EURABIA Où veulent-ils nous mener vraiment ? - Suite -

, par  Kir , popularité : 4%
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Quels sont les objectifs d’Eurabia, ses moyens et ses résultats ?

Ses objectifs sont nombreux, stratégiques, économiques et culturels.

Dans le long terme, on anticipe l’instauration d’une paix universelle sur la mort des nations, des identités nationales et culturelles par le mélange des peuples (immigration) et des cultures (multiculturalisme).

La symbiose méditerranéenne n’est qu’une étape vers la construction d’une humanité réconciliée, libérée des pesanteurs de l’histoire et des particularismes religieux et nationaux.
Le gouvernement de cette humanité nouvelle serait conduit par les instances internationales comme l’ONU par exemple, ou le Tribunal international.

C’est pourquoi l’on assiste à une prolifération d’institutions internationales comme l’Alliance des Civilisations (36), où la Fondation Anna Lindh (37), disposant d’énormes budgets et dont les comités internationaux de Sages détiennent des pouvoirs politiques.

L’ennui avec ces nobles idéaux, c’est que la démocratie se perd, les contrepoids au pouvoir ne fonctionnent plus :
va-t-on aller se plaindre à un comité de Sages des orientations politiques ?
Aura-t-on encore besoin de parlements nationaux ?
Va-t-on vraiment supprimer tout risque de guerre par le mélange des peuples ?
Il faudrait pour cela convertir à la paix les civilisations qui se sont construites par la guerre.

Dans son étude sur le fondamentalisme islamique, le professeur allemand d’origine syrienne Bassam Tibi (38) note :
« Les musulmans sont obligés par leur religion de disséminer la foi islamique sur toute la terre (Cor. 34 :28). Si les non-musulmans acceptent la conversion ou la soumission, l’appel (da’wa) peut être poursuivi pacifiquement. S’ils refusent, les musulmans sont obligés de les combattre.
Dans l’islam, la paix exige que les non-musulmans se soumettent à l’appel de l’islam, soit par la conversion soit par l’acceptation du statut de minorité religieuse (dhimmi) et en payant la capitation obligatoire, jizya.
La paix du monde, dans le stage final de la da’wa est atteint seulement avec la conversion ou la soumission de toute l’humanité à l’islam ».

Bassam Tibi explique que, pour les musulmans, l’expansion par la guerre n’est pas une agression, mais l’accomplissement du commandement coranique de
propager l’islam pour imposer la paix.
Les opposants incroyants, qui créent des obstacles et résistent, sont responsables de la guerre.
L’Europe adopta cette vue en qualifiant d’agression la résistance d’Israël au terrorisme.

Les moyens d’Eurabia résident dans la possibilité pour l’UE de mener une politique opaque sans consulter les populations et sans réels contre-pouvoirs ni contrôle, et ses résultats sont consternants.

Des exemples ?

Respecter les susceptibilités des populations étrangères au détriment de nos valeurs et des droits de l’homme (39), les éventuelles poursuites pour blasphème (40), la « diffamation des religions(41) » …

Comment votre étude d’Eurabia a-t-elle été accueillie ?

Elle a suscité un énorme intérêt dans beaucoup de milieux européens et aux Etats-Unis.

Les commentaires sur Internet sont innombrables alors que la presse européenne n’en a pas parlé, excepté en Italie où j’ai découvert, à l’occasion de mes nombreuses conférences, un climat beaucoup plus libre et ouvert. Le combat national pour la souveraineté et l’indépendance de l’Italie est encore très présent, même le langage, les concepts et les discussions se déroulent à un niveau beaucoup plus direct et libre qu’ailleurs.

En Amérique aussi le « politiquement correct » est ouvertement contesté.
Dans les milieux italiens chrétiens où j’ai évolué, je n’ai trouvé ni antisémitisme ni antisionisme, mais une sympathie enthousiaste pour Israël.

En Italie, le mot « liberté » contient encore un potentiel de courage et d’indépendance intellectuelle que je n’ai pas trouvé en France, en Belgique et en Angleterre.
Non par manque d’écrivains remarquables et courageux – bien au contraire –, mais par l’épaisseur du politiquement correct qui étouffe tout débat, la profondeur insondable et incurable de la haine d’Israël entretenue par des réseaux euro-arabes, et par la palestinisation de la politique et de la société.

Il est clair que la dénonciation de la politique eurabienne m’attire de très nombreux ennemis.

