DIALOGUES IMPROMPTUS entre Rédacs...

, par  La Rédaction , popularité : 1%

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DIALOGUES IMPROMPTUS ...

Les rédacteurs de NJ ont souvent entre eux des discussions « hors antenne » sur tel ou tel sujet, histoire de confronter amicalement leurs points de vue et d’échanger leurs idées ...

Il nous a semblé intéressant du publier pour la première fois l’un de ces échanges sur un sujet d’actualité parmi les plus préoccupants du moment.

Suite a un article publié le 2 Novembre et transmis par Chibani sur le sujet :

Les fonctionnaires sous la menace de François Hollande
« Comment concilier les promesses de créations de 60 000 postes d’enseignants et de 10 000 policiers et gendarmes tout en stabilisant la masse salariale de l’Etat, crise de la dette oblige...? En sabrant dans les rangs des ministères autres que ceux de l’Education nationale ou de l’Intérieur. »



Kir lui répond :

Ben oui, le "social-clientélisme" frappe très fort, et c’est bientôt Noël ; y’en a qui y croient encore au Papa Distribution Gratis ...

Sauf que... c’est fini.

La France a déjà perdu son triple A sur le marché secondaire, là où se traitent les obligations souveraines.

Notre spread [1] , par rapport à l’Allemagne, s’envole de jour en jour plus haut.

Résultat : nos intérêts deviennent de plus en plus lourds.

Et notre dette avec.

Bruxelles nous a remonté les bretelles aujourd’hui , faut revoir la copie du budget 2012.

Quant à la croissance, ils me font rire !

Elle ne se décrète pas et ne reviendra pas par un coup de baguette magique.

Il y a plus de 30 ans que sa courbe descend petit à petit. Et à chaque cycle, ça descend plus bas.

Ce ne sont donc pas les événements actuels qui en sont la cause, la baisse est bien structurelle, due à des décisions politiques et à une gestion irresponsable du pays depuis des décennies. Droite et Gauche confondues.

Ils vont devoir apprendre qu’avant de dépenser, il faut créer, travailler, pour gagner de l’argent.

Quant à notre corps social qui réclame encore et toujours des avantages, le robinet est à sec : tout notre système social a été construit sur une croissance à 3%.

Sont-ils conscients de ce que ça signifie avec une croissance à "zéro", et qui mettra des années à repartir ... si elle repart !

S’ils n’en sont pas conscients, papa Noël répondra à leurs lettres dans des délais très courts à présent.


Ce à quoi Toto surenchérit :

Ben oui ... l’Italie économique, que je connais bien pour l’avoir fréquentée intimement pendant plus de trente ans, est bien mieux lotie que la France économique et bien plus capable "d’éponger" sa dette ... quoi qu’en dise nos média falsificateurs de vérité.

Cette semaine un chiffre significatif a enfin été publié du bout des lèvres ...

Il y aurait 6 millions d’entreprises productrices en Italie ( PME et +) contre seulement 3,5 millions en France ...

[**Enorme différence résultant de la chasse aux PME organisée de très longue date par le monde politique français ... De Gaulle et PCF en tête ... via une administration publique qui a toujours considéré la petite/moyenne entreprise comme un parasite social, fraudeur en puissance, magouilleur par nature, mais aussi interventionniste au profit des grandes entreprises publiques et privées qui ne valaient pas les subsides accordés pour les maintenir concurrentielles, incapables qu’elles étaient de le faire par elles-mêmes.*]

Nous allons payer maintenant le prix de cette malversation administrativo-politique
commencée il y a cinquante ans, illustration parfaite de ’La France aux ordres d’un cadavre" comme l’appelait Maurice Druon et de la folie des grandeurs qui anime nos dirigeants ...

Il suffit pour s’en convaincre de se balader dans les régions actives de l’IItalie ( Turin, Varese, Milan, Brescia, Bergamo, Bologne ... et j’en passe) en songeant avec nostalgie à ce qu’étaient les nôtres ... comme la couronne Parisienne, le Jura, les vallées industrielles de Savoie ou du Massif Central, par exemple.

Il faut quand même rappeler que dans les années 60, la situation respective des deux pays était à l’inverse : il y avait deux fois plus d’entreprises productrices en France qu’en Italie et on y fabriquait entre autre des machines-outils ...

Alors oui ... ça fait tellement longtemps que nous sommes gouvernés par des c .... et des prétentieux ... qu’il faut maintenant payer la note. Ce jour est hélas venu ...

Espérons seulement que cette régression à venir nous remettra un peu de plomb dans la cervelle ... ce qui, a priori, n’est pas gagné.



Et Kir d’enchaîner :

Rapprochons nos analyses, mon cher Toto....

Je crois qu’à tous les deux, on a tout dit.

Entièrement d’accord avec Toto en ce qui concerne l’Italie.
On tape sur Berlusconi (qui aurait pu mettre ses galipettes en sourdine -Ma ! c’est un italien ! alore....) mais, en réalité, il n’a pas si mal géré que ça le pays.

