Imposture
Historia d’octobre 2009
COLONISATION : Pour en finir avec la repentance
Vous pensez bien qu’à lire un tel titre, je me précipite chez le buraliste pour acquérir ce magazine, enfin l’histoire telle que je l’ai vécue et que mes ancêtres me l’ont racontée, il était trop tard les invendus avaient été retournés. Qu’importe, avec internet plus rien d’impossible de nos jours : le site "Historia", commande de numéros archivés, et 3 semaines plus tard, enfin MON HISTOIRE...
L’aventure coloniale s’inscrit dans une nouvelle ère des Lumières. Il s’agit de "répandre ce qu’il y a de meilleur dans notre effort scientifique, dans notre idéal rationaliste et démocratique". Victor Hugo y adhère.
Alors si cet homme qui m’a tant apporté voit du positif dans cette aventure, rien n’est perdu.
Daniel Lefeuvre : Une mission de civilisation
La colonisation s’est accompagnée, pour les indigènes, de conséquences qu’on pourrait qualifier de positives au risque de s’attirer les foudres indignées des vertueux censeurs.
Pourtant passée la violence des conquêtes, inégales d’une contrée à l’autre, la colonisation a mis un terme aux guerres et révoltes internes qui ravageaient les pays, elle a apporté une sécurité de la vie quotidienne, elle a supprimé certaines coutumes barbares des contrées africaines : cannibalisme et sacrifices humains.
La colonisation est fille de 1789 et de la déclaration des droits de l’homme, ainsi que de la politique industrielle et elle apporte les idéaux de la France au-delà des frontières. Elle développe les infrastructures routières, ferrovières, portuaires, aéro-portuaires "certes pour ses propres intérêts" mais elle introduit aussi de nouvelles cultures et l’amorce d’un industrialisation qui firent prendre un essor à ces contrées, bien au-delà de la période coloniale.
Cette mission peut se résumer en 3 verbes : LIBERER, EDUQUER, SOIGNER.
Bien qu’ayant contribué à la traite négrière, l’homme blanc a été un outil de libération : en juillet 1830, les juifs sont libérés de la dhimmitude et faits pleinement citoyens français par le décret Crémieux du 24 octobre 1870. Les puissance européennes s’engagent dans une croisade contre le trafic du "bois d’ébène" et contre l’esclavage qui était une pratique courante dans la régence d’Alger. Ce ne fut pas sans mal car
nous avons affaire à une population musulmane qui regarde la possession des esclaves comme un droit et qui, de longtemps, ne pourra considérer comme des crimes les actes relatifs à la vente ou à l’achat de ces malheureux
Au nom du principe du libre arbitre et de la devise républicaine "Liberté, Egalité, Fraternité", l’occupant éradiquera cette tradition mais non sans ambiguïté car pour sauvegarder la paix civile, il est soumis à des compromissions au cours de la guerre d’Afrique : la tradition du partage des prisonniers entre les tirailleurs fut maintenue, ce butin constituant une grande partie de la solde de la troupe.
Le méchant colon pointe tout de même le bout de son nez :
Au nom de ce progrès apporté aux population colonisées, il étend les pratiques locales développant le travail forcé pour le portage, les chantiers de chemin de fer ou le développement de nouvelles cultures, créant ainsi de nouvelles sujétions humiliantes.
J’aurais aimé que l’auteur aborde les conditions des travail des ouvriers métropolitains afin que nous ayons une échelle de comparaison.
A l’abri, dans leurs bureaux feutrés , les différents gouvernements poursuivent, avec ténacité cette oeuvre libératrice aidé en cela par les missionnaires, une grande figure ressort de cette époque : le Cardinal de Lavigerie, Archevèque d’Alger. Les pères et les soeurs blancs se font instituteurs et médecins. Charles De Gaule rappelle le rôle salvateur de cette mission dans son discours de Brazzaville, le 2 février 1944.
Comme le fait remarquer Marc Michel dans "Essais sur la colonisation positive" :
"Malgré les abus et injustice qui l’ont accompagnée, la colonisation ne mérite pas le procès qui lui ai fait... Il nous parait tout aussi inepte de jauger la colonisation à l’aune de ses bienfaits qu’à celle de ses méfaits... L’installation coloniale... est à l’évidence un acte violent... elle n’est pas que cela. Il va sans dire qu’il y eut des deux, du bien et du mal"
Pour conclure Daniel Lefeuvre met en garde les historiens d’oublier l’un de ces aspects
et c’est au nom des valeurs portées par la France, que les leaders nationalistes ont justifié et légitimé leur combat à l’heure des indépendances
Nous avons donc fait germer dans les esprits des colonisés cette étincelle de révolte qui a fait que nous nous sommes retrouvés les victimes de nos bons sentiments.
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