L’Islamisme dans la guerre d’Algérie : 2ème épisode

, par  Jean Claude THIODET , popularité : 74%

[*Anciennement publié en janvier 2008, cet article est en réédition pour votre information. Le deuxième d’une série de 4 articles qui seront à nouveau publiés.*]

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2° EPISODE

Chekib Arslan déclare la guerre à la France

Chekib Arslan déclare la guerre à la France... en 1925.

Il va prendre part à la révolte des Druzes syriens déclenchée cette année là. De furieux combats seront livrés par l’armée française contre les rebelles. Au cours de cette révolte un officier subalterne français, est sévèrement blessé. Il s’appelle : Raoul Salan.

En 1925 un tribunal militaire français ; le condamne à mort par contumace

Chekib Arslan s’installe alors, à Genève où il organise un comité suprême pour la "libération" de l’Afrique du Nord Française".

Mais fidèle à la Nahdah, qu’il continue d’animer, il fonde une revue "el Ouma", la Nation Arabe"

A partir de Genève, de l’Egypte et des territoires non français du Proche-Orient, il prêche le jihad contre la France. Il est en contact permanent avec les grands indépendandistes Berbères d’Algérie qu’il avait connus antérieurement, avant la guerre de 1914, lorsque ces derniers étaient venus accomplir des stages de formation au Hedjaz et dans tout le Proche-Orient.

En particulier, il va connaitre Abdelhamid Ben Baddis, Berbère de Constantine, et El Bachir El Ibrahimi, un Berbère du Constantinois, des Hauts-Plateaux sétifiens, né en 1889 à Tocqueville, Ras-El-Oued, pas loin de Sétif et Borj Bou Arreridj.

Ce dernier détail est d’une importance cruciale pour comprendre la genèse du 8 mai 1945.

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Ces deux hommes ont fait partie en 1920, à l’échelon directionnel, de la première organisation religieuse fondamentaliste algérienne anti-française, peu connue, mais dont le rôle sera déterminant, fondé par un Berbère, Omar Smaïl.

1920 ? Pourquoi, 1920 ? Parce que c’est l’année qui suit 1919.

Que s’est-il passé, en 1919 ?

C’est le 4 février, de cette année là qu’ont été publiés dans le journal officiel les décrets d’application d’une nouvelle loi. La loi du 4 février 1919.

Elle reprend les données du senatus consulte de Napoléon III du 14 juillet 1865, concernant l’accession des musulmans d’Algérie à la citoyenneté française, mais en simplifiant considérablement la procédure d’accession. Il suffira désormais de passer par le bureau d’un juge de paix, de satisfaire, à un questionnaire, pour que la citoyenneté française soit octroyée à celui qui la demande.

C’est donc une loi de très grande importance qui engage évidemment, mais on l’ignore à cette époque, l’avenir de l’Algérie française, celui de la France, de l’Europe et aussi l’avenir de l’Occident tout entier.

Mais le sait-on à cette époque ?

Non. Soulignons-le une fois de plus.

Car onze semaines après l’armistice, à la fin de l’imbécile boucherie de 14-18, qui est préoccupé, en France de l’accession ou de la non accession des Musulmans à la citoyenneté française ?

Personne.

En France on panse les plaies subies par la Patrie et par notre peuple, et surtout on aspire à la paix.

Les Arabes d’Algérie ? ça n’intéresse personne à ce moment- là.

En réalité nous nous inscrivons parmi ceux qui considèrent avec conviction, plus encore avec une certitude absolue, que cette loi illustre une astucieuse et savante provocation.

Elle a pour but réel de déclencher une réaction en Algérie dans la perspective de voir s’édifier sur cette terre, un appareil de riposte à partir duquel va se structurer progressivement un organe de guerre, dans le but de provoquer l’expulsion de la France d’Algérie.

Dans cette nouvelle optique, Omar Smaïl un négociant berbère, islamiste convaincu, réunit en 1920 des oulémas, berbères comme lui, dans une toute nouvelle et première association tout à fait légale. C’est-à-dire conforme aux exigences de la loi de 1901 sur les associations, la très célèbre loi « Waldeck-Rousseau ».

Des oulémas, nous voulons dire des imams, des muftis et des cadis.
Ce sont les Cénacles, ainsi s’appelle cette nouvelle association.

Dans le cadre de ces Cénacles, en observance des statuts, Omar Smaïl va demander deux choses à ces oulémas, et pas une de plus.

- 1° Imperméabiliser la communauté des croyants à l’égard des effets possibles de la francisation et de l’assimilation. Et il ajoute, contre toute logique : protéger aussi la communauté des croyants contre l’évangélisation !

Comme si le gouvernement de la IIIème République était préoccupé de la christianisation des Musulmans ! C’est d’autant plus aberrant, en apparence seulement, que les conversions collectives sont interdites par la IIIème République.

Aberrant, en apparence seulement, Avons-nous dit.
Pourquoi ?

Parce que cette illogique et inutile recommandation va permettre à Omar Smaïl et aux oulémas des cénacles de forger, dès cette époque, l’arme maitresse de la guerre d’Algérie.

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