En 1995, l’UE a signé un accord d’association avec l’Etat d’Israël (42).
Elle a adopté des mesures pour lutter contre le terrorisme.
Les tentatives de boycott universitaire et de désinvestissement (43) d’Israël ont été réprouvées par les autorités nationales et européennes.
Le 22 janvier 2008, Franco Frattini, vice-président de la Commission européenne, chargé de la justice, de la liberté et de la sécurité, a reconnu que longtemps l’UE a ignoré les craintes légitimes d’Israël à l’égard de la terreur (44) qu’il n’a cependant pas qualifiée d’islamiste (45).
La France a donné un nouvel élan à ses relations bilatérales avec l’Etat d’Israël depuis quelques années
(46)…

Si l’on doit se réjouir de ces observations, on doit aussi se demander pourquoi l’UE a ignoré si longtemps ces craintes.

Le climat politique, universitaire et culturel de l’UE, les déclarations partiales de certains de ses leaders, la désinformation propagée par une presse hostile – des terroristes palestiniens ont été qualifiés de résistants – et le culte de la palestinité ont créé un climat propice à la diabolisation d’Israël.

Ce qui constitue un véritable scandale moral compte tenu des prétentions éthiques dont se targue l’Europe.
La large couverture dans la presse américaine sur le retour de l’antisémitisme européen (47) a obligé la Commission sous la présidence de Romano Prodi (48) et avec Chris Patten, commissaire aux Affaires étrangères, à faire marche arrière.

D’ailleurs, de nombreux députés – Willy de Clercq, Ana Palacio, Marco Panella, Frédérique Ries, Ilka Schröder, François Zimeray - et politiciens européens réprouvaient la politique déséquilibrée (49), antisioniste et la rupture avec l’Amérique.
Ils purent modifier ces tendances par l’émergence d’autres politiques avec Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.

La politique de l’UE n’est pas uniforme ou monolithique, elle est traversée de plusieurs courants (50).

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http://www.aidh.org/txtref/2006/onu...

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(38) Bassam Tibi est professeu

(38) Bassam Tibi est professeur de relations internationales dans les universités de Göttingen (Allemagne) et Cornell (U.S.A). Il est l’auteur de The Challenge of Fundamentalism : Political Islam and the New World Disorder. Berkeley : University of California Press, 1998 ; 2e édition en 2002. ISBN 0-520-23690-4. http://www.bassamtibi.de

(39) Bat Ye’or explique (…)

(39) Bat Ye’or explique que, s’il est « important de respecter autrui, cette demande particulière de respecter les susceptibilités des musulmans rappelle des éléments de la dhimmitude ». Conférence le 30 janvier, à Paris, organisée par l’UPJF (Union des patrons juifs de France).
Lors de l’affaire des « caricatures de Mahomet », avec l’Union européenne et l’OCI, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, a lancé, le 7 février 2006, « un appel au calme et au dialogue, soulignant que si la liberté de la presse devait s’exercer avec responsabilité, les récentes attaques dépassaient les limites acceptables des protestations pacifiques ».
A la mi-février 2006, Javier Solana, Haut représentant européen pour la politique étrangère et de sécurité commune, s’est rendu en Arabie Saoudite, en Egypte, en Jordanie et dans l’Autorité palestinienne pour promouvoir le respect mutuel entre l’Europe et le monde islamique. Il a déclaré : « La liberté de la presse suppose responsabilité et sagesse et doit respecter les croyances et les principes de toutes les religions ». La Cour d’appel a relaxé le 26 septembre 2006 trois membres – parents et frère - d’une famille originaire d’Afrique du Nord qui avaient séquestré et battu leur fille Fatima pour avoir voulu vivre « à l’occidentale ». Réformant le jugement condamnant les agresseurs, elle estimait que la jeune fille avait subi des sévices « pour son bien ». Le parquet a formé un pourvoi en cassation. Le 2 août 2007, la Cour de cassation italienne a rejeté ce pourvoi. Elle expliquait que la famille voulait punir des « comportements incorrects, parce [que la jeune fille] avait menacé de se suicider, terrorisée par les rétorsions que sa famille n’aurait pas manqué d’exercer sur elle pour avoir rencontré un homme au lieu de se rendre au travail ».
Véronique Chemla et Guy Senbel, Notre liberté chérie, 6 octobre 2006 à http://www.guysen.com/articles.php?...

(40) ’’La liberté d’expression

(40) ’’La liberté d’expression et de caricatures étant un fondement de la démocratie, il est surprenant d’entendre des déclarations d’intention de poursuites judiciaires pour blasphème contre l’organe de presse qui a reproduit les caricatures de Mahomet’’, déclare la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) le 8 février 2006. La LICRA ’’rappelle que le blasphème n’est pas un délit au pays de Voltaire. La liberté de critique ou de caricature des dogmes religieux et des idéologies doit être défendue et préservée comme un bien précieux. La LICRA met en garde contre les tentatives de manipulations qui ne profitent qu’aux extrémistes de tous bords et de toutes croyances, cette affaire ayant été sciemment gonflée et exploitée plus de quatre mois après la première publication des dessins incriminés’’.

