« La thèse géopolitique Algérie française, fut-elle une utopie ?
Ou une opération de sauvegarde de la France et de l’Occident ?
TROISIEME QUESTION
La mouvance arabo-islamiste d’Algérie, de toute évidence, a pu s’installer grâce à la complicité passive voire active, de l’administration française.
La question
Cette évolution contrôlée par le pouvoir français, n’avait-elle pas pour but de camoufler un rejet raciste des indigènes d’Algérie par les futurs décolonisateurs ?
Ne correspond-t-elle pas à la volonté d’interdire l’intégration ?
REPONSE
Voici la synthèse que je vous propose à une question finalement d’une importance redoutable.
Il est évident que l’arabo-islamisme fondamentaliste n’a pu s’implanter en Algérie, qu’avec la complicité du pouvoir de la IIIe république. Puis plus tard, de la IVe république, le tout ayant été parachevé par la Ve république.
Je voudrais vous faire part d’une anecdote sérieuse et surtout très instructive.
Monsieur Augarde m’a fait l’honneur d’assister à plusieurs de mes conférences. A Narbonne il m’a déclaré :
« Benchenouf, le sénateur de Batna, m’a dit ceci : la France se débarrasse de nous, les musulmans d’Algérie, en nous cloîtrant dans la religion ».
Benchenouf avait détecté le racisme qui animait déjà les futurs champions de la décolonisation.
Ce qui l’induira en 1954, à choisir le camp de la rébellion.
Cette année là, après le 1er novembre, il s’est passé quelque chose de précis :
le général en chef, en Algérie, avait mis au point un plan opérationnel dans les Aurès. Il a rendu compte de son projet opérationnel au ministère de la guerre, à Paris.
Le secrétaire d’Etat à la guerre, qui était le maire FLN d’Alger Jacques Chevallier, a prévenu Benchenouf à Batna, qui lui-même a prévenu Ben Boulaïd qui commandait dans les Aurès, la future Wilaya I.
En conséquence de cette trahison, l’opération n’a pas permis d’obtenir les résultats escomptés. La rébellion a pu se poursuivre.
Il s’agissait là de la première trahison militaire imputable au maire FLN d’Alger, Jacques Chevallier.
La deuxième trahison s’accomplit en mai 1956, lorsque Jacques Chevallier accepta qu’une partie des armes volées par l’aspirant Maillot, soit cachée dans une villa du Clos-Salembier, la villa Pouillon, qui était sous l’administration du Maire d’Alger. Cet armement livré en Grande-Kabylie permit à Khodja de faire massacrer 18 soldats français au mois de mai 1956.
La troisième trahison de Jacques Chevallier s’est accomplie lorsqu’il a pris le contrôle, dès le mois d’octobre 1961, d’un membre important de l’OAS, l’engageant par la suite dans la voie d’un ralliement total à sa politique d’abandon. Cette opération a été à l’origine de l’arrêt définitif des combats de l’OAS d’Alger et de Constantine.
QUATRIEME QUESTION
La question
Pourquoi ?
Pour qui ?
a-t-on fait tuer des soldats français à partir de l’été 1958 ?
REPONSE
A partir de juillet 1958, dans un premier temps, de Gaulle est président du Conseil de la IVe république, agonisante. Pompidou, fondé de pouvoir de la banque Rothschild, occupe les fonctions de chef de cabinet du général.
Pompidou, dispose déjà d’un plan, préparé à l’avance, pour négocier avec l’Organisation Extérieure de la rébellion algérienne. Dans le but d’obtenir un cessez-le-feu. C’était déjà au mois de juin 1958.
Une réunion fut organisée avec des émissaires du FLN, à Barcelone, en Espagne franquiste, pour étudier les conditions d’un cessez-le-feu.
Donc, tout était prévu déjà, par les gaullistes, pour aboutir à un cessez-le-feu.
De Gaulle n’a pris le pouvoir que pour cela.
Mais, le FLN de l’Extérieur exigeait quelque chose : qu’on le débarrassât au préalable des Katibas de l’Intérieur. Car celles-ci menaçaient ceux de l’Extérieur de sanctions définitives le jour où ils remettraient les pieds en Algérie.
Après la capture de Si Azzedine, en 1958, celui-ci sera utilisé comme officier de liaison entre Massu et le GPRA, né le 10 septembre 1958, pour mettre au point une manœuvre aboutissant à l’anéantissement préalable des Katibas de l’Intérieur.
Pour obtenir ce résultat, les plus belles unités de l’armée française ont été regroupées dans un gros dispositif opérationnel que l’on a appelé les « Unités de Réserve Générale ». Des opérations brillantes ont été conduites sur les crêtes, qui ont permis de détruire l’essentiel de la force de frappe du FLN de l’Intérieur.
Ces opérations, « Jumelles » jusqu’à « Pierres précieuses » ont été accomplies pour le compte du GPRA.
Si-Azzedine, en accord avec le GPRA et le commandement français, prit l’initiative d’adresser une lettre à Si-Salah, pour lui demander d’accepter la « paix des braves » proposée par de Gaulle. C’était au mois d’octobre 1958. Cette lettre a été publiée intégralement dans un numéro d’« Historia magazine » dont j’ai perdu la référence.
Cette opération aura pour conséquence « l’affaire-bidon » que l’on appelle l’affaire Si-Salah qui n’avait qu’un but : protéger le GPRA de la violence massacreuse de la Wilaya IV.
Une conséquence de cette opération bidon, étiquetée « affaire Si-Salah » fut illustrée le 5 juillet 1962 à Oran.
Alors que des hommes de la Wilaya V s’apprêtaient à festoyer le 5 juillet à Oran, des centaines d’Algérois, anciens de la Wilaya IV et autres, parvenaient à la capitale de l’Oranie pour reprocher violemment à ces pseudo-combattants de la Wilaya V, de ne pas avoir participé à la guerre. De violentes querelles vont opposer les uns contre les autres.
« L’OAS attaque ! » voici comment on va justifier ces bagarres et ce sera le drame, le massacre de nos frères et de nos sœurs d’Oran, ce jour-là.
CINQUIEME QUESTION
Voici la question
N’avez-vous pas l’impression qu’une altération profonde est en train d’être portée à la notion de citoyenneté en France ?
N’avez-vous pas l’impression que la laïcité de la citoyenneté, qui en est le fondement, est en train de subir une altération de sa réalité, aujourd’hui, dans la manière administrative d’interpréter le mot « citoyenneté » ?
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