Qu’a-t-on fait de notre légendaire SNCF ?

, par  Jean Claude THIODET ✞ , popularité : 43%

par Brigitte CHALLIOL

Depuis le 12 décembre, une partie des conducteurs du dépôt SNCF de Marseille est en grève, à l’appel de SUD et de FO, entraînant la suppression d’un train sur trois ou sur quatre selon les lignes. En jeu, des problèmes d’effectifs et d’horaires de travail qui se reproduisent régulièrement et déclenchent l’ire des usagers et de la région, autorité organisatrice de transport. « La SNCF ne fait pas son boulot malgré les 3 milliards d’euros que nous avons investis dans le transport régional. Elle réduit le nombre de ses cheminots et considère les TER comme un transport de seconde classe », s’insurge Michel Vauzelle, le président PS de la région Paca et candidat à sa succession en mars prochain.


Un vrai casse-tête

Pour les usagers et les entreprises, le manque de fiabilité des TER est devenu un vrai casse-tête. Un an après l’ouverture d’une halte ferroviaire pour desservir l’aéroport Marseille-Provence, sa zone aéroportuaire (près de 6.000 salariés) et le site d’Eurocopter à Marignane (7.000 salariés), le bilan est sans appel. « Nous avons eu très vite 500 abonnés, mais nous avons déjà 60 désabonnements alors que nous pensions franchir le millier de personnes », constate Gérard Goninet, directeur de l’établissement Eurocopter à Marignane. « Les gens attendent une autre qualité de service qu’un système qui les laisse de temps en temps sur le quai », explique-t-il en évoquant le nombre important d’annulations de trains, les retards et les grèves. Du coup, les salariés désenchantés, qui bénéficiaient auparavant d’un service de bus spécifique aujourd’hui supprimé par l’entreprise, se rabattent sur la voiture ou le covoiturage. Du côté de l’aéroport, on reconnaît avoir levé le pied sur la communication en attendant que le service de TER soit fiable.

En 2008, la région a décidé de doubler les pénalités infligées à la SNCF en les passant de 7 à 14 euros au-delà de 3,5 % de km trains supprimés, et ces sommes sont désormais déduites des subventions versées au transporteur. Mais rien n’y fait et le sujet des transports s’annonce d’ores et déjà comme un moment fort de la campagne des élections régionales.

Les syndicats jettent la pierre à la direction de la SNCF (c’est normal) et à la gestion de la région.lire

Thierry MARIANI n’hésite pas à dénoncer :

Il y a une vraie faillite du transport régional en Paca. Dans les autres régions, deux tiers des vice-présidents aux transports sont des communistes mais ils font bien leur travail qui est de défendre les usagers. Ici, il y a un mélange des genres et le vice-président se comporte comme un porte-parole de la CGT qui se fait le relais des préoccupations des cheminots

Il a d’ailleurs choisi de lancer sa campagne pour les régionales en PACA lundi prochain par une série de rencontres dans les principales gares de la région.

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