Marrakech, nid de fornication ! C’est pour ça qu’ils y vont tous...

, par  NEMO , popularité : 95%

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On s’en doutait : maintenant que le ver est dans le fruit, il n’y a plus de raison que l’affaire DSK reste solitaire (c’est facile, je sais, mais en même temps, c’est la veille d’un long week-end, n’en demandez pas trop), et, comme le peuple semble apprécier cette soudaine conversion de nos élites à la transparence, il faut s’attendre à des remontées d’égouts dans les mois qui viennent… ça a déjà commencé. Et tout va y passer, du plus sordide au plus mesquin. La semaine dernière, c’était une histoire de pieds sans queue ni tête, un sous-ministre adepte de réflexologie remontante ; il a démissionné, c’est un résultat honorable pour les chasseurs de sorcières, encore que ça reste très en dessous de DSK, ne serait-ce que du point de vue de la hauteur physiologique du délit (si vous n’avez pas compris la finesse de la phrase : pied pour Tron, bouche pour DSK).

Mais Tron, vous le subodorez, c’était juste pour chauffer l’ambiance. On attend mieux, beaucoup mieux, et coup de bol, le mieux, on l’a peut-être : une affaire de pédophilie, le must, Outreau, Baudis et DSK enfoncés jusqu’au trognon, si j’ose la métaphore, tous les ingrédients d’un scandale énorme : des enfants esclaves sexuels, marocains qui plus est, livrés à la débauche d’un ministre Français, l’abjection dans la dégueulasserie !

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L’affaire a été dévoilée par le gentil philosophe Luc Ferry, notre ancien ministre de l’éducation nationale qui n’est jamais allé à l’école parce que l’école ce n’était pas bien avant lui, il en sait quelque chose, puisqu’il descend de Jules Ferry soi-même.

J’ai bien aimé la façon dont Luc Ferry a su mettre la distance qui convenait entre lui, esprit brillant coqueluche du tout Paris mondano-intellectuel, les animateurs-journalistes qui le recevaient à Canal+, et nous, le fond du fond du panier. A la question que lui posait un journaliste, je cite en gros, pas dans le texte : mais enfin, monsieur le Ministre, vous portez une accusation très grave, il faut nous donner des noms… la réponse de celui qui est très au dessus du Peuple : je ne vous donnerai aucun nom, sinon je vais me retrouver devant les tribunaux, et vous pensez bien que je n’ai aucune preuve (sic), mais je tiens cette information des niveaux le plus haut de l’Etat, et, de toutes façons, vous tous, sur ce plateau, vous savez très bien de qui je veux parler, alors ne jouez pas les faux-cul avec moi, s’il vous plait.

Et voilà : encore une fois, il y a les initiés, qui savent, les milieux autorisés dont parlait Coluche, et nous, la piétaille, qui comme d’habitude ne sommes au courant de rien (sans doute parce que nous ne ferions pas bon usage de notre savoir), et surtout pas de ce qui se passe à Marrakech. Décidément, encore Marrakech. Ou bien c’est une pure coïncidence, ou bien on comprend mieux pourquoi on y croise tant de monde connu pendant les fêtes.

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Bon, pour que vous aussi puissiez briller dans les repas de famille, je vous dis quand même à qui ce joli monde faisait allusion, puisque Christophe Barbier, rédacteur en chef de l’Express, l’a dévoilé sur Europe 1, ce qui met Notre Journal à l’abri de poursuites : c’est à Jack Lang, dont je m’empresse d’ajouter que l’enquête effectuée par l’Express n’a absolument rien trouvé. Pour l’anecdote, et si vous avez un deuxième repas de famille programmé, en quittant la mairie de Blois après avoir été battu aux dernières élections municipales, Jack aurait laissé à la nouvelle Municipalité une ardoise faramineuse du traiteur qui avait assuré son pot de départ. Tiens, pendant que j’y suis, encore une coïncidence ? Jack est voisin de DSK place des Vosges, mais son appartement est plus modeste, 160m2 seulement !

Et si vous voulez encore une anecdote croustillante, vous savez que François Mitterrand avait l’habitude de se rendre en pèlerinage tous les ans à la roche de Solutré, accompagné entre beaucoup d’autres de son fidèle Jack. Toute la basse cour déjeunait ensuite dans un restaurant gastronomique des environs… jusqu’à ce que le restaurateur (du moins c’est ce que de mauvaises langues racontent), fatigué d’avoir à courir après ses hôtes indélicats qui s’esquivaient sans payer, décide de fermer son établissement le jour de la visite du Prince. (J’ai d’autres anecdotes sur ce thème qui concernent d’autres locataires de l’Elysée, mais j’ai repris celle-là, parce qu’il y avait un commencement de rapport avec l’ami Jack).

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Allez, une dernière avant de partir moi-même en week-end : vous avez peut-être noté, dans un autre registre, qu’on nous avait sorti aussi cette semaine une histoire à deux balles de deux jours passés en 2006 par Gérard Longuet dans un grand hôtel de Tunis, et payés par le gouvernement Ben Ali… Quand on sait que dans ces pays où les services de renseignements sont partout, la présence d’un (à l’époque) sénateur Français qui plus est conseiller du Président de la République n’a aucune chance de passer inaperçue, et que toutes les personnalités qui y font un séjour privé ou public bénéficient du même traitement privilégié, nous ressortir une ardoise de 500 euros, quelle classe !

Eh oui, chers amis lecteurs, la pompe à merde vient juste de se mettre en marche. On va en apprendre de belles, et, c’est certain, ça va encore donner une belle image de notre pays. Mais un jour, ça va péter, ce n’est pas possible autrement ! Ah ça ira, ça ira, ça ira...

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