La fabuleuse odyssée du cheval Barbe.

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LA FABULEUSE ODYSSÉE DU CHEVAL BARBE

Il faut tout d’abord rappeler que l’Homme a tout fait avec le cheval, cet ami à quatre jambes, ce compagnon de chaque jour de son histoire, dont la force, l’endurance et la vélocité furent si recherchées pour pallier ses insuffisances.

D’ailleurs, tant elle sont liées, il est bien difficile de parler de l’histoire de l’homme sans évoquer en parallèle celle du cheval, avec lequel il a fait tant de choses, gagné tant de batailles, pour toujours aller plus vite, plus loin et sans cesse conquérir.

Le cheval Barbe, cheval du Maghreb.

On ne sait pas avec certitude l’origine lointaine du cheval dit Berbère ou Barbaresque, et finalement Barbe, du Moghreb ... fixé là au hasard des migrations animales préhistoriques, puis élevé par les tribus nomades de cette région d’Afrique du Nord, bien avant l’époque romaine.

L’hypothèse la plus répandue est qu’une partie des hordes de chevaux ayant migré, il y a environ 20 000 ans, du continent américain vers la Mongolie par le détroit de Behring franchissable alors à pied sec (et peut-être en sens inverse des hommes venus d’Asie se fixer sur ce continent ... leur procurant probablement au passage une nourriture salutaire dans un contexte climatique très difficile) s’acheminèrent vers le Sud, vers des prairies plus hospitalières, et jusqu’en Afrique et au Niger en particulier, pour parvenir finalement en Numidie (Ouest de la Tunisie et Est de l’Algérie) et y faire souche.

A Carthage, selon un récit plusieurs fois repris, le cheval Barbe de Numidie aurait été, au moment de la fondation de la cité, le présage de sa puissance et de son destin guerrier.

Ainsi Virgile raconte dans l’Enéide : “ ... Il y avait au centre de la ville un bois sacré riche d’ombre où les Carthaginois ballotés par les flots et la tempête déterrèrent, dès leur arrivée, le présage que leur avait annoncé la royale Junon : une tête de cheval fougueux, signe pour leur nation de victoires guerrières ...”

Par la suite, les Carthaginois se sont intéressés à l’élevage du cheval puisque, nous le savons, ils possédaient sur leur territoire africain des haras biens pourvus qui n’avaient d’autre but que de remonter leur armée en chevaux, les travaux agricoles et le transport des charges à cette époque étant assurés par des bœufs, plus calmes et plus faciles à utiliser pour tracter.
On peut donc en conclure que, déjà à cette époque, les cavaliers des tribus Zénètes, dans toute la Méditerrannée, avaient acquis une grande réputation de guerriers par la qualité de leurs chevaux et leur façon très particulière de les monter.

Depuis le IV ème siècle avant JC et jusqu’à Hannibal, de nombreuses opérations furent lancées par l’armée carthaginoise avec le concours d’une cavalerie locale de plusieurs milliers de chevaux.

Vers 255 av/JC une armée carthaginoise face aux Romains de Regulus alignait par exemple, et entre autre, 4000 cavaliers Numides.

Il semble bien que, déjà à cette époque, les princes de Numidie, tels des mercenaires, se mettaient aux ordres de la riche Carthage pour guerroyer de ci, de là ... moyennant finances ... vendant ainsi leur savoir faire de cavalier montés sur les meilleurs chevaux de l’époque.

Lorsque, plus tard, en 202, obligé d’abandonner l’Italie pour aller au secours de Carthage ...
<< Hannibal qui manquait de cavaliers, envoya des émissaires à Tychée, un Numide parent de Syphax, qui passait pour avoir avec lui les plus vaillants cavaliers de toute l’Afrique, afin de lui demander de venir à son aide ... Tychée se rendit à ses raisons et vint se joindre à Hannibal avec 2000 cavaliers. Mais la même année, quelques jours avant la bataille de Zama ( Le Kef ) Masinissa, qui venait de recouvrer son royaume grâce aux Romains, alla rejoindre Scipion avec, entre autre, 4000 cavaliers.>
( Selon Polybe, historien grec 210 à 125 av/JC )

On sent bien que l’enjeu guerrier entre Carthaginois et Romains était bel et bien de pouvoir utiliser la plus grande quantité de cavaliers locaux pour vaincre l’adversaire.
C’est probablement celui qui y parvint le mieux qui gagna finalement et c’est ainsi que les Romains s’installèrent durablement dans la région avec la ‘bénédiction’ des Princes des tribus cavalières Zénètes.

Ces Princes ou petits Seigneurs locaux ne pouvaient par ailleurs se passer de posséder de nombreux cavaliers pour contrôler leurs domaines et asseoir leur autorité dans leurs fiefs.
Un autre historien grec, Strabon, raconte que :
<< l’élevage des chevaux est pour les princes l’objet de soins particuliers si bien que les recensements accusent chaque année la naissance de cent mille poulains > ...
et il ajoute au sujet de Cirta ( Constantine) :
<< ville pourvue de toutes choses grâce à Micispa, et qui peut lever au moins dix mille cavaliers>

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