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To be or ne pas être the son (daughter) de ...

, par  Jean Claude THIODET , popularité : 13%

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SIMPLE MANQUE DE TACT, FINALEMENT

Décidément, la vie n’est pas forcément une longue élection tranquille quand on est « fille ou fils de ». Jean Sarkozy l’a appris à ses dépens après quinze jours de lynchage tous azimuts qui auront tout de même permis de laisser respirer Frédéric Mitterrand, simple « neveu de », lui.
Certes, dans le cas du jeune Conseiller général de 23 ans des Hauts-de-Seine, il est certain que s’il n’avait pas, justement, été « fils de », rien ne serait arrivé, à commencer par sa peu sérieuse prétention à prendre la tête de l’Epad au futur chiffre d’affaires d’1 milliard d’euros…
voire le site de J Sarkozy

Prétention qui aura eu des dommages colatéraux en jetant brusquement la suspicion sur tous les « fille et fils de… » s’aventurant en politique.

Jusque-là, seule Marine Le Pen essuyait les salves nourries des anciens prétendants déçus à la tête de son mouvement. Avec un père habitué aux tempêtes de la politique autant que de la pleine mer, elle a montré qu’il lui en fallait davantage pour chavirer.

En sera-t-il de même pour Marie Bové, fille d’un José passé des champs de maïs OGM au Parlement de Strasbourg via les prisons de la République ?
Candidate pour mener la liste Europe-Écologie aux élections régionales en Aquitaine après le retrait de Noël Mamère, le CPNT (Chasse, Pêche, Nature et Traditions) ne s’est pas privé de hurler au « népotisme vert », jugeant que « la “boboécologie” se partage l’or vert politique en famille ». On n’est guère moins aimable.

Quoiqu’on pense des intéressé(e)s, du nom qu’il(elles)s portent et des avantages qu’ils tirent de leur naissance, ce n’est pas là un fait nouveau en politique et Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, a fait remarquer avec juste raison que « ça n’a jamais fait débat dans le pays, le fils du général de Gaulle a été élu, la fille de Jacques Delors a été élue, le fils de Valéry Giscard d’Estaing a été élu, le fils de François Mitterrand a été élu… Je ne vois pas en quoi ce serait un problème à partir du moment où les électeurs le décident. »

Autrefois, un enfant reprenait souvent le métier de ses parents… Et cela ne choquait personne qu’un père transmette ainsi son savoir-faire à ses héritiers. C’était même un bonus dont on ne manquait pas de faire état pour inspirer confiance en inscrivant au fronton de l’entreprise familiale : « De père en fils (ou en fille) ».
Pourquoi devrait-il en être autrement pour le service de l’État ?

Qu’un enfant veuille suivre dans la vie l’exemple de ses parents n’est en rien exécrable, voire même condamnable. On ne s’en scandalise d’ailleurs aucunement quand il s’agit d’artisans, de saltimbanques et il fut même un temps où de simples employés faisaient embaucher leurs enfants à leur place lors de leur départ à la retraite, considérant que le patron leur devait cette faveur en récompense de leurs bons et loyaux services.

C’était d’ailleurs bien souvent le seul héritage qu’ils pouvaient ainsi leur léguer.

Ce qui reste choquant dans les velléités de Jean Sarkozy à sauter les étapes et à briguer un poste aux responsabilités démesurées pour son âge, c’est que son père ne lui ait pas fait raison garder, si tant est qu’il n’ait pas lui-même provoqué cette candidature, ce qui serait alors bien pire encore.

Dans la vie, lorsqu’on hérite d’un nom, certains tiennent à se faire un prénom. C’est tout à l’honneur de Jean Sarkozy d’être de ceux-là. Et s’il doit regretter quelque chose, ce n’est certes pas son ambition, c’est de ne pas avoir pu compter sur les conseils avisés d’un bon père de famille attentif aux intérêts de son fils.

« Le tact, dans l’audace, c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin », disait Jean Cocteau.

Mais si Nicolas Sarkozy avait un tant soit peu de tact, cela se saurait !!!!!.

Philippe RANDA

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