« La thèse géopolitique Algérie française, fut-elle une utopie ? Ou une opération de sauvegarde de la France et de l’Occident ?

, par  Jean Claude THIODET ✞ , popularité : 1%

C’est la date au cours de laquelle fut célébré en Algérie le 5e anniversaire de la mort, dans un camp de concentration français, d’un leader révolutionnaire, arabo-islamiste algérien. D’un leader constantinois.

Il s’agit d’Abdelhamid Ben Baddis.

Né en 1889 pas loin de Constantine, il fera de brillantes études. Il deviendra l’un des Berbères d’Algérie qui vont s’intégrer totalement à la mouvance arabo-islamiste universelle.

Celle-ci s’est réactivée opérationnellement, dans le monde, depuis que le principe de la naissance prochaine d’un état juif, la future république d’Israël, a été accepté par l’Angleterre, sous l’égide de lord Balfour… quelques années plus tôt.

Un leader islamiste palestinien, Asmine El Husseïni, convoque une conférence pan islamiste pour structurer, politiquement et militairement, ainsi que dogmatiquement, le combat contre la naissance de la future république d’Israël.
Il appelle à lui tous les leaders islamistes du monde entier, pour participer au congrès islamiste de Jérusalem, en 1931.

Or, c’est justement cette année-là en 1931, que, sous l’égide de la IIIe République française, un leader berbère de l’indépendance algérienne, Omar Smaïl, un religieux profond, arabo-islamiste confirmé, donne naissance à une mouvance fondamentaliste, spécifiquement algérienne. Il fonde une nouvelle association, en observance de la loi française de 1901 sur les associations, la célèbre loi de Waldeck-Rousseau.

Il s’agit de l’Association des Oulémas dont les statuts déposés à la Préfecture d’Alger, sont acceptés par la IIIe République, le 5 mai 1931.
Le 7 mai, Abdelhamid Ben Baddis est élu président de cette association.
Le vice-président est un autre Berbère du Constantinois, El Bachir El Ibrahimi, ou Ibrahim Bachir, né lui aussi en 1889 mais à Tocqueville, Ras-el-Oued aujourd’hui, dans les Hauts-Plateaux sétifiens.

Grand homme de lettres, il va consacrer toute sa vie à l’association des Oulémas dont il deviendra président après la mort de Ben Baddis.

Celui-ci, Abdelhamid Ben Baddis, dès le début de la deuxième guerre mondiale, en 1939, manifeste sa volonté d’apporter son concours à Adolphe Hitler, contre la France.

En conséquence et tout logiquement, il est arrêté. Il est astreint à résidence dans ce que l’on appelait alors, un camp de concentration.
La fatalité veut que ce personnage emblématique de l’anti-France y meure de maladie le 16 avril 1940.

En Algérie, au sein des milieux fondamentalistes anti-français, on n’a pas oublié que Ben Baddis, en 1931, avait scandé l’hymne à la guerre contre la France, lorsqu’il a proclamé :

ma religion c’est l’Islam,
ma langue c’est l’arabe,
ma patrie c’est l’Algérie.

Par cet hymne à la guerre, Ben Baddis a prétendu engager autoritairement le monde berbère d’Afrique du Nord, dans la mouvance révolutionnaire arabo-islamiste universelle.
Dans le souci d’assurer la meilleure homogénéité opérationnelle possible à cette mouvance, il confère à la langue arabe littérale l’immense pouvoir fédérateur dont elle jouit depuis des siècles. Depuis le 3e calife, au VIIe siècle.

Depuis que cette langue est devenue officiellement la langue du qoran. Langue que le Prophète ne connaissait pas.

Le 16 avril 1945 donc, alors que la 2e guerre mondiale n’est pas encore terminée, une cérémonie commémorative est organisée tout près de Constantine, par des propagandistes de l’anti-France, pour le 5e anniversaire de la mort d’Abdelhamid Ben Baddis.
« Assassiné par les Français », hurle-t-on ce jour-là.

Je ne suis pas en mesure de préciser le lieu exact où s’est déroulée cette cérémonie commémorative. Mais je suis sûr que ce site, très près de Constantine, a été précisé dans un numéro « d’Historia Magazine ». Peut-être en 1982.

Lors de cette manifestation, tout particulièrement organisée, structurée et conduite par des scouts musulmans, sera exploitée à outrance cette arme révolutionnaire qu’illustre symboliquement la mort de Ben Baddis, le croyant parmi les croyants.
« Lequel » déclare-t-on avec une insistance répétitive et psalmodiée, « fut assassiné par la France en 1940, dans un camp de concentration ».

La haine de la France va être portée à son paroxysme. Elle va être psalmodiée, j’insiste sur ce terme, c’est-à-dire interprétée en cadence, au nom de Dieu, par des milliers de fanatiques.

Pour la première fois, on entendra ce nouveau cri de guerre très significatif, surtout symbolique, renforcé par les youyous des femmes arabes :

« Qatlan nsara ! »
« Tuez les chrétiens ! »

Dans le mot nsara, on retrouve le mot nazaréen. Donc :

« Tuez tous les fidèles de Jésus de Nazareth »

Le 16 avril 1945 connaîtra une conséquence historique dont il est toujours important de préciser l’identité réelle, compte tenu de la désinformation obsessionnelle dont elle est l’objet en permanence :
le 8 mai 1945. C’est-à-dire le déclenchement d’une tuerie de Français, à partir de ce jour-là, dans les Hauts-Plateaux sétifiens et à Guelma.
Il est logique de dire que le 16 avril 1945 illustre, ainsi, historiquement, le début réel de la guerre d’Algérie. La première opération de la guerre d’Algérie qui se terminera par un massacre de Français le 5 juillet 1962 à Oran.

Mais quel est le personnage historique qui a participé
  à la naissance d’abord,
  à l’entretien puis à l’explosion, en Algérie, du fanatisme religieux, anti-français, fanatisme qui surgit avec une violence inouïe, pendant cette journée du 16 avril 1945, dans ce coin de campagne constantinoise ?
D’où vient-il ce fanatisme ?
Il vient de l’extérieur.

Pendant toute la durée de la guerre 1939-1945, il fut élaboré, transmis, plus exactement transfusé en Algérie, à partir de Berlin, par Asmine El Husseïni qui avait offert son appui à Hitler pour combattre les juifs. Asmine deviendra alors le grand mufti de Jérusalem.
Celui-ci sera très rapidement rejoint par un grand personnage, un personnage fondamental de notre histoire d’Outre-Mer, un personnage fondamental de l’anti-France : l’émir libanais Chekib Arslan.

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