LES MAHONNAIS DE FORT DE L’EAU (CHAPITRE 2)

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Reprise du texte du Père Roger DUVOLLET :

"Il faut noter toutefois que les maraîchers minorquins, principaux créateurs de cette réussite, s’abstinrent longtemps de prendre part à la vie moderne de leur cité, vie qui dérangeait leur mode d’existence à caractère familial. Mais les petits-fils" (et arrières petit-fils)" de ces pionniers ne tardèrent pas à s’intégrer eux à la nouvelle population, s’y plaçant souvent au premier rang"

"Les premiers magistrats municipaux de Fort de l’Eau oeuvrèrent chacun en son temps, à la réussite de cette entreprise. Ce furent, depuis la création du centre en commune de plein exercice : MM. FREY Henri (1882-1889),COURNIER Léon(1886-1898), COSTA Firmin(1898-1901), ALZINA Benoit (1901-1907), PONS Antoine(1907-1908 décédé en fonction),GUERROUARD Gabriel(1908-1911), de GHEON Victor(1911-1913 décédé en fonction), MAZELLA Joseph(1913-1921),PONS François(1921-1942), MOULIAS Maximilien(1942-1943), SCEMBRI Michel(1945-1947), NAULIS Robert(1947-1962)".

"Jusqu’à la période noire, Fort de l’Eau demeura aux beaux jours et même en hiver, un lieu de rassemblement, une sorte de carrefour où venaient communiquer les familles d’Alger et de cinquante kilomètres à la ronde. En été, après une journée de baignades et de bronzage, on se retrouvait aux tables des nombreux établissements qui étalaient leurs terrasses sur les trottoirs des boulevards du front de mer. On y venait aussi spécialement pour déguster, en même temps que l’inévitable anisette, les brochettes de mouton si réputées, les merguez, et surtout, la fameuse soubressade mahonnaise, mieux réussie qu’ailleurs, accompagnée du non moins réputé pain mahonnais sans levure, à la mie compacte, que beaucoup rapportaient chez eux en partant. Ainsi, en toute saisons, Fort de l’Eau jouait-il un rôle d’espace-charnière garant de l’équilibre familial."

Observation de Lucienne : Sans oublier les fruits de mer, huîtres, moules, oursins etc... crevettes, gambas, et poissons de toutes sortes, sépias, calamars, sardines, anchois, cachalots, rougets, merlans etc...... les mahonnais excellents plongeurs (souvenir des Baléares ou certains étaient à l’occasion pêcheurs de perles), n’hésitaient pas à aller dans les grandes profondeurs pour y rechercher les huîtres, les moules, et les oursins les plus frais, véritable délices à déguster crus avec quelques gouttes de citron.Aussi excellents chasseurs que pêcheurs et agriculteurs, les mahonnais organisaient des parties de chasse, soit pour le gibier courant, soit des battues pour le sanglier dans les collines de basse-kabylie ( Fondouk, Rivet, Saint Pierre Saint Paul, l’Arba etc......). Je me souviens des récits d’histoire de chasses que parfois mon père nous relatait à la veillée, devant la cheminée ou crépitait un feu de vieux ceps de vigne odorants,en citant le nom des anciens chasseurs mahonnais qui s’y étaient rendu célébre pour leur adresse : Barthomé (Barthélémy), Mathéo(Mathieu) etc... bien d’autres encore.

Conclusion extraite des textes du Père Roger DUVOLLET :

"Où trouve-t-on aujourd’hui de tels lieux, alors que les structures socio-économiques se soucient moins des besoins humains que de la rentabilité ?"

Conclusion de Lucienne : La relation du Père Roger DUVOLLET sur la création de Fort de l’Eau est très élogieuse pour les anciens Mahonnais Fondateurs, de tout mon coeur je le remercie de les avoir fait surgir du passé.Comme tous, ils ont été des êtres humains avec leur qualités et leur défauts, mais au-delà des comportements personnels c’est l’ouvre collective accomplie et réussie qui compte et les honore.Le récit du Père Roger DUVOLLET correspond en tous points

à ce que m’en avaient rapporté mon père et ma grand mère sur les coutumes et moeurs familiales.

Les descendants des Mahonnais fondateurs de Fort de l’Eau et villages avoisinants, se sont ensuite dispersés dans toutes les régions de l’Algérie et dans les villes, notamment dans la capitale Alger.


En effet, par le jeu des héritages et des divisions territoriale des domaines qui s’ensuivent, certains fils et filles devaient s’installer dans les campagnes d’autres régions ou se mettre à rechercher une situation à ALGER ou dans d’autres villes ou villages. C’est ainsi que bon nombre de Mahonnais ont pris des fermes importantes en gérance ou en métayage en Basse-kabylie et dans la Mitidja notamment, pour y cultiver les primeurs, les fruits, les cérales et la vigne principalement. D’autres ont fait des études supérieures, sont devenus pharmaciens, médecins, avocats etc.... D’autres encore ont installés des commerces, restaurants, librairies, charcuteries, ou des artisanats, couturières, ateliers de broderies, tailleurs, sans oublier ceux et celles qui ont passé des concours pour entrer dans l’administration

comme fonctionnaires ou sont devenus instituteurs et institutrices, d’autres ont fait carrière dans la recherche des pétroles, d’autres dans l’Armée, d’autres ont travaillé dans des entreprises privées.

Bref toujours au travail comme tous les pieds noirs, mahonnais ou pas mahonnais !

Si vous rencontrez ici en France, une Française ou un Français rapatrié au maintien réservé, mais souriant, affable, sociable, avares de paroles inutiles, mais prêt à vous entendre et à vous aider en cas de nécessité, il pourrait bien s’agir d’une ou d’un

pied noir d’origine mahonnaise, alors un petit conseil : demandez lui de vous offrir l’apéritif avec de la soubressade, vous serez ainsi sûrs et certains de vous en faire un ami pour toujours.

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