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Renouvellement des cartes d’identités

, par  Kir , popularité : 11%


Enfin résolu, notre parcours du combattant quand il s’agit de renouveler notre carte d’identité ?

Tu veux rire, Coco, le casse-tête continue !
Sans parler du reste...

Tant pis si nous affirmons haut et fort être nés dans un département français, notre pays n’en a cure.

"Pourtant, en 1962, vous avez eu le choix entre les deux nationalités" m’a affirmé la préposée de la mairie de ma ville.

"Le choix ? Oui, vous avez raison, nous l’avons eu entre la valise ou le cercueil !" ai-je répondu dans un sourire qui fit naître son étonnement.

Les média commencent à communiquer sur le sujet, d’autant qu’il s’agit de personnages en vue.

Ainsi Pierre Schapira, l’adjoint au maire de Paris, chargé des relations internationales et de la francophonie. Né en Algérie en 1944, il dit n’avoir jamais parlé de cette histoire à personne ;

« Je l’ai longtemps gardée pour moi de manière un peu bête »

Il raconte qu’en 1987, ou un peu plus tard -l’année exacte lui échappe- quand il est allé refaire sa carte, « on m’a dit prouvez que vous êtes français. » Là, il a vu rouge. C’était trop dur pour lui. Son père est né en Algérie. Sa mère aussi. « Française par le décret Crémieux ». Schapira est inscrit à l’ordre des chirurgiens-dentistes. C’est son métier.

« Et pour être inscrit à l’ordre il faut être français », dit-il.

Schapira égrène ses titres. Il est élu à Paris, membre du Conseil économique et social depuis 1984, député européen, et ce qu’il ne dit pas, très proche de Lionel Jospin. « J’ai failli casser la vitre », s’énerve-t-il encore aujourd’hui. « Mes deux grands-pères ont fait la guerre de 14, on venait d’Algérie, on était Français, c’est tout. »

Aujourd’hui, il se refuse à réitérer la démarche. Il utilise son passeport.

Il n’est pas le seul à éviter ce que tous considèrent comme une humiliation, Hélène Mouchard-Zay en témoigne aussi.

On doit à son père, Jean Zay, né en 1904 d’un père juif alsacien ayant choisi la France en 1871, la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, la création des Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS), mais aussi l’École nationale d’administration (ENA), le Festival de Cannes ou encore le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

La carrière de cet avocat orléanais quadragénaire et ancien ministre du Front populaire aurait sans doute été longue et brillante si, le 20 juin 1944, la milice française ne l’avait assassiné. Le résistant Zay laissera une femme et deux filles, dont Hélène la cadette.

Aujourd’hui, cette dernière circule avec une carte d’identité « un peu fatiguée » dont elle se satisfait « en signe de protestation ». Confrontée,
fin 1998, à la nécessité d’obtenir un certificat de nationalité pour son fils, Hélène, professeur des Universités en retraite, avait dû justifier de
sa propre nationalité auprès du tribunal d’instance d’Orléans.

« Quand je m’y suis présentée avec les pièces requises, je me suis entendu dire qu’étant née au Maroc ma nationalité était à prouver ».

La personne au guichet du tribunal lui avait donc demandé de se tourner vers Nantes, où se trouve le bureau des Français nés à l’étranger, pour obtenir, dans un délai de trois mois minimum, une attestation prouvant sa nationalité française. Hélène proteste et demande à voir un responsable qui finit par céder.

« Embarrassé, il a accepté que la nationalité de mon fils soit attestée par celle de son père, se souvient-elle. J’étais donc et suis toujours sans doute de nationalité problématique à prouver ».

Hélène Mouchard-Zay est conseillère municipale d’Orléans et ancienne adjointe au maire d’Orléans. Après l’assassinat de son père, elle a été élevée comme « pupille de la Nation ».

En conclusion, sommes-nous des français à part entière, ou bien des français entièrement à part ?

En vérité, ni l’un, ni l’autre.

La complexité des lois et décrets est telle que, bon nombre de français AOC, nés à l’étranger lors d’une mutation professionnelle paternelle par exemple, se trouvent devant les mêmes tracasseries.

Il suffirait d’une toute petite dose de bon sens pour que tout soit simplifié.

Trop de lois, tuent la loi !

http://www.liberation.fr/actualite/societe/275107.FR.php

http://www.liberation.fr/actualite/societe/275230.FR.php

Voir en ligne : http://www.liberation.fr/actualite/...

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