Dimanche, on se serait cru dans une Démocratie Populaire Heureusement, on n’y est pas encore...

, par  NEMO , popularité : 73%

[!sommaire]
Je ne sais pas vous, mais moi, ces primaires socialistes, ça m’a rappelé les années 70, quand je sillonnais les pays de l’Est de l’Europe au volant de ma luxueuse (pour les dits pays) 2cv Citroën d’occasion. Parce que franchement, à écouter la radio ou à regarder la télé d’Etat, je m’y serais cru, dimanche, à Sofia ou à Bucarest, au bon temps du paradis socialiste.

C’est que la France parisienne présentait, dimanche soir, un avant goût de ce que sera la vie exaltante des Français après la grande révolution de mai 2012, quand les socialistes auront gagné la Présidentielle, puis, en toute logique, les Législatives, obtenant ainsi toutes les clés pour faire de notre pays la Terre Promise : un parti unique, le parti du peuple de Gauche, un seul « vrai » candidat, choisi par le système (ce n’est pas moi qui le dis, c’est eux) - les autres candidats étant là, comme une étoile à cinq branches, pour magnifier l’élu au cœur d’un écrin d’intelligences-, et, cerise sur le gigot, des médias à dévotion, Radio France et France Télévision célébrant sans la moindre retenue la naissance du Messie, les autres journaleux s’essoufflant derrière, langue râpeuse pendante. Quand on pense que les socialistes n’ont pas cessé depuis 2007 de dénoncer d’un air de résistants dans le maquis un Sarkozysme qui, entre autres libertés publiques, aurait confisqué l’information, c’est à mourir de rire.

Enfin, pour donner un semblant de réalité au débat d’après élection, une « opposition » réduite à de la figuration, vite remise au pas si elle manifestait le moindre doute – attention au goulag !-, sur la formidable avancée démocratique que constituent ces primaires, avec trois millions de votants, chiffre astronomique et d’autant plus fiable que comptabilisé par les socialistes eux-mêmes – on n’est jamais si bien servi que par ses propres militants.

- !- !- !- !- !- !-

Bref, dimanche dernier, si l’on en croit gazettes et socialistes, la France a montré à l’Humanité éblouie que la Démocratie avec un grand D était en marche, qui allait enfin donner le pouvoir au Peuple que le Sarkozysme inhumain fait tant souffrir, et que le socialisme triomphant broierait tous ceux qui auraient l’outrecuidance de se dresser sur le chemin de la lumière. En clair, mai 2012, ce sera Hollande, et à nous les prébendes !

Hé bien mes amis, je vous le dis comme je le pense, la primaire socialiste, qui semble avoir tant impressionné nos petits bras UMP, c’est la première bonne, très bonne nouvelle depuis très, très longtemps pour notre Président-candidat. Avec cette pantomime de démocratie, les Socialistes, à tant faire semblant de s’aimer les uns les autres en public, ont donné aux esprits mal intentionnés assez de bâtons pour se faire battre à plate couture…

- !- !- !- !- !- !-

Et comme je fais partie d’une des catégories de ces Français mal intentionnés que les Socialistes n’aiment pas (pour mémoire, les socialistes n’aiment pas, entre autres : les riches qui gagnent plus de 4000 euros par mois, les travailleurs petits blancs, qui osent voter Le Pen, les traitres, les propriétaires bailleurs qui exploitent les locataires, les cadres de province, qui ne savent pas s’habiller fashion, les agriculteurs non bio, qui polluent les nappes phréatiques, les retraités, qui votent à droite, bande de vieux cons, les souchiens, qui sont décidément trop bof, les chrétiens, trop démodés, les églises, il y fait trop froid, les commerçants de proximité, ils sucent le sang des pauvres, les médecins, ils s’enrichissent sur les maladies des malades, les notaires, sur les morts, la police, elle n’aime pas les arabes et les noirs, l’armée, que des godillots, etc…), je ne vois pas pourquoi je devrais me gêner, si je peux modestement contribuer à leur claquer le beignet.

