Le 20 janvier 1960 : les barricades !!

, par  Jean Claude THIODET , popularité : 7%

Cela tombe comme un couperet au début du conseil des ministres du 20 janvier.

- Massu ne rentrera pas à Alger, dit de Gaulle.

Certains ministres, ceux qui suivent les affaires algériennes, pâlissent. On prévient à Alger le délégué général Delouvrier, et le commandant en chef Interarmes Challe.

A la nouvelle, les deux responsables de l’Algérie pâlissent,
La situation de Robert Lacoste, à la veille du 13 mai, n’était rien à côté de ce qui les attend,

Qu’a fait le commandant du corps d’armée, et super-préfet d’Alger, pour susciter l’ire du chef de l’Etat ? Il a donné une interview à un correspondant allemand, ancien parachutiste.

Il lui a dit que l’armée ne comprenait plus de Gaulle, qu’elle avait
probablement commis une tragique erreur en l’appelant le 13 mai, qu’il faudrait sans doute le remplacer.

Massu a été immédiatement convoqué à Paris chez Guillaumat, ministre de la Défense nationale.

Il en sort un communiqué alambiqué où le général se déclare
« sans aucune réticence intellectuelle derrière le commandant en chef (Challe) dont le prestige et la loyauté à l’égard du chef de l’Etat ne peuvent faire de doute. »

Pour Massu, cette formule n’est peut-être que respect de la hiérarchie, pour de Gaulle, c’est un refus d’un superpréfet de se déclarer franchement d’accord avec sa politique.

Massu ne rentrera pas à Alger, Massu : L’idole des pieds-noirs ! Le dernier en place après les « promotions » (ou le rappel) de Salan, Allard et Jouhaud.

Alger flaire un « mauvais coup ».

Le drame couve

Déjà Pierre Lagaillarde, le héros du 13 mai, a reparu dans les meetings. Devenu député, il a perdu le contrôle de ses troupes estudiantines. Mais c’est l’homme des occasions.

Pour lors, celui qui possède les effectifs, c’est Joseph Ortiz, le patron du bar du Forum. II a patiemment rassemblé 4 à 5000 militants, y compris les étudiants que Susini, leur nouveau président, lui a amenés. Il lui a suffi de faire dire « l’armée est avec moi ».

C’est vrai et c’est faux.

C’est vrai qu’il a ses entrées chez Massu. Mais de la même façon, le corps d’armée est averti de tout ce qui se passe chez lui. Et le 15 octobre, lorsque Massu a dit à Ortiz : « Restez tranquille ou je vous rentre dedans », Ortiz est resté tranquille.

Seulement Massu n’est plus là.

Le 22 janvier au matin, à Paris, la conférence sur l’Algérie s’ouvre sans lui.

Les vingt-trois représentants civils et militaires tentent pour la plupart, mais en vain, de fléchir un de Gaulle de marbre. Sa seule concession est d’affirmer qu’il n’y aura pas de négociations politiques avant la fin des combats. Mais il n’est pas question d’imposer l’intégration.

Les Algériens choisiront leur solution. Il n’est pas question non plus de revenir sur le cas de Massu.

Delouvrier et Challe repartent atterrés. Ils arrivent à la nuit tombée. A cette heure, on fulmine contre de Gaulle dans toutes les permanences d’Alger.

Lagaillarde a un projet. Il cherche Ortiz, finit par le trouver aux " Sept Merveilles",dans une combe des hauts d’Alger.-

Que fais-tu ?, demande l’ex-leader des étudiants.
- Rien, répond Ortiz. La situation n’est pas favorable.

Lagaillarde n’en croit rien.-

Eh bien moi, dit-il, j’occupe les Facultés. Je crée un fait révolutionnaire. J’oblige l’armée à me tirer dessus. Comme elle ne le fera pas, et même si elle le fait, le mythe de l’unité de l’armée éclatera... Le Comité de Salut national naîtra tout seul.

Lagaillarde redescend au bar des étudiants, l’Otomatic, et lance au travers de la salle :- La mécanique de fer est en marche !

