Barricades pour un drapeau (mis à jour)
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A Alger, les représentants du Gouvernement sont au bord du désespoir.
La place de la Poste est quasi déserte, gardes mobiles et CRS ont reçu l’ordre de rejoindre leurs quartiers. Quelques paras ont pris position boulevard Laferrière.
Partout dans Alger on construit d’autres barricades. Les manifestants au lieu de reculer se renforcent.
On se prépare à la guerre civile.
Entre le peuple et le Gouvernement c’est la rupture.
Des réservistes construisent une barricade devant le bureau des députés. Un sentiment de colère anime tous les députés.
« L’un d’eux affirme : Fonde est un assassin.
Le colonel Fonde est le responsable de la sécurité d’Alger, sous les ordres du général Costes, c’est lui qui commande le groupe de la gendarmerie mobile.
– " On a voulu qu’il y ait des morts. On a fait charger les gendarmes sans prévenir les paras qui devaient les appuyer latéralement. En faisant assassiner quelques braves gendarmes – car on les a envoyé dans un véritable coupe-gorge – on a voulu dresser la Métropole contre le peuple d’Alger. Avec Lacoste tout aurait été évité."
Le sénateur qui vient de s’exprimer est bien connu pour sa modération et pour n’avoir jamais mérité l’étiquette d’ultra. »
Lorsqu’ils entendent la déclaration du général Challe diffusée sur France V,
leur indignation se mue en fureur et à leur tour, rédigent une déclaration.
Nous sommes dans la nuit du 24 au 25 janvier 1960, à une heure du matin, à la demande du colonel Broizat, le chef d’escadrons Bizard franchit la barricade du PC d’Ortiz pour s’entretenir avec lui et Sapin-Lignières.
A 2 heures 40 le général De Gaulle adresse un message au pays, toujours dans la même veine, très mélo, je ne vous en infligerai pas la lecture.
Alger s’est installée dans la révolution.
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