Merci aux immigrés de pourvoir les sales boulots Sales boulots ou mal payés ? Qui gagne ?

, par  NEMO , popularité : 77%

Je ne sais pas si l’immigration rapporte ou coûte à la France. Si on lit les études sur le sujet, on se rend vite compte qu’on peut leur faire dire à peu près ce qu’on veut.

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Si vous voulez que l’immigration "rapporte", rien de plus facile : vous prenez tous les étrangers qui vivent en France en situation régulière (étrangers vivant en France en 2007 : Amérique 14000, Europe 47000, Asie 29000, Afrique Noire 31000, Maghreb 51000), sans distinguer ceux que l’on fait venir pour leur compétence de ceux qui nous amènent des bouches à nourrir, vous ne tenez pas compte des coûts spécifiques d’une scolarité adaptée à des populations diverses, vous fermez les yeux sur les charges particulières que fait peser sur la collectivité nationale une délinquance toujours plus marquée dans les milieux « instables » que dans les communautés établies (c’est un fait démontré dans tous les pays du monde, et quelle que soit l’origine de l’immigration), ou encore de la réaction en chaîne que provoque l’arrivée d’une main d’œuvre bon marché et sans qualification sur l’économie en général, et sur la cohésion sociale en particulier.

Si au contraire vous voulez que ça "coûte", vous intégrez dans les calculs ce que les « rapportistes » ont omis de prendre en compte, vous ajoutez au passif les Français naturalisés, la deuxième, voire la troisième génération des Français issus de l’immigration, vous estimez, en chargeant autant que possible la barque, le coût des clandestins, vous limitez votre étude à l’immigration venue d’Afrique, considérée comme la moins qualifiée, en occultant les représentants des autres continents. Et bien sûr vous oubliez de créditer les étrangers de ce qu’ils sont censés faire gagner à l’économie Française. Par contre vous accusez les transferts financiers vers le pays d’origine d’être la principale cause du déficit de notre balance des paiements.

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Tout cela pour vous dire que si je traite de ce sujet aujourd’hui, ce n’est pas pour vous servir une vérité que de toute façon j’ignore.

Non, ce qui m’interpelle, c’est un argument que l’on nous rabâche à l’envi, et qui est à mon avis une pure escroquerie : ce serait une chance pour la France qu’elle dispose d’une main d’œuvre immigrée, et surtout clandestine, parce qu’on lui fait tenir les emplois « DDD » (dégueulasses, difficiles et dangereux) dont les Français ne veulent pas. D’après les « rapportistes », sans la main d’œuvre immigrée clandestine, nos rues seraient recouvertes d’immondices, nos restaurants infestés de rats et de cafards, et nos immeubles se transformeraient en dépotoirs.

Hé bien je vous le dis, cet argument apocalyptique est faux, archi-faux ! Passons sur l’évidence que plus un job est difficile, et plus il demande une qualification que ces immigrés, par définition, sont incapables d’offrir. Passons aussi sur la prétendue dangerosité des jobs d’immigrés, c’est oublier que les emplois les plus dangereux que la France propose se trouvent dans la police, l’armée, les pompiers…, et qu’ils sont tenus statutairement, à quelques exceptions près, par des nationaux. Et puis si difficulté et dangerosité particulières il y avait, les immigrés seraient fatalement victimes d’un taux anormal d’accidents du travail, et croyez-moi, ça se saurait.

Alors venons-en au dernier « D », pour dégueulasse. Oui, c’est vrai, ce sont effectivement les immigrés d’origine subsaharienne (et pas les maghrébins, ce qui tendrait à prouver qu’ils sont mieux intégrés au monde du travail qu’on le prétend) que l’on voit le plus souvent derrière les camions bennes, et plus rarement conduire le camion. Est-ce parce que les Français ne veulent pas de ces boulots ? Je vous citerai un contre exemple absolu : Marseille. A Marseille, la plupart des éboueurs sont blancs, marseillais et Français. Savez-vous pourquoi ? Parce qu’ils sont pour une bonne partie directement employés par la ville. Ils sont agents municipaux, et très convenablement payés. Et en plus, on leur applique le principe du fini parti. Quand la benne a fini sa tournée, les préposés peuvent rentrer chez eux ou aller jouer aux boules si ça leur chante ! Conclusion, à Marseille, les Français de souche se disputent pour entrer dans la confrérie des éboueurs.

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Moralité : payez correctement le travail, et vous n’aurez pas de problème pour trouver des candidats, même parmi ces fainéants de Français qui ne travaillent que 35 heures par semaine. La vérité vraie, c’est que les immigrés sans qualification, surtout lorsqu’ils sont clandestins, sont taillables et corvéables à merci, ce qui signifie moins de charges et donc plus de profit pour les entreprises qui les emploient et leurs donneurs d’ordres.

Les travailleurs sans qualification - les étrangers, mais aussi les nationaux - seront toujours les dindons de la farce, avec, ce qui est très fort en café, la complicité d’idéologues qui, en rejetant toute idée de nations et de frontières, servent objectivement l’exploitation de l’homme par l’homme. Marx (Groucho), doit se retourner dans sa tombe !

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