2000 femmes en burqa... Un problème ? Pas dans le pays de la laïcité, voyons...

, par  NEMO , popularité : 99%

[!sommaire]
S’il y a un argument qui m’exaspère, c’est bien celui qu’on nous sert en ce moment, pour en conclure que la loi sur la dissimulation du visage dans l’espace public (qui comme d’habitude ne dit pas son nom, pour ne pas stigmatiser nos frères musulmans en appelant un chat une burqa) est une mauvaise loi : puisqu’il n’y aurait tout au plus que « 2.000 femmes, pour la plupart de nationalité Française, qui portent la burqa », ce ne serait donc pas un problème.

Bon, passons sur le fait que ces gens qui rejettent une loi parce qu’elle ne s’appliquerait qu’à 2000 femmes, une goutte d’eau dans la mer, sont les mêmes à s’extasier encore aujourd’hui de l’abolition de la peine de mort – le grand œuvre de François Mitterrand, c’est dire s’il n’a pas fait grand-chose en 14 ans de règne -, qui frappait tout au plus une à deux personnes par an, et encore… Oui, mais avec la suppression de la peine de mort, la France passait des ténèbres à la lumière, rien que ça… et surtout, c’était une mesure de gauche, et, par conséquent, n’eut-elle concerné absolument personne, qu’elle n’en aurait pas moins été admirable et applaudie frénétiquement. Alors que 2.000 femmes enterrées vivantes, c’est la liberté de choix de tout un chacun, et une manifestation de la largeur d’esprit de la France laïque... Ah, les braves gens !

- !- !- !- !- !- !-

Allez, n’insistons pas plus que nécessaire sur le constat que 2000 femmes en burqa, même si seulement 10% d’entre elles sont forcées à la porter, ça fait encore 200 femmes obligées de se recouvrir d’un linceul dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas un signe évident de volonté d’intégration dans la société Française. Donc 200 femmes victimes de maltraitance, ça vaudrait le coup de fermer les yeux, pour ne pas stigmatiser des millions de musulmans ; si on était de mauvaise foi, on pourrait parler de la « raison d’Etat », qui dans d’autres cas fait vomir de dégoût les mêmes qui nous servent l’argument du petit nombre de con-cernées…

Passons aussi allègrement sur une question qui dérange : il y a dix ans, il n’y avait pas de burqa en France, aujourd’hui, on en admet officiellement 2000 (en réalité beaucoup plus, mais 2000 est un chiffre encore assez acceptable pour n’être pas stigmatisant pour la communauté musulmane). Mais dans dix ans ? 20.000 ? 200.000 ? A partir de combien de burqas dans les rues le phénomène deviendra-t-il un problème pour les tenants de la politique du laisser faire ? Quand leur femme devra la porter ?

Passons très vite encore sur l’idée par ailleurs insupportable aux susnommés que dans le pays des « droits de l’homme » et du principe de laïcité on se ficherait comme d’une guigne du droit des femmes musulmanes à ne pas se voir imposer par une religion rétrograde une tenue et un mode de vie incompatibles avec les valeurs du pays qui les a accueillies, le tout avec la bénédiction des autres religions, l’Eglise catholique en particulier, que je soupçonne de voir d’un assez bon œil ce dressage des femelles.

- !- !- !- !- !- !-

Mais ce qui me gonfle, dans l’affaire de la burqa, c’est l’hypocrisie qu’il y a à décréter que les femmes ont le droit de s’habiller comme elles veulent ou comme on veut qu’elles s’habillent, y compris comme des zombies, du moment qu’elles sont membres d’une communauté victime de l’oppression coloniale, occidentale et chrétienne, donc d’une communauté arriérée. Parce que le fond de l’abjection est là : aucun des défenseurs du laisser faire ne tient à voir ses femmes porter la burqa (ni n’aurait d’ailleurs l’idée saugrenue de prier dans la rue), mais s’ils laissent courir, c’est parce qu’ils considèrent que ces femmes, leurs époux et leurs frères sont excusables parce qu’ils ne sont pas parvenus à notre niveau de développement et de culture, et qu’il faut donc tenir compte de leur handicap mental, culturel, voire racial.

Les défenseurs du laisser faire sont objectivement ce qu’on devrait qualifier, si on en avait le courage, de vrais racistes, leur schéma mental correspondant très exactement à la définition du terme !

Navigation