Monsieur Marc BALDY

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Monsieur Marc BALDY

M. Baldy n’est pas n’importe qui. Parachutiste dans la Région des Gorges de la Chiffa (où ma grand-mère est née), il fut enseignant de formation, puis bifurqua vers la politique avec un grand "P" ; humaniste au service des autres.
Enseignant, puis haut fonctionnaire, militant syndical et associatif avant d’être élu socialiste, Adjoint au Maire de Cahors, Vice-Président du Conseil Général pendant un quart de siècle ( Lot ).

Dans son ouvrage "Boulevard Gambetta", M. Marc BALDY écrit, octobre 2004 :

« Marié, mais encore un peu adolescent, douillet, souffreteux, je passai un hiver à la dure dans le froid, la pluie et la boue des parcours de cross de Pont-Long, levé avant l’aube, avant d’effectuer six kilomètres quotidiens de footing dans les ’touyas’ sans un rhume. »

Breveté parachutiste, ayant subi avec succès le peloton de sous-officiers, il décrit sa formation :

« cette formation, ce dressage, a tout de même marqué ma personnalité. J’ai appris à me décider, rapidement, comme quand il faut sauter …

Dans des paysages magnifiques entre les orangeraies de la Mitidja, les collines qui la bordent, les plages superbes de la Méditerranée, et la montagne de Chréa, nous étions installés à l’entrée des gorges de la Chiffa, dans une zone désertique, à quelques kilomètres de Blida "la cité des roses" devenue place forte du GIA. Nos patrouilles s’exposaient à des dangers multiples, malgré le côté charmant de la petite ville, de ses avenues plantées d’orangers, de sa place d’armes méditerranéenne, de ses nombreux habitants européens.

Favorable à l’indépendance à mon arrivée, je fus sensible au choc esthétique lors de l’entrée du "Président de Cazalet", un cargo mixte, dans la rade d’ Alger-la-blanche, au petit matin, traumatisé par le pitoyable abandon des Pieds-Noirs après le 19 mars 1962, leur retour dans des conditions honteuses, écœuré, à la limite de l’indicible par l’abandon à leurs bourreaux des harkis qui avaient servi la France.

Les assassinats de masse, les atrocités en Algérie ne datent pas de ces dernières années. Ils étaient inclus dans cette sauvagerie, cette inhumanité apparue dès la fin des années 50. Je ne ressens pour ma part que de l’indignation quand j’entends mettre en cause l’armée française et les appelés qui, paraît-il, devraient se repentir. Pour ma part, même si la rumeur courait les quartiers, je n’ai pas connu, personnellement, d’acte de torture si ce n’est une attitude brutale lors des contrôles d’identité aux entrées des villes, au pont du moulin Ricci. (...)

En revanche, je crois que j’aurais pu tirer sur un porteur de valise cadurcien qui, bien tranquille chez lui, pour avoir échappé à un séjour en Algérie, se vantait d’avoir transporté des armes en Espagne pour le F.L.N.
Comment mettre en danger, par idéologie, la vie de ses compatriotes appelés ?
Comment peut-on trahir son pays même si on peut comprendre le désir d’indépendance des Algériens ?
Celui-là, oui, il pourrait "se repentir" comme on le demande aujourd’hui à tout propos.

On pouvait certes, être favorable à l’indépendance algérienne, mais non pas soutenir, en portant des valises, le F.L.N qui a massacré les harkis et, à Oran, le 5 juillet 1962, plusieurs centaines de Pieds-Noirs. Oui cela est un crime."

Marc Baldy, " Boulevard GAMBETTA "
Pages 17 , 18 , 19 , 20
Imprimé sur les presses de l’imprimerie PUBLI FUSION
Dépôt légal octobre 2004.

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