Entièrement d’accord aussi sur la gestion de la France, gouvernée exactement comme un système communiste, avec une pagaille de fonctionnaires, d’élus, de systèmes de retraites privilégiés, de subventions à tout vent, y compris à certaines entreprises et pas aux autres, ce qui déséquilibre totalement la compétitivité d’une part, et d’autre part ce qui empêche celles qui sont mal gérées de disparaître au profit de nouvelles qui les remplaceraient avec d’autres critères de gestion et de travail plus compétitifs, et surtout qui couteraient moins cher aux contribuables.

Pour illustrer ça, c’est un peu comme si l’État avait continué de subventionner les Compagnies de diligences quand le Chemin de Fer fut créé. ! Et avec notre argent, bien entendu.

Mais nos politiques continuent de nous piquer notre fric (c’est de la spoliation, pour habiller Paul on déshabille Jean) , en nous assurant que l’État sait bien mieux que nous comment le faire fructifier.
Résultat : une dette gigantesque et un État qui, se mêlant de tout, n’est plus capable d’assurer pleinement ses fonctions régaliennes - comme la sécurité, par exemple.

Sans oublier toute une population, de plus en plus nombreuse, qui s’est organisée pour ne vivre que des largesses de l’État (allocs familiales, logement, CMU, etc, ect)


autre message de Kir, pour faire suite :

Petit rajout :

La faillite d’une entreprise mal gérée (que l’entreprise soit publique ou non) est le seul et le meilleur moyen d’assainir notre croissance. En effet, une autre, plus performante sera créée.
C’est ce qu’on appelle en économie "la destruction créatrice".

Et dans ce phénomène il y a "ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas" :
- ce que l’on voit = les emplois perdus à cause de la faillite
- ce que l’on ne voit pas = les nouveaux emplois, plus sûrs et plus nombreux qui pourraient être
créés par un concurrent plus performant et qui engagerait sa responsabilité et ses biens.

En conservant des canards boiteux, on entretient le chômage, et on appauvrit les Français.

Pour la situation de la France :

Nos politiques se trouvent devant 2 choix :

- Ne rien faire, ou pas grand chose, juste des réformettes, et c’est alors Une crise de la dette étatique -non corrigée -
avec la faillite au bout, et 10/20 ans pour s’en remettre. Comme l’Argentine.

- Faire des réformes structurelles, tout remettre à plat, nous aurons alors une crise sociale (les syndicats ne vont pas s’en priver
pour défendre leur pouvoir). Dans ce cas, le niveau de vie baisse pendant 5/6ans et ensuite le niveau de vie revient à un
niveau supérieur d’avant la crise. Comme en Suède.

Qu’est-ce que vont choisir nos politiques "couillus" ?

J’en rigole d’avance ! même si jaune ! :’-))

Un excellent article de l’institut Turgot pour comprendre combien les décisions sont toujours politiques et non économiques.
Ils se raccrochent encore et toujours à la théorie Keynésienne, qui donne tous pouvoirs à l’état et sa fonction publique et aboutit immanquablement à la faillite.

Keynes lui-même, quand on lui demandait : "et après ?" répondait : "Après, on sera tous morts !".

Le problème c’est qu’on y est : on est tous morts.

Pour une seule raison : on a appliqué une politique économique keynésienne depuis 40 ans, alors qu’une telle politique ne doit être appliquée qu’un court laps de temps, pour relancer la croissance par la consommation, c’est à dire grâce à l’endettement.

Voir l’article ici et lire les commentaires où l’auteur vient répondre à ses lecteurs :

http://blog.turgot.org/index.php?post/Dryancour-crise-euro-2#comments


C’est alors que Chibani intervient :

Je pense qu’il est malsain de se jeter sur les mauvaises nouvelles et de les diffuser sans les avoir vérifiées. A une époque ça s’appelait des propos défaitistes. Ben oui, la France jouit toujours de ses 3 A. On s’en réjouit ou on le déplore ? Question d’idéologie.

___

ce à quoi Toto lui répond :

[*Qué mauvaises nouvelles ?*]

[*ça fait cinquante ans que la V eme République fait tout pour ruiner notre économie de base ... au lieu de lui foutre la paix .
Elle y est finalement parvenue.
C’est ça la la mauvaise nouvelle connue de tous depuis des lustres.*]

[*Le AA + ou - et autres conneries du même genre ne sont que la constatation d’un état pathologique voulu délibérément, et cultivé à souhaits par nos dirigeants politiques et notre sacro-sainte administration de merde ...exactement à l’inverse de ce qui s’est passé en Italie et en Allemagne où la culture entretenue et favorisée de l’entreprise de base existe bel et bien.*]

Ils ont délibérément ignoré qu’avant de produire des épis, le blé est d’abord en herbe.

Il ne faut pas oublier ou faire semblant d’ignorer aujourd’hui que, dans les années 60 .... il y avait en France deux fois plus d’entreprises qu’en Italie ...

c’est donc le moment de s’interroger :

" Mais où est donc passée la 7 eme compagnie ? "...

Nous étions au bord du gouffre ... disait un homme politique ... heureusement nous avons fait un grand pas en avant !!

[1Spread (définition approximative) : est un mot d’origine anglaise qui désigne l’écart entre un taux d’emprunt souhaité et le taux effectivement offert (lié bien sur à la confiance)

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