Cependant, au Palais d’Eté, Delouvrier et Challe ont convoqué leurs collaborateurs. Ils ont rapporté de Paris un ordre : si les édifices publics sont attaqués, on tirera au besoin.
Mais on ne trouvera pas un capitaine pour donner l’ordre d’ouvrir le feu sur les pieds-noirs.

Le 23 janvier au matin, Delouvrier est réveillé par la nouvelle :

" Dans tout Alger, les unités territoriales en uniforme et en armes font fermer les boutiques au nom de la grève générale." Les unités territoriales (U.T.) représentent 125 000 pieds-noirs mobilisés un jour sur dix.
Lacoste les a constituées pour détourner les civils du contre-terrorisme.

Quelques jours plus tôt, un petit fait est passé inaperçu. Le colonel Gardes, d’accord avec Challe, a mis sur pied une interfédération des U.T. et des groupes d’autodéfense du bled.

Comme président, on a choisi le commandant Sapin-Lignières, ancien officier des services spéciaux, qui, devenu civil, s’occupe de crédit automobile à Alger.
L’armée s’est sentie rassurée par cette présence.

Mais les U.T. ont élu comme secrétaire général le capitaine Ronda, chef de l’U.T. opérationnelle, qui est aussi le patron de la formation paramilitaire de 2 ou 3000 hommes qu’Ortiz a plus ou moins clandestinement mis sur pied au sein de son organisation politique.

Ce matin du 23, le P-C- de l’agitation se localise boulevard Laferrière, au premier étage au-dessus d’une banque, la Compagnie Algérienne.

C’est le siège de l’Interfédération des U.T.

Il est envahi par une foule d’hommes en armes, d’hommes à brassard marqué de la croix celtique de « Jeune Nation », venus prendre des consignes, des mots d’ordre. Ortiz y trône en patron.
Sapin-Lignières, alerté, trouve son local occupé. Mais justement, on vient le chercher pour le conduire auprès du délégué général.

- Qu’est-ce que c’est que cette grève ?, demande Delouvrier. Sapin-Lignières répond qu’il n’y est pour rien.

Et brusquement, les choses se précipitent. Massu a téléphoné.

La veille, malgré son amertume, il avait donné à son ex-chef d’état-major, le colonel Argoud, des conseils de sagesse.

Entretemps, il a enfin été reçu par de Gaulle.

Il a été très déçu.- Je ne donne plus d’avis. Ce n’est que sur place que vous pouvez juger.
C’est le feu vert.
La nouvelle court aussitôt à Alger. Quand l’aube de ce dimanche 24 janvier se lève, nul ne sait encore à Alger que la Faculté est occupée. Lagaillarde s’y est installé dans la nuit avec 30 hommes et 3 fusils
mitrailleurs.

A la même heure, dans tous les quartiers périphériques, d’autres U.T. frappent aux portes. - Tout le monde debout. C’est le grand jour.

A II heures à la Grande Poste. Faites passer ! Les cortèges s’organisent, se mettent en branle. Plusieurs se rejoignent à la sortie de Bab-el-Oued. Quelques barrages d’agents sont bousculés sans difficulté.

Le goulet d’étranglement principal est à la caserne Pélissier où est cantonné un régiment entier, le 3e paras coloniaux (l’ex-Bigeard). Si la foule veut contourner la Casbah, elle se heurtera à quatre escadrons de gendarmes devant la prison Barberousse.

Sur les hauts d’Alger, au Télelmly, le Ier R.E.P. bouche les rues descendant sur le centre.

A l’est, le Ier chasseurs parachutistes interdit les voies venant des faubourgs d’Hussein Dey et de Belcourt.

Un dispositif parfait
.
Mais, les officiers n’ont pas manqué de dire aux passants qui les interrogeaient : « Nous ne sommes pas venus pour tirer des Français ».