Alors messieurs et mesdames les responsables de Droite qui me lisez attentivement chaque semaine, si vous voulez conserver le fromage que Hollande (je sais, c’est facile) se voit déjà en train de partager avec ses copains, la partie n’est pas perdue. Il y a moyen de leur mettre la pâtée, aux socialistes, suivez mes conseils, résultat garanti ou remboursé par les socialistes : commencez par établir la liste de toutes les abominations que le PS reproche à la "France de Sarkozy", prévoyez un gros cahier, depuis 5 ans, ça fait de la matière. Confrontez point par point cette liste aux promesses et aux agissements des 6 candidats-impétrants de la primaire. N’hésitez pas à assaisonner largement de venin de vipère. Secouez le tout, et proposez le mélange aux électeurs. S’ils ne le repoussent pas avec dégoût, c’est qu’ils ne vous méritent pas. Vous serez fondés à les abandonner sans remords à leur sort funeste. Si au contraire ils le repoussent, offrez-leur alors votre propre programme, fait de « Allez la France, du courage, des efforts, vous, vous allez en baver, mais ça ira mieux pour vos enfants, et c’est ce qui compte etc… », et comme ils ne sont pas si stupides que les socialistes l’espèrent, ils en redemanderont, et en plus ils vous diront merci.

- !- !- !- !- !- !-

Un exemple, pour que ce soit plus clair ? Depuis 2007, les socialistes nous bassinent sur l’absence de projet de la Droite pour la France. Vous avez noté un grand projet à gauche ? Ou alors le grand projet, ce serait d’ajouter 10.000 enseignants à une éducation nationale qui compte 1.300.000 fonctionnaires ? Allonger ou diminuer la durée de cotisation pour la retraite d’un trimestre ? Entrer au capital des banques ? Quelle hauteur de vue, comme c’est exaltant. Ça c’est de la France de gauche ! Alors que Sarkozy, ce serait le sauvetage de l’Europe, du Moyen Orient, de l’Afrique, du Monde, de l’Univers… ça fait la différence, non ?

Un autre, si vous avez encore un peu de mal avec le concept : la démocratie confisquée par l’UMP, la justice aux ordres du pouvoir ! Les socialistes nous servent cela pratiquement à tous les repas. On pourrait demander à Jean-Louis Nadal, ancien procureur de Paris, de nous faire une conférence sur le sujet, lui qu’on a vu au premier rang d’un meeting de soutien à Martine Aubry. Oui, mais lui, il est de gauche, donc il peut. Alors qu’un François Molins, directeur de cabinet du garde des Sceaux, soit proposé par son ministre au poste de procureur de Paris, ça c’est un scandale : Molens avait refusé, quand il était procureur à Bobigny, de mettre en examen les policiers dans l’affaire des deux gamins électrocutés, vous vous rendez compte !

Un troisième, pour me faire plaisir : quand Jean-Louis Borloo se met en ménage avec une journaliste, la gauche demande à cors et à cris la suspension de la dame. Quand c’est Arnaud Montebourg, le premier à s’être à l’époque indigné vis-à-vis du susdit, qui arbore une compagne journaliste, circulez, il n’y a rien à voir ! Hé bien à droite, le programme du prochain Président pourrait prévoir que les compagnons journalistes de nos femmes politiques quittent spontanément leur job... et toc pour les socialos !

Et enfin, le pompon, la morale politique. Le summum de l’hypocrisie de gauche. Parce qu’ils sont écœurants, les socialistes, quand ils vous assènent leur morale sucrée, leur France digne et fière, alors qu’ils se tamponnent le coquillard de "ce pays", comme ils disent, qu’ils sont prêts à toutes les compromissions pour gagner des élections, qu’ils n’hésitent pas à salir en toutes occasions le président de la France, comme si Nicolas Sarkozy, quoi qu’on pense de son action, était un usurpateur, leurs mensonges impudiques sur les « mesures pour les riches » et l’antienne « ami des riches », eux qui sont plutôt plus riches que leurs adversaires de droite, et leur manipulation cynique des extrêmes, de gauche ou de droite. La Droite, elle, au moins, n’en fait pas une religion, de la morale…

N’en jetons plus ! La cour est pleine. En tous cas, si c’est Hollande qui gagne, je fais comme Yannick Noah. Je me casse aux States, avec tout mon pognon. Et si Liliane Bettencourt, dont j’ai appris qu’elle souhaitait quitter la France, veut que je l’emmène avec moi, ce sera avec plaisir, surtout si on me nomme son tuteur.

Navigation