EURABIA Où veulent-ils nous mener vraiment ? - Suite -

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Comment est né le Partenariat euro-méditerranéen ?

Cette stratégie méditerranéenne, commune à l’ensemble de la CEE et adoptée plus tard par l’Union européenne (UE), nécessita la création d’un organe adéquat afin de coordonner les relations entre l’Europe et les pays arabes.

En 1974, les Neuf créèrent à Paris l’Association parlementaire européenne pour la coopération euro-arabe qui rassemblait des membres des plus importants partis européens.
Les réunions bisannuelles des membres de l’Association avec leurs collègues arabes comptaient des observateurs de la CEE, dont ceux de la Commission européenne, de la Ligue arabe et d’autres organisations internationales.

Cette structure prit une extension beaucoup plus large dans le Partenariat euro-méditerranéen créé en 1995 sur trois piliers : le partenariat politique et de sécurité ; le partenariat économique et financier ; le partenariat social, culturel et humain.
Leurs objectifs furent définis à la première Conférence euro-méditerranéenne tenue à Barcelone les 27-28 novembre 1995 (9).

Ce Partenariat suscita la création de nombreuses institutions dont je donne une liste non exhaustive dans mon livre Eurabia, l’axe euro-arabe ; des directives et des textes juridiques planifièrent le suivi et l’application de cette politique dans l’UE. Même le langage politiquement correct (10) doit obéir aux directives politiques de Bruxelles.

Les rouages du Partenariat connectaient le monde arabe et l’UE par le truchement d’éditeurs, d’universités, de syndicats, de journalistes, de sphères politiques, économiques et sociales.

Des réseaux structurés répartis sur l’UE orchestrèrent la campagne anti-israélienne qui accompagna l’Intifada II.
C’est ainsi que le Partenariat aida et soutint moralement Arafat.

Sur la scène intérieure des pays de l’UE, une campagne de dénigrement visait à intimider, humilier et réduire au silence les communautés juives.
C’est ce qu’on appela « la nouvelle judéophobie (11) » au tournant du XXIe siècle.

L’affaire al-Dura (12) et l’affaire Rachel Corrie (13) illustrent ces dénigrements d’Israël. En 2002, le nettoyage par les Israéliens d’un pâté de maisons bourrées d’explosifs à Djénine provoqua des accusations démentes (14).

Eurabia, c’est, à l’échelle d’un continent, une dhimmitude imposée par ses leaders.

Mais attention : Eurabia ne représente pas tous les Européens, d’où précisément ces risques de conflits et de rejets.
Eurabia, c’est un projet développant une stratégie pour l’imposer dans la réalité concrète - politique, société, culture –, mais tous les Européens n’y adhèrent pas.

Pourriez-vous nous donner des exemples d’attitudes européennes à l’égard de l’antisémitisme et du conflit au Proche-Orient ?

Dès le déclenchement de l’Intifada II en 2000, dans tous les pays de l’UE se développa la vague antisémite avec les synagogues incendiées, les écoliers juifs attaqués et les nombreux incidents (15) qui conduisirent les responsables juifs à organiser plusieurs conférences internationales sur la recrudescence d’actes antisémites, notamment dès 2001 à Paris (16).

En 2003, l’EUMC (Observatoire européen sur le racisme et la xénophobie) refusa de publier son rapport sur l’antisémitisme en Europe (17).
Elaboré par le Centre de recherche sur l’antisémitisme de l’Université de Berlin, ce rapport concluait à la présence de musulmans et de groupes pro-palestiniens derrière les actes antisémites en Europe (18).
Il fut rendu public par diverses organisations juives.

En novembre 2003, l’Eurobaromètre de la Commission européenne publiait un sondage réalisé auprès de 7 515 habitants des 15 Etats de l’UE (19).
Israël représentait pour 59% des Européens interrogés, la plus grande « menace pour la paix dans le monde » !

Fin 2003, ces faits suscitèrent l’indignation.
Une crise grave éclata entre la Commission européenne présidée par Romano Prodi et des organisations juives mondiales majeures (20).

La Commission européenne, le Congrès juif européen (CJE) et la Conférence des rabbins européens décidèrent d’organiser le 19 février 2004 le séminaire L’Europe contre l’antisémitisme, Pour une Union des diversités.

Romano Prodi, président de la Commission européenne, y déclarait :

« Historiquement et culturellement, les Juifs sont l’archétype de la minorité européenne.
Le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme sont une violation patente de tout ce que l’Union incarne. Nos valeurs fondatrices et notre caractère multiculturel et pluriethnique peuvent nous vacciner contre les manifestations récentes d’antisémitisme et les nouvelles formes de préjugés.

