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par MNE

Un nouveau regard sur les harkis

Harki, un mot synonyme de traître en Algérie ou dans les cités de France.
Quarante-six ans après la fin de la guerre d’indépendance algérienne, ces supplétifs de l’armée française et leurs descendants traînent encore ce boulet infâmant.

Face aux nationalistes du Front de libération nationale (FLN) en lutte pour libérer leur pays, les harkis ont fait un autre choix, celui de la puissance coloniale.

Autant les enfermer à jamais dans les poubelles de l’histoire. Mais les historiens nous l’enseignent, le cours des événements ne se décline pas en noir et blanc.

Rétifs à un manichéisme commode, ils préfèrent déceler les zones grises de l’histoire, sans parti pris ni jugement, guidés seulement par la rigueur scientifique.

Aussi, les harkis font-ils l’objet aujourd’hui d’un regain d’intérêt et d’un regard neuf, comme en témoignent les groupes de recherches et les travaux universitaires qui leur sont consacrés en France. Et en Algérie même, le sujet n’est plus tabou pour les chercheurs.

Alors, coupables ou victimes, les harkis ? Si le discours officiel en Algérie ne laisse pour le moment pas de doute à cet égard, qu’en est-il de l’autre côté de la Méditerranée ?

S’agissant de la situation des harkis, mais également des autres forces supplétives - groupes d’autodéfense, groupes mobiles de police rurale, moghaznis – après 1962, l’attitude des gouvernements français successifs a suscité maintes controverses.

La mémoire est encore à vif chez les harkis et leurs descendants, en ce qui concerne les camps de transit, les cités d’accueil et les hameaux forestiers où ils furent installés, sinon internés, souvent pour des années, dès leur arrivée en métropole. Les témoignages abondent sur leurs pénibles conditions de vie d’alors, l’encadrement militaire draconien, le couvre-feu, sur les brimades subies. Ces lieux d’implantation, véritables repères identitaires, quadrillèrent, entre autres, l’ensemble des départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Autre traumatisme : le sort tragique réservé aux harkis demeurés en Algérie dès le cessez-le-feu, suite aux accords d’Evian du 18 mars 1962. En vertu de ces accords, les supplétifs se voyaient en principe à l’abri de « mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d’une discrimination quelconque » de la part des nouvelles autorités algériennes.
Le bilan des massacres du printemps 1962 au début 1964 reste impossible à évaluer, reconnaît Abderrahmane Moumen, chercheur au Centre de recherches historiques sur les sociétés méditerranéennes (CRHISM), de l’université de Perpignan.
La fourchette varie entre 15 000 et 150 000 morts, le chiffre véritable devant se situer autour de 25 000 victimes.

Suite : http://www.med-in-marseille.info/sp...

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