Formés en carré derrière leurs drapeaux, les anciens combattants hésitent à se lancer dans une aventure illégale.
Ils ont décidé d’attendre, pour s’engager, quelle sera l’attitude des paras devant les manifestants. Lorsque le cortège de Bal-el-Oued s’avance, avec ses U.T. en armes, ses croix celtiques, les chemises kaki de la légion d’Ortiz, il y a une minute de flottement,
Mais on n’a mis en ligne que deux compagnies de paras.

Une bousculade, quelques crosses cassées, et les barrages fondent. Les A.C, emboîtent le pas... Direction la Grande Poste.

Il est II heures.

Mais, à l’heure du déjeuner, les gens préférent rentrer chez eux
malgré les appels d’Ortiz.

Va-t-on « refaire le 13 mai » ?

Vers 16 h., autour du P.C, d’Ortiz, il n’y a guère plus de 5000 manifestants mais leur armement s’est visiblement renforcé. Le maintien de l’ordre dans le secteur Alger-Sahel est aux mains du colonel Fonde. Un ancien de la 2e D.B. qui ne pactise pas du tout avec les activistes, a préparé un plan pour la dissociation de la manifestation.

Les gendarmes vont descendre les escaliers du Gouvernement général. Pendant ce temps, le Ier R.E.P, de Dufour va déboucher sur la droite par l’avenue Pasteur. Plus bas, par le boulevard Baudin, va arriver le Ier régiment de chasseurs parachutistes du colonel Broizat. Les manifestants ont toutes les voies vers l’ouest pour se retirer. Le dispositif est parfait. Il faut agir avant la tombée de la nuit, les barricades, en effet, sont en train de s’élever de toutes parts, créant un périmètre insurrectionnel qu’aucune autorité ne peut tolérer.

Challe donne son accord.

Les gendarmes, commandés par le colonel Debrosse, commencent à descendre du Gouvernement général de part et d’autre des escaliers. Ils ont rendez-vous avec les parachutistes les couvrant sur la droite.

Lorsqu’ils arrivent à hauteur du boulevard Pasteur, une grenade claque sur la chaussée, lancée du côté des manifestants.

Debrosse donne l’ordre de charger, la crosse en l’air. A ce moment, des rafales de fusil-mitrailleur partent du toit de la Compagnie Algérienne. D’autre part, des pneus chargés d’explosifs et munis de mèches lentes dévalent l’avenue Pasteur, explosent le long des trottoirs.

-Des gendarmes tombent.

-D’autres répliquent.

Debrosse fait sonner le cessez-le-feu par son clairon. Il donne alors l’ordre de repli sur le Gouvernement général.

Le colonel Godard, qui considère tout cela du haut de l’escalier et qui stoppe un fusil-mitrailleur de la gendarmerie qui ouvre le feu sur le boulevard Lafferière, raconte :

- La remontée des mobiles a été un calvaire. Ils essayaient de remonter leurs blessés d’encoignure en encoignure, mais on tirait des fenêtres le long des escaliers...

Le colonel Fonde a donné rendez-vous à tout le monde à 18 heures au boulevard Laferrière. Mais le colonel Meyer, à la I0e D.P., a décomposé l’ordre pour Dufour.

Première étape :place Lyautey, au début du boulevard Pasteur. Et puis le deuxième ordre n’est apparemment pas venu.

Broizat, de son côté, a pris contact avec Dufour. Voyant que celui-ci n’avait pas d’ordres, il a lié sa progression à celle du Ier R.E.P.

Le bilan dira bien ce qu’il veut dire : 14 gendarmes tués, 6 morts parmi les manifestants.

Challe est indigné.

A 20 heures sur Radio-Alger, il conclut :- L’émeute ne triomphera pas contre l’armée française. Je fais converger des régiments de l’intérieur sur Alger. L’ordre sera maintenu avec l’accord du délégué général du gouvernement. Je considère la ville comme en état de siège. Tout rassemblement de plus de trois personnes est interdit. C’est tout.

