Barricades pour un drapeau (mis à jour)

, par  Danièle LOPEZ , popularité : 8%

Lorsqu’on lit la version dite « officielle » du Service Historique de la Défense qui reprend la narration écrite par Bernard Droz et Evelyne Lever on ne peut s’empêcher d’être en colère.

Après avoir pris connaissance des témoignages qui suivent, et qui ont été reconnus par nombres de journalistes présents à Alger ce jour-là, nous ne pouvons – et nous ne devons - pas accepter cette version qui n’est pas la vérité historique même s’ils la veulent officielle.

Pour que chacun de nous – en tous cas ceux qui n’ont pas vécu ce 24 janvier 1960 – ait une approche plus fidèle de ces évènements, il faut impérativement lire le reportage « en live » que nous livre Paul Ribeaud dans son ouvrage,

« Barricades pour un drapeau » paru aux éditions La table ronde en avril 1960.

Vous trouverez, en italique,

 tous les dialogues ou passages des chapitres qu’il a écrits et qui sont d’une importance capitale dans le déroulement de cette journée tragique.
 Les photos qu’il a prises à cette époque et qui accompagnent son témoignage ainsi que
 des pages entières photocopiées pour que même une seule virgule de son récit reste inchangée.

Sa présence auprès des personnages clé de cette journée des barricades, des quelques jours qui lui ont précédés, et de ceux qui ont suivi, en font un témoignage d’une grande véracité par son impartialité.

Il a fini d’écrire ces journées de janvier 1960, en mars 1960 et les a publiées en avril 1960.

Paul Ribeaud est journaliste, collaborateur de Paris Match et d’autres agences de presse internationales. Son frère Guy Ribeaud, fervent gaulliste, est depuis 1954 l’homme de confiance de Chaban-Delmas et l’un des personnages influents des Républicains Sociaux.

Bien introduit dans les milieux politiques, Paul Ribeaud obtient toujours les informations qui le feront se trouver au bon endroit et à la bonne heure pour saisir l’évènement.

C’est ainsi qu’on le retrouvera le 11 mai 1958, à la veille du coup d’état qui a fait chanceler la IVe République, dans l’avion du Ministre de la Défense nationale Chaban-Delmas pour inaugurer à Philippeville « l’Ecole des cadres pour la Guerre révolutionnaire, dite subversive ».

La révocation de Massu

Ce 20 janvier, il attend avec d’autres reporters dans le hall de l’Hotel Raphaël à Paris, le général Massu qui sera limogé par De Gaulle après l’interview qu’il a donnée à Kempski, journaliste au Süddeutsche Zeitung. Tous les journalistes ayant essayé d’approcher Massu savent qu’il n’a jamais voulu donner d’interview. Que son limogeage intervienne après cet entretien ne peut que confirmer la réalité de l’entretien.

Révélations de Massu à Kempski

Toujours prêt à saisir l’évènement, il part le 22 janvier pour Alger où il doit séjourner un ou deux jours avant de se rendre à Reggane, sur les informations d’un responsable de la Base, pour assister à l’explosion imminente de la première bombe atomique française. Il est, bien sûr, à cent lieues de se douter du climat bien plus explosif qui règne à Alger.

Assis à ses côtés, dans la voiture qui le conduit à Orly, le député d’Oran Portolano lui confie :

« Nous sommes foutus. On veut relever Massu de son commandement. C’est de la folie, on veut mettre Alger à feu et à sans. »

Dans la caravelle d’Air France se trouvent également Laradji et Lauriol tous deux également députés d’Algérie .Ils viennent d’être reçus séparément par De Gaulle et sont très mécontents des propos que leur a tenus le chef de l’État.

Lauriol répète à Ribeaud ce que De Gaulle lui a dit :

« L’Armée ne fait que des conneries, elle a fait l’affaire Dreyfus, elle a fait Pétain et maintenant elle veut faire l’intégration. Cent mille morts fellagha glorifient une cause. les magistrats des tribunaux militaires sont des incapables et des médiocres qui font une répression sans nuance, ce ne sont que des exécuteurs de hautes œuvres. Les musulmans ne seront jamais des français, ils détestent les français d’Algérie, ils attendent de moi que je leur ramène Ferhat Abbas. »

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