L’Europe d’aujourd’hui a condamné sans réserve l’antisémitisme des années 30 et 40 et continue à condamner toute nouvelle expression d’antisémitisme.

En Europe, nous observons que ce conflit [non résolu du Moyen-Orient] nourrit les frustrations sociales des nouvelles minorités issues de l’immigration dans bon nombre d’États membres de l’Union.
Ces frustrations importées se traduisent parfois par des actes antisémites, dans certains pays plus que dans d’autres.
Certaines critiques adressées à Israël sont inspirées par une forme de ressentiment ou de préjugé antisémite. Elles doivent être reconnues comme telles et traitées comme il convient.
Les institutions de l’Union européenne sont unies dans leur condamnation de l’antisémitisme. Il n’y a pas place pour l’antisémitisme dans une Union des diversités (21) » .

(8) Michel Jobert (1921-2002)

(8) Michel Jobert (1921-2002) fut ministre français des Affaires étrangères en 1973-1974 sous la présidence de Georges Pompidou http://www.doc.diplomatie.gouv.fr/B...

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(9) @|LIEN985d372|Wy0+aHR0cDovL3d3dy5kb2MuZGlwbG9tYXRpZS5nb3V2LmZyL0JBU0lTL2VwaWMvd3d3L2RvYy9ERFc/TT0yJks9OTc1MTU5MzA2Jlc9VElUUkUrUEgrSVMrJQ0KMjdkJUU5Y2xhcmF0aW9uK2RlK0JhcmNlbG9uZSUyNytPUkRFUitCWStEQVRFL0Rlc2NlbmRd|@

(10) Révision du vocabulaire

(10) Révision du vocabulaire de l’UE, pour éviter l’expression "terrorisme islamique", 17 avril 2006, à http://www.upjf.org/union-europeenn...
’’Comme l’ont souligné de nombreux musulmans, il n’y a rien d’islamique dans le souhait de terroriser, de comploter pour tuer et causer de la douleur.
Ces actions sont anti-islamiques’’, a déclaré Jacqui Smith, ministre britannique de l’Intérieur, le 17 janvier. Elle exprimait la volonté du gouvernement de ne plus parler de terrorisme islamique et de qualifier les terroristes de criminels sans motivation religieuse.
Elle estimait : ’’Internet n’est pas une zone de non-droit pour le gouvernement. Il nous faut prendre des mesures contre ceux qui forment ces gens vulnérables pour les besoins de l’extrémisme violent’’.
Elle a déclaré au Sunday Times qu’elle aurait peur de se promener la nuit à Londres. Le Times avait raillé cette confidence : ’’Les ministres de l’Intérieur sont censés instiller la peur dans le cœur des criminels et non pas se cacher derrières les rideaux’’. (GIN, 30 janvier 2008)

(11) De Pierre-André Taguieff

(11) De Pierre-André Taguieff aux éditons Les mille et une nuits :
La nouvelle judéophobie. 2002. 240 pages. ISBN : 9782842056506
Prêcheurs de haine : Traversée de la judéophobie planétaire. 2004. 962 pages. ISBN : 978-2842057206

(12) Articles de Véronique (…)

(12) Articles de Véronique Chemla (avec renvois en fin d’articles vers d’autres articles) :
Interview de Richard Landes sur l’affaire al-Dura, 6 janvier 2008 http://www.guysen.com/articles.php?...
Mohamed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 ! , le 15 novembre 2007http://www.guysen.com/articles.php?...

(13) Activiste du Mouvement de

(13) Activiste du Mouvement de solidarité internationale (ISM), la jeune Américaine Rachel Corrie est morte le 16 mars 2003 dans la bande de Gaza, près de la frontière entre l’Egypte et Israël. Elle s’opposait à une action militaire israélienne : Tsahal procédait à la destruction d’une maison vide servant à dissimuler un des tunnels de contrebande d’armes, etc. Le chauffeur du véhicule israélien ne pouvait pas la voir, car elle était cachée par un monticule de débris. Ces faits ont été présentés faussement par la propagande palestinienne qui a inspiré une pièce de théâtre controversée Mon nom est Rachel Corrie. Sources :
http://www.jewishvirtuallibrary.org... et http://rachelcorriefacts.org/defaul...

