Vous avez dit "REPENTANCE" ?
A PROPOS DE LA MORT DE LA FRANCE SUD-MEDITERRANEENNE…
… les 3 « R » : Repentance…. Reconnaissance …..Réhabilitation …
….sans oublier le 4e « R » : celui de notre Résilience
A propos de l’Algérie française, du combat de l’OAS, de la colonisation en général, nous avons noté qu’il est fait un usage immodéré du terme de « repentance ». Ce substantif prétend évoquer un sentiment, qu’il est obligatoire d’éprouver lorsque l’on évoque la page coloniale de l’histoire de France, l’Algérie française, la guerre d’Algérie et le combat ultime de l’OAS. A la seconde même où ses usagers prononcent le mot de « repentance », ils doivent obligatoirement faire référence à un sentiment de regret douloureux de leurs erreurs et de leurs péchés. Sentiments obligatoires dont le vécu est exigé, aujourd’hui, par un code moral imposé par la pression médiatique. Code moral qui dans peu de temps jouira de la force d’une loi.
Cette loi exigera peut-être, sous peine de sanction pénale, que l’on souffre lors d’un rappel du passé colonial de la France. Et que l’on soit éventuellement condamné lorsque, tout au contraire, l’on est animé de la volonté et du courage d’évoquer les « effets bénéfiques de la colonisation ».
Pour le pouvoir, l’opinion, la mode morale actuelle, cette dernière thèse des bienfaits de la colonisation est indéfendable. Elle est sacrilège. Elle sera susceptible, peut-être, d’entraîner un jour des sanctions pénales en vertu de la loi « Gayssot ».
Néanmoins, ce sentiment de repentance pour être éprouvé avec une sincérité historique absolue doit être nécessairement précédé d’un effort de recherche.
Une recherche qui doit aboutir à une Reconnaissance des faits historiques.
Celle-ci doit être conduite de la même manière que l’on dresse un acte d’accusation. Cet effort exige donc une identification, c’est-à-dire, répétons le, une reconnaissance des évènements liés à la colonisation en général, et tout particulièrement à cette grande page historique « Algérie Française ». C’est donc un diagnostic qu’il faut poser avant de proposer une sanction. C’est-à-dire en l’occurrence, une attitude contrite de repentance. Mais ce diagnostic doit s’établir en deux temps.
Premier temps de la reconnaissance
Il s’appuie sur des faits, sur des évènements qui se sont déroulés tout particulièrement durant la période « Algérie Française » puisque c’est ce chapitre qui nous intéresse aujourd’hui au tout premier chef.
Donc c’est bien établi : reconnaissance = connaissance des faits.
Deuxième temps de la reconnaissance
Il consiste à formuler des hypothèses sur ce qu’il serait advenu de l’Algérie française, si l’on était allé jusqu’au bout de son accomplissement. C’est-à-dire jusqu’à l’ABOUTISSEMENT de la colonisation. C’est-à-dire jusqu’à l’INTEGRATION qui, pour s’accomplir, exigeait une victoire militaire totale sur le FLN d’abord, une adhésion du peuple algérien de confession musulmane aux exigences de la laïcité ensuite. Laïcité qui, seule, dans le respect de la foi et du culte des uns et des autres, aurait enfin ouvert la voie de l’Egalité. Car celle-ci, en l’absence d’une laïcité vécue dans tous les actes quotidiens de la vie, était impossible à instaurer en Algérie.
Mais il existe aussi un 3e temps dans cet effort de reconnaissance, que l’hypocrisie de l’information officielle prétend nous interdire de connaître et d’approfondir.
Troisième temps de la reconnaissance
Il concerne une étude des conséquences identifiées, acceptées ou subies, des bouleversements identitaires, associe-culturels ou plus exactement ethnico-culturels qui affectent aujourd’hui la France dans sa réalité historique. Un temps de la reconnaissance qui va jauger, qui va quantifier, l’effet colonisateur secondaire que la France est en train de subir. Parce qu’elle a négligé, parce qu’elle a dédaigné l’Algérie française. Dédain exprimé au nom de quoi ? au nom d’impératifs économiques. Au nom de la valeur ajoutée des investissements. La valeur ajoutée, voilà l’étendard perpétuel du capitalisme financier, inspirateur, décideur, organisateur et exécuteur de la mort de l’Algérie française, par le relais du Général De Gaulle et du gaullisme fossoyeurs de la France Sud-Méditerranéenne.
