Le retour en force du Front National Par Philippe Reinhard

, par  Jean Claude THIODET ✞ , popularité : 27%

Ceux qui avaient cru que le Front national était voué à une lente érosion et à terme à la disparition, en seront pour leurs frais.

Le parti fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen souffre certes encore de difficultés financières, mais il remonte dans les sondages.

Cette embellie tient en partie à la crise qui se traduit par une stagnation du pouvoir d’achat et une montée continue du chômage.

Cette situation profite à la formation d’extrême droite qui recueille désormais une majorité de voix dans l’électorat ouvrier et populaire. mais le Front national est surtout boosté par le climat délétère des affaires politico-judiciaires.

En 2007, Nicolas Sarkozy était parvenu à séduire un nombre appréciable d’électeurs frontistes. mais depuis, la majorité et le Président de la République pâtissent des conséquences des affaires Clearstream et Bettencourt .

Ces feuilletons empoisonnent l’atmosphère politique et servent non pas l’opposirion de gauche (dont tout le monde se rappelle qu’elle a été mêlée à des affaires comme Urba ou le Mnef) mais évidemment le Front qui entonne une fois de plus le vieux slogan : "Tous pourris !". Profitant de ce climat malsain, le FN se refait d’autant plus une santé politique qu’il est en passe d’opérer une mue bénéfique.

Le remplacement de jean-Marie Le Pen par sa fille Marine est probable.Or celle ci offre une image plus policée, plus honorable que celle du vieux lutteur.

Avec Marine, c’en sera fini des provocations et des dérapages verbaux. Elle sera donc un adversaire redoutable pour les partis du gouvernement.

Reste à savoir à qui la remonté du FN nuira le plus.

Une partie de l’électorat conquis par Nicolas Sarkozy à l’occasion de la dernière élection présidentielle handicapera à coup sûr l’ UMP et le président candidat.Mais même entamé, le socle électoral de Nicolas Sarkozy, ne descendra pas au dessous de 25% des votants. Cela lui assurera sa qualification pour le second tour.

C’est paradoxalement la gauche qui risque le plus de souffrir de la poussée prévisible du Front à l’occasion des futures échéances électorales.

La gauche partira vraisemblablement en ordre dispersé mors de la présidentielle de 2012. Les Socialistes auront leur candidat(e) , mais l’extrême gauche en présentera deux.

Le Front de gauche partira à la bataille sous le drapeau de Jean-Luc Mélenchon
qui ne doute pas de sa capacité à s’imposer à gauche.

Les Verts seront présents, tout comme sans doute jean-Pierre Chevènement qui tente de se rappeler au souvenir de ses camarades.

Tout sera ainsi en place pour que se reproduise le scénario du 21 avril 2002.

Voir en ligne : http://www.evene.fr/celebre/biograp...

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