Paroles énergiques, mais imprudentes. Les colonels entrent dans le bureau du commandant en chef en principe pour rendre compte. En réalité, ils apportent, sinon dans la forme, du moins dans les faits, un refus d’obéissance.
D’ailleurs, déjà sur les barricades, les parachutistes sont en train de fraterniser avec les pieds-noirs.

Challe, pour la première fois de sa vie d’officier, sent vaciller son autorité.

Cependant, Delouvrier a fait venir le général Gracieux, chef de la I0e D.P

- Peut-on enlever les barricades ?

- C’est de la bataille de rue, répond Gracieux. Pour qui connaît ce genre de combat, cela veut dire 7 à 800 morts.

En fait, Gracieux sait bien que cela n’est pas vrai. Mais cet honnête homme a une angoisse qui est tout autre : celle de voir une compagnie ou deux de la I0e D.P. passer aux insurgés.

Ce drame-là, ce serait la rupture de l’armée en deux factions. Et il n’ose l’avouer au délégué général.

En fait, celui-ci a bien compris.

Il appelle Paris.

Ce n’est que le lendemain matin que de Gaulle, sur les ondes de Radio-Alger, parle de «  mauvais coup porté à la France ». Il se dit prêt à faire triompher «  une solution qui soit française ». Il ajoute : " J’adjure ceux qui se dressent à Alger contre la Patrie... de rentrer dans l’ordre national. Rien n’est perdu pour un Français qui rallie sa mère, la France."

Cela n’a aucune portée sur les barricades.

- Demain à Paris, je serai le pouvoir, annonce Ortiz au député Lauriol.

Cependant, ce soir-là, il y a un changement sur les barricades. Le commandement a rappelé du Constantinois la 25e division de parachutistes du général Ducournau : les 9e et I4e régiments de paras qui n’ont pas les mêmes liens avec les Algérois que la I0e D.P.

Mais à cette heure, Lagaillarde qui a instauré aux Facultés une réforme strictement militaire fait préparer l’enlèvement du Premier ministre Michel Debré qui doit arriver dans la nuit du 24 au 25. L’ancien directeur du « Courrier de la Colère » a fait savoir qu’il voulait voir les barricades. Cela l’amènera à passer sous le tunnel des Facultés. Il y a là une poterne qui donne accès au P.C. de Lagaillarde.

En fait, la voiture du Premier ministre passera si vite que le commando mis en place derrière la grille n’aura pas le temps d’intervenir. Et au retour, la voiture ministérielle prendra une autre route.
Michel Debré est accompagné de Guillaumat, ministre des Armées.
Au quartier Rignot, il voit les généraux qui lui disent tous ne pas pouvoir, et ne pas vouloir, donner l’assaut aux barricades.

Ce sont ensuite les colonels qui sont reçus.

L’entrevue est orageuse.

Le colonel Georges de Boissieu, cousin du gendre de De Gaulle, est le plus véhément. Après avoir dit au Premier ministre qu’il vient de débiter un discours de 14 juillet, il refuse de lui serrer la main.

A 4 heures du matin, Michel Debré rejoint l’aéroport persuadé qu’une junte des colonels est sur le point de prendre le pouvoir à Alger.

Cependant, sur le boulevard Laferrière, on a beau lancer des motions incendiaires, l’insurrection piétine.
Ortiz décide de faire occuper la mairie Mais dans l’après-midi, treize camions des commandos de l’Air, loyalistes, débarquent mitraillette à la main.

Les U.T. refluent.

Il essaie d’obtenir du colonel Broizat qu’il le laisse s’emparer de la Radio, ou tout au moins de la Grande Poste. Le balcon du premier étage lui permettrait de parler à la foule. Mais le colonel refuse. «  Si vous touchez à un édifice public, je vous rentre dedans ».

Cependant, de Gaulle s’impatiente. Il convoque le général Crépin qu’il a nommé à la tête du corps d’armée d’Alger en remplacement de Massu.
C’est un compagnon de la Libération parfaitement loyal.
Et celui-ci lui dit :- Si dans l’état actuel des choses, vous me donnez l’ordre d’enlever les barricades, j’obéirai. Mais je ne pourrai que décrocher une mitraillette et m’avancer seul en tirant ...

