Faut-il rêver ?

, par  Jean Claude THIODET , popularité : 2%

Pourquoi ne pas refaire le coup du programme commun de gouvernement qui avait si bien réussi, il y a trente ans, à François Mitterrand, quand il portait au pouvoir une gauche exsangue et divisée ?

(…) Si comme cela semble se confirmer, non seulement en France mais à l’échelle européenne, et, pourquoi pas aussi, dans le monde arabe, un besoin fort de politique à la fois populaire et nationale, protectrice des libertés, respectueuse de la personne, soucieuse de la prospérité de tous, est en train de se manifester, le moment n’est-il pas venu de lui donner une première chance de gouvernement ?

(…) Que Sarkozy ne se trompe pas ! Celui qui peut le battre, aujourd’hui, c’est Dominique Strauss-Kahn,

- pas Marine.

Et que Marine ne se trompe pas ! Son véritable adversaire c’est Dominique Strauss-Kahn,

- pas Sarkozy.

J’imagine qu’on imagine, dans des stratégies de cabinet, que sa percée à elle peut se faire en 2012, pour ensuite l’emporter, frontalement, contre Dominique Strauss-Kahn, en 2017, avec le secours de la colère populaire. Calcul hasardeux qui confond

- le long terme, qui est le vrai plan politique avec
- le court terme, qui est le vrai plan électoral.

C’est en 2012 qu’il faut gagner Matignon si elle veut, en 2017, gagner l’Elysée. Et pour cela, elle a besoin de Sarkozy, en allié, comme elle a besoin de Dominique Strauss-Kahn, en adversaire.

(…) Marine, c’est du vrai neuf qui ébranle, secoue, crée un événement, mais qui, à elle seule, ne peut pas faire la décision.

Nicolas est usé, mais il est en place. Il a le crédit résiduel du sortant. La force de l’opposant ajoutée au crédit du sortant, c’est le contre-pied, qui fait la victoire. Mais je crois que les passions dans les états-majors, obscurciront ces évidences. L’ennemi, dans une campagne électorale, n’est pas celui d’en face, mais celui d’à côté.

(…) Et la machine à perdre, comme dit Hugues Kéraly, repart de plus belle.

Peut-on espérer un service de la nation qui dépasse l’intérêt du Front national ? Une conscience républicaine qui mette le service de la chose commune au-dessus des froissements d’épiderme ? Un Sarkozy qui prend conscience qu’il a besoin d’une Marine et une Marine qui réalise que son chemin vers 2017 n’est pas la victoire, en 2012, de Dominique Strauss-Kahn, mais la reconduction, pour cinq ans, du président sortant ?

(…) Si Marine se contente d’être l’un des instruments de la défaite de Sarkozy, elle sera inévitablement la responsable de la victoire de Dominique Strauss-Kahn. (…)

Marine contre Sarko, Sarko sans Marine, égalent défaite.

Marine avec Sarko, Sarko faisant toute sa place à Marine, c’est la victoire.

- Autrement dit, pour être tout à fait clair,

Sarkozy reconduit à l’Elysée, Marine entrant à Matignon, c’est la seule solution.

(…) Et nos voix de colère, d’opposition et de protestation, alors ne seraient plus des voix perdues, mais s’achèveraient en acte de gouvernement. Et ça, ça, pour le coup, ce serait vraiment le changement. Mais… comme dit l’autre… faut pas rêver !

JACQUES TREMOLET DE VILLERS

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