De quel droit ?

, par  Danièle LOPEZ , popularité : 14%

Cinq cents signatures d’élus sont exigées pour qu’un français puisse se déclarer candidat à l’élection présidentielle.

Cette loi ne date pas d’hier, direz-vous ! certes, mais elle gêne un peu aux entournures !

Nous avons tellement pris l’habitude d’obéir aux lois que parfois nous ne mesurons pas l’impact négatif qu’elles ont sur nos libertés.

Et là, il semblerait , encore une fois, que "le peuple" n’ait pas son mot à dire. Pourtant, il s’agit d’une décision qui est sensée lui appartenir.

Si nous devons élire le président de la République Française au suffrage universel, il serait bon que nous le choisissions en toute liberté, n’est-ce pas ?

Cette loi nous prouve le contraire.

En effet, l’obligation d’obtenir ces 500 signatures démontre que ce sont les maires de France qui choisissent, pour nous, les futurs candidats. Ensuite, et seulement ensuite, intervient notre voix en votant pour ceux qu’ils auront "élus" eux, mais pas nous.

Bien sûr, il est important de mettre un garde-fou pour des élections d’une telle importance. Sans un "frein", la voie serait libre aux plus teigneux qui s’en serviraient pour atteindre notre liberté - ça n’arrive pas qu’ailleurs ! Ou d’autres encore , peu respectueux de notre République, pourraient se servir de ce moyen pour ridiculiser la France - souvenez-vous des tentatives d’un Dieudonné ou d’un Coluche, il y a quelques années... Ce n’était pas glorieux, la France mérite mieux que ça. Pour ces raisons il est impératif de parer à toute dérive.

Alors, pourquoi cette impression de gêne persiste-t-elle ?

Parce que , en inversant la situation , nous nous trouvons face au même dilemme.

Les prétendants au "poste présidentiel" qui ne sont pas les bienvenus ou les mieux aimés parmi les premiers magistrats de nos villes de France se voient écarter de la course à l’élection. Est-ce ce que nous souhaitons ?

Le cas du Front National en est le triste exemple . A quelques jours du premier tour des élections, le leader de ce parti ne sait pas encore s’il pourra se présenter . Il est dans l’attente de plaire à ces élus.

Sauf que ce parti représente près de 20 % de l’électorat français.

Il en est certainement de même pour d’autres éventuels candidats moins connus des médias et dont on parle moins.

Mais quand bien même il s’agirait de 2% ou 3% des voix, ces français-là sont privés du droit de choisir. Ils sont, tout simplement, privés du Droit .

Le fait est là. Nous n’élisons personne. Nous départageons par nos votes les choix des partis politiques ayant pignon sur rue .

Le suffrage universel dans ce cas de figure est une supercherie.

Est-ce là la devise , Liberté, Égalité, Fraternité de la France ?

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