le concert européen est entrain de mettre au point sa musique et d’écrire la partition qui va sauver les banques.
De syllogismes foireux en tautologies bancales l’Europe cherche son Graal.
Et, comme la Grèce est au cœur du problème, c’est par un magnifique sophisme que nous allons sortir de cette crise. Explications.

Je suis allé voir mon banquier ce matin et je lui ai dit  :
"J’ai besoin d’argent"
"Combien vous faut-il  ? "
"J’ai 150 000 euros de dettes, il faudrait donc me prêter cette somme pour que je puisse toutes les rembourser. "
" Vous plaisantez, je ne peux pas vous laisser faire ça, c’est de la cavalerie  ! " (*)
Ces salauds de banquier ne prêtent qu’aux riches, alors, quand j’ai quitté la banque, j’en étais toujours au même point.  

L’État lui est beaucoup plus endetté et contrairement à moi, il continue à dépenser beaucoup plus qu’il ne gagne.
Il faut donc qu’il emprunte plus. Mais qui sera assez frivole et naïf pour lui confier ses économies  ?
Moody vient bien de nous rappeler qu’à force de tirer sur la corde elle risque de bientôt se casser.  

Les banques, pourvoyeuses de fonds habituelles des États viennent d’apprendre de source sûre (l’État français) que les prêts consentis à la Grèce ne seront remboursés –au mieux—qu’à 40% voire pas du tout.
Et ce scénario pourrait se répéter pour une litanie de prêts aux États  : le Portugal, puis l’Espagne, puis l’Italie et enfin la France.  

Si l’État français ne peut plus emprunter comment va-t-il maintenir son train de vie  ?
Il y va du prestige de la France, elle doit tenir son rang et montrer au reste du monde que crise ou pas, notre pays ne cèdera rien sur les largesses de la République.
Bravo, mais comment sortir de l’impasse si les prêteurs traditionnels ne prêtent plus  ?  

Loin d’être à cour de ressources notre cher gouvernement a trouvé la solution  !  
L’État va recapitaliser les banques.
Il leur donnera tout l’argent qu’il faut pour qu’elles résistent au tsunami des faillites précitées.
Rassurées et reconnaissantes pour ce soutien infaillible de l’État français, les banques pourront lui prêter en retour l’argent que celui-ci demandera.  

Combien d’argent faudra-t-il à l’État  ?
Comme les caisses sont vides, il faudra que les banques prêtent d’abord à l’État l’argent que ce dernier promet d’utiliser pour venir au secours des banques.
Ensuite seulement, il faudra trouver l’argent que l’État compte dépenser pour creuser un peu plus sa dette.  

S’agissant de l’État français, il serait malvenu de parler de cavalerie.
Quand l’État aura fait son tour de passe-passe vos enfants et vos petits enfants que l’État avait endetté jusqu’au cou, boiront la tasse  !   
La cavalerie française est toujours la meilleure ! 

(*) La cavalerie est un processus financier où de nouveaux emprunts servent sans cesse à rembourser les emprunts antérieurs.
La cavalerie bancaire est illégale (sauf pour l’État  ?).
Envers des tiers, elle peut être qualifiée de délit d’escroquerie ou d’abus de confiance.
Hormis le cas traité ici, la cavalerie la plus importante connue a été la pyramide montée par Bernard Madoff.

FIN

Voir en ligne : http://blog.francetv.fr/blogistan-a...

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