En France, tout va très bien C’est la Conférence des Responsables de Culte en France qui le dit

, par  NEMO , popularité : 65%

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Je ne suis pas chaud supporter du colloque sur la laïcité que l’UMP nous vend comme la panacée universelle. Je suis même à peu près convaincu qu’il fera au moins autant « pschittt » que le débat sur l’identité nationale a fait « flop », tout simplement parce qu’on ne peut pas résoudre un problème que l’on refuse de poser. Or, nous le savons tous, y compris les adeptes de la politique de l’autruche dont notre pays déborde, qu’« identité nationale » ou « laïcité » ne sont que les faux nez d’une question essentielle pour l’avenir de notre pays, voire de l’Occident : l’Islam est-il soluble dans la République Française, oui ou non, nom de Dieu ?

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Alors, me direz-vous, puisque ce débat ne m’intéresse pas, pourquoi est-ce que je vous en parle ? Hé bien parce que j’ai comme vous lu avec un certain ahurissement la tribune de la « Conférence des Responsables de Culte en France (CRCF) », du 30 Mars 2011, composée de sommités catholiques, protestantes, orthodoxes, juives, musulmanes et bouddhistes (citées ici dans l’ordre de leur paraphe, et pas en fonction de l’importance respective des religions puisqu’en France, un enfant de cinq ans le sait, toutes les religions se valent).

Et qu’est-ce qu’ils nous racontent, nos calotins associés, qui m’a fait pousser des boutons ?

Ni plus ni moins que la situation est sous contrôle. Qu’en France, c’est l’harmonie municipale, départementale, régionale et nationale. Tous les cultes se parlent, réfléchissent ensemble, signent des textes œcuméniques (la preuve, la tribune en question), s’embrassent, s’estiment, fraternisent, font leurs dévotions la main dans la main et les yeux dans les yeux. Des problèmes, non, franchement, même en cherchant bien, on ne voit pas. Le vote Front National, la sécurité, les banlieues, les églises profanées bien autant que les mosquées, sinon nettement plus, jamais entendu parler… Des rumeurs, un réflexe xéno-islamophobe de franchouillards attardés, que tous condamnent avec indignation. Bref, côté cu-cultes, tout va très bien, madame la marquise.

Alors, dans ce contexte évangélique, un débat sur la laïcité, pourquoi faire, sinon pour une fois de plus stigmatiser l’Islam, puisque tous sont d’accord sur le respect scrupuleux des deux premiers articles de la loi de 1905, lesquels précisent :

- Article 1 : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.
- Article 2 : La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes.

Vous voyez bien qu’il n’y a pas de problème !

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Voilà, voilà, circulez, il n’y a rien à voir. C’est « Mon curé au pays des rêves bleus ». Que le représentant de l’Islam soutienne cette fable, je veux bien, après tout, l’Islam fait de la « taqiyya » (l’art de la dissimulation quand on n’est pas en position de force) une vertu. Mais les autres ? Les Bouddhistes qui se font massacrer aux Philippines, les Juifs victimes du racisme Arabe en France, ou les Chrétiens de tout poil persécutés dans tous les pays d’Islam, voire en France même, dans les zones de non droit, rien à dire, rien à voir, tout va bien ?

C’est à croire que les représentants des cultes (devenus au fil du temps) pacifiques, voire pacifistes, se complaisent dans le déni de réalité, trop heureux d’offrir à leurs fidèles une chance de martyr – un billet de première classe pour gagner le Ciel sans formalités. Pour ne parler que de l’Eglise Catholique, dont la France est, je vous le rappelle, la fille aînée, même si elle essaie de se débarrasser de cette filiation honteuse, c’est pour elle une tentation ancienne de voler au secours de tout ce qui n’est pas catholique, du moment que ça a l’air faible ou pauvre…

Ce qui rejoint étrangement ma tribune de la semaine dernière sur la Libye : l’Eglise Catholique, tout comme nos élites occidentales (pourtant en général farouchement anticléricales) a une fâcheuse tendance à considérer que du moment qu’on est le plus faible, ou minoritaire, ou moins riche, on est le gentil, l’opprimé, le stigmatisé. Le plus fort est toujours le méchant. Frapper sur le plus fort devient un devoir sacré.

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Le cactus, dans cette histoire, c’est que ce sont les Chrétiens, « clients » de l’Eglise Catholique, que l’on frappe aujourd’hui, avec la passivité de l’Eglise, voire sa complaisance, et au nom de la lutte des opprimés contre les oppresseurs. A force de se faire taper dessus sans que leur « fournisseur » ne réagisse, il se pourrait bien que les « clients » de l’Eglise Catholique finissent par se lasser. De là à changer de marque…

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