Woerth et Bettencourt, ça commence à me gonfler Le gagnant ne sera pas forcément celui qu’on croit...

, par  NEMO , popularité : 89%

Je n’ai pas pour habitude de défendre ici les puissants, même si une de mes premières tribunes à Notre Journal, du 20 octobre 2009, intitulée « Plaidoyer pour Jean Sarkozy », et finement sous-titrée « mieux vaux être jeune incompétent que vieux con pétant » a pu donner à le penser (abonnez-vous si ce n’est déjà fait, et relisez-la pour vous faire une opinion).

Mais quand notre ancien ministre du budget et actuel ministre chargé de la réforme des retraites, Eric Woerth pour ne pas le nommer, se fait carrément lyncher en place publique, sans qu’on accorde à sa défense ce que l’on offre généreusement au pire des malfaisants, je me dis que ça commence à bien faire, et qu’il est temps de taper du poing, et pas que sur la table !

Parce que si on y regarde de plus près, ce qu’on fait à Woerth, c’est la pire des saloperies qu’on puisse faire à quelqu’un : l’accuser non pas de fautes précises et concrètes, ce dont il pourrait prouver la fantaisie ou être obligé de reconnaître la réalité, mais d’avoir été en position, en tant que ministre du budget et époux d’une femme « active dans la finance privée », de commettre des fautes dont on ne dit pas qu’il les a effectivement commises, mais dont on suggère qu’il n’aurait pas pu les commettre s’il n’avait pas été ministre et marié à autre chose qu’une tanche. Suis-je clair ?

Autrement dit, il y a une bande de salopards qui, abrités derrière des masques de pères la vertu, ont décidé de flinguer Woerth par tous les moyens. Et le dernier moyen en date, « révélé » vendredi par Médiapart, le site d’Edwy Plenel, dont on connaît l’attachement à la Démocratie, pourvu qu’elle soit Populaire sauce Staline, est le plus dégueulasse de tous : accuser Woerth d’avoir signé un chèque de 30 millions d’euros à Mme Bettencourt en 2008 !

Pour Médiapart, c’est la preuve absolue (ce qui entre nous soit dit relativiserait la portée des « preuves » précédentes) de la collusion criminelle entre Woerth et la première fortune de France.

Que ce chèque de 30 millions ait représenté un trop perçu d’impôts – combien d’impôt doit-elle payer pour qu’on lui rende 30 millions, j’aimerais bien en avoir une idée -, en application du « bouclier fiscal » auquel Mme Bettencourt a droit comme n’importe quel Français, riche ou pas riche, on s’en fiche. Ce que l’on veut que la populace retienne, c’est que le ministre qui a signé le chèque est l’époux d’une dame qui travaille dans une entreprise qui elle-même gère une partie des revenus mobiliers de notre milliardaire nationale, donc qu’il ne peut qu’être coupable.

Je ne vais pas trop m’étendre sur toutes les « rumeurs » de cette affaire, ça me dégoute un peu, mais ce qui est vrai c’est qu’il n’y a aucune matière à procès contre Woerth, sinon un procès d’intention. Et je n’ajouterai pas « du moins aujourd’hui », parce que rien ne dit que demain il y aura quelque chose...

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Que ce procès soit mené par un parti socialiste qui, tout en sachant que le dossier est vide, ne veut voir dans cette histoire qu’une bonne occasion à la fois de « tuer dans l’oeuf » un adversaire de talent, de torpiller la réforme des Retraites, et de s’ouvrir un boulevard pour l’élection présidentielle de 2012, traduit bien dans quel état de déliquescence se trouve notre pannel politico-médiatique.

C’est qu’ils s’y voient déjà, les socialistes. Ils sont là, serviette autour du cou, fourchette et couteau à la main, en train de se partager le gâteau de 2012 ! Mais ce qu’ils n’ont pas compris, tous ces faux-culs trop occupés à se tailler la plus grosse part, c’est que les Français ont commencé à sortir du profond coma artificiel dans lequel on les a plongés depuis plus de trente ans. Et si le gros gâteau dégoulinant de crème allait à d’autres, pour changer… Ce ne serait pas bien fait ?

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