Le tabac augmente, les gauloises aussi !!!

, par  Danièle LOPEZ , popularité : 90%

Comment passer à côté d’un article aussi banal que celui-ci à priori et qui distille autant d’intox encore et toujours sur notre passé ?

Le Figaro.fr du 8 août 2007

Une journaliste de cet hebdomadaire, Brigitte Baudin, pose des questions à un metteur en scène, Mehdi Charef qui répond "avec émotion".

Le film qui sort sur les écrans aujourd’hui dit-il, est le reflet - strictement le reflet - de ses souvenirs.

On a compris qu’il s’agit de « Cartouches gauloises »

Quel beau double sens à ce titre , n’est-ce pas ? Pour nous qui savons lire entre "leurs" lignes !

Brigitte Baudin présente le film en quelques lignes …..

A LA RECHERCHE DE L’ENFANCE MEURTRIE

- "Printemps 1962. La guerre vient de se terminer et l’indépendance sera bientôt proclamée. Ali (Hamada), dix ans, le fils d’un moudjahidin, est vendeur de journaux pour subvenir aux besoins de sa famille. Cela lui permet de s’infiltrer partout et d’observer tous les milieux sociaux d’Alger : celui des Algériens, des colons, des prostituées. Il continue aussi à jouer dans sa cabane refuge, sous le pont de chemin de fer, construite avec son ami Nico (Thomas Millet), un pied-noir. Tous deux rêvent à la paix retrouvée. Ils font mine de ne pas s’apercevoir que leur monde a changé irrémédiablement, que c’est la débâcle et que les colons partent les uns après les autres, sans regarder en arrière."

C’est succinct et explicite dès la première ligne.

Mais revenons à l’interview.

Le metteur en scène avec une émotion non feinte, avoue :

- « …. J’ai gardé plus de quarante ans ces images au plus profond de moi sans oser y toucher, avoue Mehdi Charef . Ali, ce petit garçon, c’est moi. Comme lui, j’ai vendu des journaux dans les rues et connu toutes les couches de la société : des riches colons, des militaires, des flics, des commerçants, les dames de petite vertu de la maison close de la médina. C’était un magnifique poste d’observation. J’étais une sorte d’intermédiaire entre deux mondes qui se côtoyaient sans jamais vraiment se rencontrer. J’évoque aussi dans le film une autre blessure : la séparation brutale avec mon ami Nico obligé de regagner la métropole avec ses parents. »

Donc, en Algérie, et plus précisément à Alger , Mehdi Charef a côtoyé toutes les couches de la société :

- des riches colons, des flics, les militaires , des commerçants et des prostituées….. !

Vous avouerez que le « Alger de son enfance » est peuplé d’ une société plutôt restreinte ! mais, à 7 ans, sait-on exactement ce que l’on voit !

Poursuivons plus avant pour essayer de comprendre ce petit enfant .

- " De l’Algérie, Mehdi Charef n’a connu qu’un pays déchiré par la guerre. "

« ... Je suis né en 1954, avant le début des premiers combats, précise-t-il. Mon père avait déjà immigré en France où il travaillait dans les travaux publics. Il revenait nous voir, ma mère, mon frère et moi, tous les deux ans. Nous l’avons seulement rejoint en France en 1963. Jusque-là, nous avons vécu dans la peur. »

Certes, comme tous les enfants , dans tous les pays en guerre , M. Charef a vécu dans la peur. Nous en savons quelque chose.

Mais .... si son père avait déjà migré vers la France, et ne venait que tous les deux ans en Algérie, comment dit-il de lui "qu’il était un moudjahid " ? (voir plus haut).

Ah ! c’était peut-être un moudjahid qui faisait la guerre en France ! Il y en avait aussi

Continuons notre lecture .

- " Mehdi Charef a tourné en Algérie sur les lieux mêmes de son enfance."

« ... Non sans émotion, un souvenir horrible m’est alors subitement revenu à l’esprit, » confie t-il. !

et il raconte le souvenir qui l’a poussé à tourner ce film .

-  « … Un jour, ma mère m’a poussé brusquement dans ma chambre. Elle ne voulait en fait pas que je vois le mur jaune de la maison d’en face éclaboussé du sang de Aïcha, une jeune femme fusillée par l’armée française parce qu’elle avait caché trois soldats du FLN. Des souvenirs des horreurs de la guerre j’en ai comme cela plein la tête. Seul le cinéma pouvait rendre cette atmosphère, cette réalité brute, avec ses images fortes, ses couleurs, ses tonalités.. ».

- « …. Dans le film, par contre, je restitue la vérité. »

Et de toute cette petite enfance, ce monsieur qui s’est enfui dès 1963 d’Algérie pour aller rejoindre son père en France, n’a comme souvenirs que les horreurs commises par « les flics et les militaires » ?

Puisqu’il était vendeur de journaux à Alger, peut-il ignorer les horreurs vécues dans les établissements publics ? N’en a-t-il jamais entendu parler " pendant ces plus de 40 ans pendant lesquelles il a conservé ses images sans oser y toucher " ?

Le Milk Bar , La Cafeteria , L’Otomatic, Le Casino de la Corniche ? là, il avait deux ans.

Mais encore celles qui ont été vécues dans les lieux publics comme les autobus , les lampadaires, les rues … ? Et qui sévissaient encore en 1962 ?

- "...Des souvenirs des horreurs de la guerre j’en ai comme cela plein la tête."

Sa mémoire est très sélective pour quelqu’un qui n’avait que 2 ans en 1956 , 7 ans en 1962 et qui dit "avoir travaillé pour subvenir aux besoins de sa famille" (sic).

Mais il poursuit toujours , entre misérabilisme et dramaturgie :

« ….. Il me fallait retrouver mes sentiments d’enfant meurtri, bien enfouis dans l’inconscient…" ( ! )

« …. Il me fallait aussi revenir sur les lieux du drame pour en mesurer toute l’absurdité. Car, je suis persuadé que si tous les pieds-noirs avaient aimé les Arabes autant que leur terre, ils n’auraient probablement jamais quitté l’Algérie. Quel gâchis ! »

Là , avouons que nous ne comprenons plus !

Au début de son interview, il dit bien :

« ….. J’évoque aussi .... dans le film une autre blessure : la séparation brutale avec mon ami Nico obligé de regagner la métropole avec ses parents. »

C’est-à-dire que cette « blessure-là » n’est pas l’essentiel du film. Elle ne vient qu’en second plan, comme un second rôle , pour étoffer l’histoire ou pour faire couleur locale , peut-être ? Mais nous avons très bien compris que cet épisode ne fait pas partie de "son" drame.

Et nous devrions avoir aimé les arabes autant que notre terre ?

Et les arabes, Monsieur Charef , comment ont-ils aimé les pieds-noirs pour prendre leur terre ?

Ont-ils mesuré le gâchis comme vous l’appelez, de toutes ces vies pieds-noirs qu’ils ont enlevées sans autre forme de procès ?

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http://www.lefigaro.fr/culture/20070808.FIG000000051__la_recherche_de_l_enfance_meurtrie.html

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