L’affaire du Bazooka ? Qu’est-ce que c’est ? la véritable affaire du Bazooka nous est relatée par le docteur Jean-Claude PEREZ

, par  Jean Claude THIODET ✞ , popularité : 1%

Toutes ces imprudences, et je suis très indulgent, conduisirent ces messieurs de la Sureté Urbaine d’Alger à mon cabinet. C’est Robert Franq, officier de police judiciaire, qui fut chargé de mon arrestation. Il le fit les larmes aux yeux, car j’avais suivi sa femme malade, mère de quatre enfants, jusqu’à son décès au centre neurochirurgical Barbier-Hugo, lorsque j’y travaillais comme interne-résidant en 1954. Il était lui-même partisan de l’Algérie française. Il le prouva en temps voulu.

Il effectua une perquisition sommaire et ne découvrit pas une bombe artisanale, cachée sur une étagère, au-dessus de la chasse d’eau du cabinet de toilette. C’est Joseph Riza qui me l’avait confiée.

Celui-ci avait débuté ses actions anti-terroristes et jeté sa première grenade dans une opération que je dirigeais et à laquelle je participais. Nous fûmes ainsi associés du début à la fin de son engagement dans l’action combattante en Algérie. Nous nous étions rencontrés en mars 1956 chez Robert Scire qui nous avait présentés l’un à l’autre. Il s’engagea à mes côtés, dans mes initiatives anti-terroristes. Ce fut un combattant de grand courage jusqu’en 1962.

Le 6 février 1957, à ma grande surprise, comme à celle des policiers qui m’avaient interrogé pendant une garde-à-vue prolongée, et à l’instar des autres inculpés, je fis l’objet d’un mandat de dépôt.

Le juge d’instruction qui m’envoya en prison, était un cousin de mon grand-père maternel. Je l’ignorais à cette époque.

Je constituai comme avocat, Maître Goutermanoff, sur les conseils du commissaire chef de la Brigade criminelle de la Sûreté Urbaine d’Alger.

En somme, ceux qui se trouvaient en prison, pouvaient se classer en trois catégories :

  mon cas particulier : j’étais totalement étranger à l’affaire du bazooka.

  Ortiz, Sans, Juillier et Scire, n’avaient rien à voir avec l’attentat contre Salan, mais avaient servi de relais au voyage des roquettes.

  Les autres : ils avaient participé à l’attentat, à des degrés très différents.

C’est le 1er avril 1957 que je fus libéré.

La prison avait cependant doré mon blason dans les milieux Algérie française et je suis encore aujourd’hui ému à l’évocation de l’accueil que m’ont réservé tous mes amis et mes patients de l’époque, lorsque je repris mes activités de médecin praticien. Car je fus accueilli à mon cabinet, 1 rue de Châteaudun à Bab-El-Oued, par une grande quantité de bouquets de fleurs expédiés par de nombreux commerçants du marché de Bab-El-Oued, musulmans pour une grande partie d’entre eux.

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