(41) Le 25 décembre 2007, (…)

(41) Le 25 décembre 2007, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté par 108 voix pour, 51 contre et 25 abstentions, une résolution, présentée par le Pakistan au nom de l’OCI (Organisation de la conférence islamique), sur la lutte contre ’’la diffamation des religions’’. Parmi les Etats ayant voté contre figurent les Etats-Unis, des pays européens et asiatiques. Cette résolution ne cite qu’une seule religion - l’islam -, dénonce ’’l’image négative de l’islam dans les médias’’ et ’’exprime son inquiétude face à l’association fréquente et à tort de l’islam avec les violations de droits de l’homme et le terrorisme’’. (Source : GIN)

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(42) @|LIEN69d33fb|Wy0+aHR0cDovL2V1cm9wYS5ldS9zY2FkcGx1cy9sZWcvZnIvbHZiL3IxNDEwNC5odG0gZXQgaHR0cDovL3d3dy5tZWRlYS5iZS9pbmRleC5odG1sPw0KcGFnZT0w4oypPWZyJmRvYz01XQ==|@

(43)Trois articles de Véroniqu

(43)Trois articles de Véronique Chemla :
Deux soirées à Paris, contre et pour le boycott d’Israël, 24 novembre 2002 à
http://www.guysen.com/articles.php?...,
Dossier : Vives réactions aux motions universitaires françaises prônant le boycott d’Israël, 6 janvier 2003 à http://www.guysen.com/articles.php?...,
Après le refus de l’Université Paris VII de boycotter Israël, le combat continue, 9 janvier 2003 à http://www.guysen.com/articles.php?...

(44) Discours prononcé lors de

(44) Discours prononcé lors de la conférence d’Herzliya, à Jérusalem. Selon F. Frattini, Commissaire européen à la sécurité, l’Europe n’a pas été équitable envers Israël à http://www.upjf.org/actualitees-upj...

(45) Eurabia, p. 197-p.200 (…)

(45) Eurabia, p. 197-p.200
Révision du vocabulaire de l’UE, pour éviter l’expression "terrorisme islamique", 17 avril 2006, à http://www.upjf.org/union-europeenn...

(46) Véronique Chemla, La (…)

(46) Véronique Chemla, La Fondation France-Israël vise à améliorer les relations entre les deux pays par une meilleure connaissance réciproque, 11 juin 2006 à

http://www.guysen.com/articles.php?...

(48) Organisé par le cabinet

(48) Organisé par le cabinet du président de la Commission européenne Romano Prodi (1999-2004) et le Groupe de conseillers politiques (GOPA), un Groupe consultatif de haut niveau était chargé de définir les « moyens d’encourager et de développer le dialogue interculturel dans le bassin méditerranéen ». Présidé par Assia Bensalah Alaoui et Jean Daniel, il comprenait notamment Umberto Ecco et Tariq Ramadan.
http://www.ec.europa.eu/archives/co...

(49) Frédérique Ries, Une (…)

(49) Frédérique Ries, Une impression de déséquilibre, 26 juin 2003 à http://www.guysen.com/articles.php?.... Discours prononcé lors du Forum parlementaire euro-méditerranéen.

(50) ’’Les fonctionnaires (…)

(50) ’’Les fonctionnaires de la commission Affaires étrangères du Parlement européen viennent de diffuser un mail a priori purement administratif.
Ils précisent aux membres de la délégation qui doit se rendre les 3 et 4 novembre 2007 en Syrie et au Liban que leur passeport ne peut en aucun cas comporter de visa israélien’’, déclare Frédérique Ries, eurodéputé belge (MR, Mouvement réformateur).
Elle ’’s’est immédiatement adressée au président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, pour dénoncer ce type d’exigences contraires à nos pratiques et nos valeurs’’.
Elle ’’demande qu’une réaction au plus haut niveau soit envisagée pour le faire savoir aux pays concernés et leur demander d’y mettre fin’’.
Elle ’’trouve totalement inacceptable que nous permettions que des pays Euromed, avec lesquels en outre nous avons signé des accords d’association, spécifient que les passeports de députés appartenant à une délégation officielle de l’Union européenne ne puissent porter de cachet israélien. Nous ne saurions laisser les autorités de ces pays tiers décider des déplacements que nous pouvons ou non effectuer. Nous ne saurions les laisser décider à notre place de la politique étrangère que nous souhaitons mener. Il y va du respect de notre liberté de mouvement et de notre liberté de pensée’’. Source : GIN, novembre 2007.

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(Suite page 5 )

Voir en ligne : Interview de Bat Ye’or sur la dhimmitude et Eurabia (2e partie)

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