L’insurrection du 13 mai 1958

, par  Danièle LOPEZ , popularité : 1%

Pour comprendre les raisons de ce coup d’ État, il nous faut revenir sur la politique algérienne de la France à la même époque.

Nommé commandant en chef en Algérie depuis 1956 , le général Salan, connaît depuis longtemps les techniques subversives du communisme mondial. Son constat est désolant. Dans le conflit algérien, depuis 1954, l’armée tient un rôle défensif . Ils ne font que "répondre" aux fellagha qui se battent sur tous les fronts : Tunisie – Maroc – Aurès – Djebels et qui, depuis un an déjà, ont investi les villes et font régner la terreur.
En quelques mois seulement, il reprend en main l’armée, fait appel aux paras qui chassent les rebelles et gagnent la « Bataille d’Alger ». Il veut sauver l’Algérie et il nous le prouve.

Mais cette valeureuse armée se sent trahie par ses dirigeants qui, à Paris, laissent sombrer la France à force de querelles intestines, sans réelle position en faveur du maintien de l’Algérie dans la France.
La quatrième République chancelante se voit donner l’estocade par le raid de Sakiet le 8 février 1958 .

Sous la pression des anglais et des américains - venus à la demande de Bourguiba - qui voudrait bien tirer son épingle du jeu en internationalisant le conflit , la classe politique française se déchire.
- les anglo-saxons aimeraient, quant à eux, s’approprier des toutes nouvelles ressources pétrolières du Sahara et souhaitent que la France libère l’Afrique du Nord.-

C’est à ce moment que le groupe du parti gaulliste, les républicains sociaux , « exigent de tenir tête à Bourguiba, exigent snon-belligérance, demandent de rester inflexible dans la défense des départements algériens et … de faire appel au général De Gaulle pour rétablir la situation en Algérie ! »

Voici, dans l’histoire officielle, le premier appel à « l’homme du 18 juin ».

Ce qui démontre bien, qu’ils sont décidés, en cette période chaotique, d’imposer le général comme l’homme de la situation.
Mais ils ne sont ni entendus ni écoutés.

Ils vont donc se servir de l’Algérie pour le faire revenir.

Dans l’ombre, De Gaulle attend son heure, pendant que le pays s’enlise dans une crise sans précédent.

Le gouvernement perd son dernier Chef en la personne de Félix Gaillard qui donne sa démission le 15 avril 1958, soit six mois après son investiture .

Chaban-Delmas ,alors ministre de la Défense nationale du gouvernement Gaillard , met à profit sa fonction, pour poser les premières pierres du plan qui verra le retour de De Gaulle.

Il sait qu’ils n’arriveront pas à l’imposer en France, donc
il crée "son antenne gaulliste" à Alger , dirigée par le très célèbre Léon Delbecque, le commandant Pouget et Guy Ribaud auxquels s’ajoutent Soustelle, Debré, Neuwirth, Frey, Triboulet, Guichard et bien d’autres encore !

A ce moment des évènements, il est impensable que De Gaulle ne soit pas au courant des efforts de ses lieutenants pour le réinstaller à la tête du pays.
Nous verrons plus loin que tous sont en contact étroit avec lui et qu’il est parfaitement informé de ce qui se trame.

Soit ! Ils ne peuvent pas imposer leur leader en métropole puisque la gauche ne veut pas entendre parler de De Gaulle et ses ennemis politiques les plus coriaces ne cèderont pas d’un pouce.

Mais à Alger ………..

Si le terrorisme urbain a été jugulé par l’armée, au grand soulagement des européens d’Algérie, les atermoiements des dirigeants à Paris ne font que grandir l’inquiétude qui règne au pays. Après la manifestation du 26 avril qui voit les anciens combattants algériens, décorations sur la poitrine, défiler aux côtés des européens, Salan comprend que tout peut s’embraser d’un instant à l’autre. Il décide d’envoyer un télégramme au général Ely pour informer le président de la République :

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