La fabuleuse odyssée du cheval Barbe.

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Comme on le voit, cette région de Numidie, peuplée de tribus Zénètes,
est un un réservoir de cavaliers de guerre que toutes les puissances de Méditerranée courtisent, certainement moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, à des fins de conquête ... et ce plusieurs siècles avant l’infiltration musulmane au Moghreb qui amènera en l’an 711 le débarquement en Andalousie de Tarik Ben Zyad ( qui donnera son nom à Gibraltar = Djib Al Tar = Djebel al Tarik ) à la tête de 12 000 cavaliers Zénètes montés sur des chevaux Barbe qui feront souche et constitueront la base de la race du cheval Andalou.

Entre temps, le passage des Vandales venus de Germanie, n’a pas sensiblement modifié l’ordre des choses : << L’Afrique abandonnée commençait aux portes de Cirta > . La force de ce nouvel occupant continuant de dépendre de la fidélité de ses auxiliaires locaux.

<< C’est ainsi que Geilimer, le dernier roi vandale, voulant s’opposer à un débarquement des Grecs dans la région de Sousse fut abandonné en plein combat par la plus grande partie de ses troupes ... autant dire par la défection des cavaliers africains >
<< A quelque temps de là, le Général Byzantin Bélissaire recevait à Carthage l’hommage de bienvenue des chefs autochtones, soucieux de la sauvegarde de leur récente autonomie.
Pendant ce temps là les Vandales s’évanouissaient de l’Afrique du Nord tandis que la Romanité moribonde annonçait la fin d’une civilisation >

On le voit, les envahisseurs passent, les tribus Zénètes demeurent et prospèrent d’autant plus que leurs fiefs se situent dans des régions montagneuses, quasiment inexpugnables (Kabylie, Aurès etc ) et avec elles l’élevage des chevaux Barbe et la culture cavalière de ce peuple.

A ce moment de l’histoire du cheval Barbe et des cavaliers Zénètes, il convient d’expliquer le pourquoi et le comment de la supériorité de ces cavaliers de guerre.

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En Occident, à cette époque, les chevaux de combat ressemblaient plus aux chevaux de trait d’aujourd’hui, c’est à dire à des gros lourds, qu’à des chevaux de course longilignes de type “Pure Sang” qui n’existaient pas encore.

Les raisons étaient d’une part, la nourriture de grasses prairies et le besoin d’utiliser des chevaux très porteurs pour supporter le poids important d’un cavaliers en armure équipés d’un lourd bouclier et d’une arme pesante, et d’autre part l’absence de races de chevaux disponibles pour améliorer les races existantes, comme on le fit par la suite.

Entre parenthèse, il convient de noter qu’à l’époque de l’Hégire, l’Arabie ne produisait pratiquement pas de chevaux et, de toute façon, le terrible désert de Lybie n’aurait pas autorisé de fortes migrations équines. C’était impossible.

Donc l’ensemble était si lourd que le cavalier ne pouvait se mettre en selle sans une aide extérieure, et probablement un montoir, et s’il était désarçonné, ne pouvait donc pas remonter seul.

Enfin, sur le cheval, il ne pouvait rien faire d’autre que de galoper lourdement sur une trajectoire rectiligne, puisque de surcroit il montait “à la grinda” ... c’est à dire droit comme un cierge, encastré dans un arçon, jambes raides verticales, ne pouvant faire autrement que de se comporter avec sa monture tel un char d’assaut presque sans frein fonçant sur une cible, sans pouvoir infléchir vraiment sa trajectoire.

Les Zénètes, a contrario, avaient une autre façon de monter, beaucoup plus mobile, beaucoup plus sportive, qui sera appelée “ à la Jineta ” par les Andalous .. à la Genet ... et ils avaient une autre façon de combattre avec un équipement plus léger : pas ou peu de protection corporelle, sabre recourbé et petit bouclier en cuir.

Selon le dictionnaire de la Real Academia Espagnola, << “Jineta” serait dérivé de l’arabe Zénata ( nom d’une tribu berbère renommée pour son habileté en équitation. “Jineta”, signifie l’art de monter à cheval avec des étriers courts et les jambes relevées en position verticales depuis le genoux jusqu’en bas ... >

En bref, les berbères Zénètes montaient donc leurs chevaux d’une façon tout à fait différente, beaucoup plus efficace, qui leur assurait à la fois aisance pour combattre et une grande maniabilité.

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