(14) A la suite des multiples

(14) A la suite des multiples attentats terroristes palestiniens, notamment après celui au Park Hôtel de Netanya lors du Seder de Pessah le 27 mars 2002, Israël lance l’opération Remparts afin de démanteler l’infrastructure terroriste islamiste. Une partie infime de Jenine fait l’objet d’une opération militaire. Les Palestiniens allèguent un massacre de 500 individus. Cette opération prend fin en mai 2002. Le 1er août 2002, le rapport du secrétaire général des Nations unies recense 52 morts palestiniens, pratiquement tous sont des terroristes. Tsahal déplore la mort de 23 de ses soldats. Une campagne a été alors lancée pour boycotter la société Caterpillar dont certains véhiculent ont été utilisés par Israël à Jenine.

(15) L’Observatoire du monde

(15) L’Observatoire du monde juif, n° 1, novembre 2001, http://obs.monde.juif.free.fr/pdf/o...

(16) A l’initiative du B’nai

(16) A l’initiative du B’nai Brith France, s’est tenu le 14 octobre 2001, au Sénat, le colloque Les nouveaux visages des antisémitismes articulé autour de deux thèmes : De l’antisionisme à l’antisémitisme et Après Durban.

(17) En juillet 2003, quatre

(17) En juillet 2003, quatre sénateurs américains demandaient à Romano Prodi, président de la Commission européenne, et à Javier Solana, Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), de publier ce rapport. Le 22 novembre 2003, The Financial Times révélait que l’EUMC avait refusé de publier, en février 2003, pour des raisons politiques, ce rapport. Le Congrès juif européen (CJE) déclarait : ce ’’refus de publier un rapport sur la montée préoccupante de l’antisémitisme en Europe, en particulier sur les actes antisémites commis par des jeunes d’origine arabo-maghrébine, laisse peser un lourd soupçon sur des institutions chargées d’informer et d’éduquer l’opinion publique européenne. Cacher la gravité de la situation ne permettra pas aux autorités européennes de gérer la réalité du problème’’. Source : GIN, 25 novembre 2003.
L’EUMC est devenu en mars 2007 l’Agence européenne pour les droits fondamentaux (AFR, http://eumc.europa.eu/fra/index.php)
Bat Ye’or. Eurabia, p. 168.

(18) Deux articles de Véroniqu

(18) Deux articles de Véronique Chemla :
Le rapport sur l’antisémitisme en Europe que son commanditaire l’EUMC refuse de publier !, 3 décembre 2003, à http://www.guysen.com/articles.php?...
L’EUMC publie un rapport sur l’antisémitisme dans l’Union européenne (2001-2005), 21 juin 2006, à http://www.guysen.com/articles.php?...

(19) Eurobaromètre de la (…)

(19) Eurobaromètre de la Commission européenne, Irak et la paix dans le monde, novembre 2003 à http://ec.europa.eu/public_opinion/...
Selon ce sondage effectué entre le 8 et le 16 octobre 2003, l’Etat juif devançait l’Iran (53%), la Corée du Nord, les Etats-Unis (53%), l’Irak. La Syrie (37%), l’Arabie saoudite et la Libye (36%) arrivaient aux 8e et 9e rangs.
Le CJE estimait qu’il eut fallu ’’parler du conflit israélo-palestinien ou de celui au Proche-Orient.
Tout institut de sondage le sait ’’la réponse est dans la question’’. Comment l’UE peut-elle expliquer son incapacité, depuis deux ans, à produire un rapport sur l’antisémitisme en Europe, alors qu’elle a produit une enquête incendiaire sur la guerre en Irak six mois seulement après les évènements ?’’ Source : GIN, 3 novembre 2003.

(20) Edgar Bronfman, président

(20) Edgar Bronfman, président du Congrès juif mondial (CJM), et Cobi Benatoff, président du CJE, écrivaient dans The Financial Times :
"L’antisémitisme peut s’exprimer de deux façons : par l’action ou par l’inaction. De manière remarquable, la Commission européenne est coupable dans les deux cas de figure". (GIN, 6 janvier 2004).
Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères, a regretté auprès du quotidien Il Corriere Della Sera que la Commission ait tardé à se prononcer sur l’antisémitisme et ait peu agi. Il a stigmatisé la longue opacité du financement par l’UE d’organisations palestiniennes et la méfiance de l’UE à l’égard d’Israël. (GIN, 7 janvier 2004).
La Commission européenne a formellement rejeté les affirmations selon lesquelles une critique légitime des actions de l’Etat d’Israël par des institutions européennes ’’aient un rapport avec l’antisémitisme’’. (GIN, 7 janvier 2004).

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(Suite page 3)

Voir en ligne : Interview de Bat Ye’or sur la dhimmitude et Eurabia (2e partie)

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