Ce troisième temps de la reconnaissance, doit s’étendre aussi à une étude de ce qu’il est advenu des peuples abandonnés. Des peuples décolonisés. Par pudeur respectueuse nous n’évoquerons pas la misère, la dénutrition, la détresse existentielle dans lesquelles sont plongés les peuples africains dans leur ensemble.
Nous voulons tout particulièrement insister sur le sort qui, dans l’esprit des gaullistes, aurait dû être celui des Français d’Algérie, du peuple Pied-noir dont aujourd’hui encore, on ne veut pas dire, parce que je suis le seul à l’avoir écrit mille fois, qu’il était et qu’il est toujours une fraction vivante de la Nation française. Un peuple qui, pour éviter le génocide auquel on acceptait de le soumettre, s’est réfugié derrière le combat ultime de l’OAS. Un peuple qui, dans la meilleure des hypothèses, aurait été obligé de vivre courbé en Algérie, s’il avait été obligé, pour son malheur, de rester là-bas.
Ce troisième et dernier temps de la reconnaissance doit être, évidemment, complété par une évaluation des drames subis par notre peuple. Les assassinats, les enlèvements, les disparus, les Harkis massacrés, les soldats prisonniers, mutilés avant d’être rituellement immolés. Nos commandos OAS tués à l’ALAT de SIDI BEL ABBES, dans l’OUARSENIS, au chemin des Crêtes, au chemin Laperlier, Boulevard Thiers, à Belcourt et ailleurs, parce que leur courage et leur clairvoyance les avaient engagés dans l’ultime combat.
Voilà schématisée la totalité de la Reconnaissance, le premier « R » que l’on doit en quelque sorte bien capitaliser, avant de s’attarder sur le contenu des 2 autres « R ».
– celui de la repentance que nous avons évoqué dès le début de cette étude.
– celui de la réhabilitation que nous étudierons à la fin de cette même étude.
Mais il est difficile de s’extirper de cet effort de Reconnaissance sans faire référence à toute une litanie de paroles du Général De Gaulle. Paroles fort instructives qui permettent de comprendre la signification historique du gaullisme cinquantehuitard. Paroles qui illustrent à la fois l’insubstance gaulliste et qui illustrent néanmoins aussi le reniement et la trahison dont furent victimes les Pieds-Noirs, les musulmans partisans de l’Algérie française, l’Algérie elle-même, la France, l’Europe et l’Occident chrétien.
La vérité est parfois difficile à détecter au milieu des déclarations apparemment solennelles émanant du grand chef d’Etat que prétend avoir été le général De GAULLE, « Le prince de l’équivoque » comme le rappelle l’auteur britannique, socialiste, Alistair Horne dans son livre « L’histoire de la guerre d’Algérie ».
L’équivoque est constamment entretenue, en effet, dans l’échelonnement des citations que je soumets à votre appréciation.
1957 « Bien sûr l’indépendance viendra, mais ils sont trop bêtes là-bas pour le savoir ».
Le mépris est toujours latent dans le propos du Général De GAULLE. « Ils sont trop bêtes là-bas », il pense certainement au peuple pied-noir et aux français musulmans partisans de l’Algérie française. Et à l’armée française.
A propos de cette citation, il convient de rappeler, en substance, des propos échangés entre De GAULLE et un interlocuteur dont j’ignore l’identité :
« Mon général, les hommes c’est comme des mouches, ce n’est pas avec du vinaigre qu’il faut les prendre mais avec du miel ».
« et bien moi, voyez-vous, je les prends avec de la m... »
Ce propos m’ayant été rapporté verbalement, au mois de décembre 1968, par le Général Salan alors qu’il vivait encore rue Théodore de Banville à Paris, il ne m’est pas possible de donner une référence plus précise.-----
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