Delouvrier, qui s’est installé depuis le premier matin des barricades au quartier Rignot, pour être en contact permanent avec Challe, prend une décision. Il ne gouverne plus rien dans cette ville folle.

Il n’y a qu’un moyen de casser ce processus. Quitter Alger, laisser les insurgés et les colonels empêtrés dans leurs impasse, et reprendre en main le reste de l’Algérie.

Sa dernière nuit à Alger, Delouvrier la passe au Palais d’Eté et à utiliser l’état second où l’ont mis la tension et la fatigue (il n’a pas dormi depuis samedi) pour écrire un discours.

Il y lance un appel pathétique à tous les leaders de l’insurrection.
Il demande aux musulmans de sortir de la Casbah en criant « Vive de Gaulle ».

Le 28, à 5 heures, ayant fait enregistrer son discours et une brève allocution de Challe, il part avec le commandant en chef à la base aérienne de Reghaïa, une quarantaine de kilomètres d’Alger.

Ce discours décontenance tout le monde. Les insurgés bien sûr, mais les colonels qui avaient préparé un manifeste politique.

Ils se précipitent au quartier Rignot.

Il n’y a plus ni Delouvrier, ni Challe.

Toute la responsabilité de l’ordre à Alger est restée aux seules mains du général Gracieux. Or la grève se poursuivant, la farine commence à manquer. On arrive aussi en fin de mois, sans pouvoir effectuer la paie des ouvriers, ni des fonctionnaires.

La ville est livrée aux U.T. qui se livrent à toutes sortes d’exactions.

Le général Ely débarque à Reghaïa le 29 au matin, porteur des grandes lignes du discours de De Gaulle.

Le chef de l’Etat y déclare espérer voir les musulmans adopter la solution la plus française. L’armée assurera le contrôle du référendum. Liberté est laissée au commandement du choix des moyens pour liquider le réduit.

Compte tenu du discours de Delouvrier, une issue honorable peut être trouvée.

Le général Gracieux est le premier à vouloir en finir. Il reçoit d’ailleurs l’ordre de Crépin de resserrer le dispositif du camp retranché. Et il convoque Sapin-Lignières.

Les U.T. doivent avoir regagné leurs unités ce soir à 16 heures, dit-il sèchement. Pendant ce temps, les colonels négocient avec Ortiz et Lagaillarde.

Ceux-ci réclament, outre les honneurs de la guerre au monument aux morts, qu’il n’y ait plus au référendum que cette alternative :

« l’Algérie française ou l’indépendance. »

Ce texte est apporté par Argoud vers 17 heures au quartier Rignot où Delouvrier et Challe sont revenus incognito.

- Je n’accepte aucune clause politique, répond Delouvrier.

A 19 heures, de Gaulle prononce un discours de monarque qui est un ordre de capituler. L’armée comprend.

Derrière les barricades on préfère ignorer Ortiz en fuite. Lagaillarde est désormais seul à commander les deux camps. Il est dans un tel état de fatigue, qu’il ne peut même plus négocier. Il laisse libre son lieutenant Forzy de décider.

Celui-ci résistera encore toute la journée aux instances de Gracieux. Et puis...Le Ier février à 16 h 45, Lagaillarde, la mitraillette en travers de la poitrine, passe en revue les quelques dizaines d’hommes qui lui restent devant la Faculté puis drapeau en tête, gagne le monument aux morts.

Le colonel Dufour les regarde passer tandis qu’une compagnie du Ier R.E.P. présente les armes.

Après une minute de silence, Lagaillarde serre la main de ses officiers, embrasse le plus vieil insurgé de la troupe.

C’est son père.

Il s’embarque dans une jeep. Le juge d’instruction l’attend. Le reste du commando rejoint Zéralda, le camp du Ier R.E.P. Il sera mêlé à une seule opération car au bout d’un mois, il sera dissous.

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