Libye-Manifestation : Peut-on se passer d’une intervention extérieure ?

, par  Allezou...bIda , popularité : 70%

Manifestation-Libye - La répression féroce des insurgés en Libye a suscité émotion et indignation à travers le monde. En effet, le Guide n’y est pas allé de main morte. Il est dans une logique jusqu’au-boutiste et on le voit mal lâcher facilement du lest dans la bataille qui l’oppose à ses adversaires. Comme on le sait, des sanctions ont été prises par la communauté internationale contre son régime. Mais, le dirigeant libyen reste pour l’heure, inflexible et l’ex-Premier ministre britannique, Tony Blair, qui a essayé de le convaincre d’accepter un exil, s’est vu opposer une fin de non-recevoir.

Face à cet entêtement et au risque d’embrasement de l’ensemble du pays, l’option d’une intervention militaire extérieure pour contrer la folie meurtrière de Mouammar Kadhafi est de plus en plus envisagée.

Cela se traduit notamment par la volonté affichée de la Grande Bretagne de bloquer le couloir aérien de la Libye et le déploiement de navires militaires américains aux larges des côtes libyennes.

Mais certains insurgés ne voient pas d’un bon oeil un potentiel débarquement des Boys et des GI’s dans le désert libyen. Ils préfèrent une intervention humanitaire à celle militaire.

D’autres, au contraire, ne trouvent pas à redire face à ce coup de main des pays occidentaux. Les avis sont donc partagés sur le sujet. Les partisans de la non-intervention militaire des Occidentaux ont sans doute à coeur de ne pas se laisser voler la vedette.

Ils estiment, à tort ou à raison, que la meilleure révolution est celle qui est menée par le peuple lui-même de bout en bout. Ce genre de révolution a l’avantage d’opérer, au sein de la société concernée, une mutation profonde puisque soutenue par un élan populaire du début à la fin. Les tenants de cette vision font de leur soulèvement populaire un point d’honneur et tiennent à faire le travail par eux-mêmes.

Cette position est sans doute compréhensible si l’on sait que les pays occidentaux qui menacent d’intervenir ne le font pas pour les beaux yeux du peuple libyen. Beaucoup d’intérêts économiques et géostratégiques des grandes puissances sont en jeu dans ce conflit. Il y a aussi, quoi qu’on dise, un fond de haine, du moins de méfiance, envers l’Occident, surtout les Etats-unis, au sein des populations arabes.

La méfiance de certains insurgés n’est donc pas dénuée de tout bon sens. Seulement, la crise a déjà fait des victimes, et risque d’en causer beaucoup plus avec les affrontements entre les forces fidèles à Kadhafi et les insurgés, notamment à l’Est de Benghazi. Ces derniers affirment travailler à lever une armée à Benghazi afin d’aller à l’assaut de Tripoli et des derniers bastions toujours aux mains du Guide.

Celui-ci également ne dort pas de son côté. Il mobilise ses troupes et rassemble ses armes pour en découdre avec les insurgés. Toutes les rébellions ou ex-rébellions qui ont ou avaient bénéficié, d’une façon ou d’une autre, du soutien de Kadhafi n’hésiteront pas à aller lui prêter main forte. Surtout qu’il saura délier le cordon de la bourse. C’est certain qu’il dispose d’une puissance de feu et qu’il n’hésitera pas à s’en servir.

Il aurait d’ailleurs repris des bastions aux insurgés. Il ne faut donc pas le donner pour mort. D’où la question suivante : les insurgés peuvent-ils se passer d’une intervention militaire extérieure ?

Difficile de le croire même s’il est vrai qu’avec des généraux dans leurs rangs, on peut estimer qu’ils ont des stratèges militaires. Ils seront peut-être obligés, au regard de la force de leur adversaire, d’accepter cette aide au nom de la solidarité internationale et au regard des alliances stratégiques qu’ils vont nouer. Reste à déterminer l’ampleur et la nature de cette intervention.

Elle peut, en effet, ne pas consister en un quelconque débarquement de soldats étrangers sur le théâtre des opérations, mais se résumer en un soutien logistique et un contrôle de l’espace aérien.

Ce contrôle viserait à empêcher le Colonel de se servir de ses moyens de combat aériens. En d’autres termes, cela devrait empêcher le Guide d’utiliser des avions pour bombarder ses adversaires.

En plus de ces affrontements meurtriers qui ont cours et qui risquent de prendre des proportions très inquiétantes dans les jours à venir, étant donné que les deux camps fourbissent davantage leurs armes, il faut craindre une montée en puissance des rebelles et autres terroristes dans la bande sahélo-saharienne et ce, quelle que soit l’issue de la confrontation.

L’armement à outrance de certains combattants par le Guide est justement périlleux. Des armes sophistiquées peuvent tomber entre les mains de groupes difficiles à maîtriser.

Ceux-ci pourraient alors s’en servir plus tard pour faire de la zone saharienne, déjà malfamée, un terreau fertile au terrorisme, donc plus dangereuse. C’est en cela aussi que la crise libyenne mérite une solution et ce, dans les meilleurs délais.

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