Vous avez dit "REPENTANCE" ?
+
Juin 1958 « Je vous ai compris ! »
Juin 1958 « Vive l’Algérie française ! »
Une précision : certains hagiographes du Général De GAULLE, comme Robert Philippe, ont tenu à préciser la signification de ces termes. Nous prenant pour des arriérés mentaux, ils prétendent que, lorsqu’il évoquait l’Algérie française, le Général entendait une Algérie, qui, comme la Gaulle était restée romaine, serait restée sous une influence historique française.
Juin 1958 « L’Afrique est foutue, et l’Algérie avec ! »
Ce n’est pas du regret qui est manifesté dans ce propos mais de l’agacement qui évoque plutôt un sentiment de rejet, de dégoût.
Octobre 1958 « L’indépendance algérienne ? Dans 25 ans Delouvrier ….. »
Un propos qui permet de supposer que l’indépendance de l’Algérie était mal vécue par tous ceux qui se dévouèrent corps et âme, cependant, à la volonté du Général De GAULLE.
Janvier 1959 « L’Algérie a choisi la paix ».
Mars 1959 « L’armée française ne quittera jamais ce pays et moi, le Général De GAULLE, je ne traiterai jamais avec ces gens du Caire ou de Tunis ».
Voilà une affirmation bien imprudente. Car c’est effectivement avec les gens du Caire et de Tunis que De GAULLE a traité tout le temps, depuis 1956, par l’intermédiaire de BOUMENDJEL.
Mai 1959 « Une nouvelle Algérie liée pour toujours à la France… »
Août 1959 « La paix est une nécessité. Cette guerre absurde… »
Cette guerre était effectivement absurde. C’est la raison pour laquelle il fallait la gagner dans les plus rapides délais, sans lésiner sur les moyens, sans se laisser influencer par l’opinion internationale. Il aurait fallu que notre armée se comportât en armée véritablement révolutionnaire.
Septembre 1959 « Je considère qu’il est nécessaire que le recours à l’auto-détermination soit ici et maintenant proclamé ».
C’est la synthèse du reniement. C’est la synthèse de la contradiction. C’est le summum de la trahison.
Janvier 1960 « Une solution qui soit française ».
De GAULLE vient de subir le choc du 24 janvier 1960, le peuple d’Alger gronde. C’est le début de la semaine des Barricades d’Alger. Il est inquiet quant au comportement de l’armée. Il ménage donc l’opinion.
Janvier 1960 « Comment pouvez-vous écouter les menteurs et les conspirateurs qui vous disent qu’en accordant le libre choix aux Algériens, la France et De GAULLE veulent vous abandonner, se retirer de l’Algérie française et la livrer à la rébellion ? »
Par rapport aux propos de septembre 1959, cette question posée par le Général De GAULLE illustre une véritable synthèse de l’escroquerie intellectuelle la plus totale.
Il laisse supposer que lui, de GAULLE, reste partisan d’une solution française, alors que depuis 1956, il complote avec BOUMENDJEL et par l’intermédiaire de celui-ci, avec FEHRAT ABBAS, pour l’indépendance de l’Algérie.
Mars 1960 « L’indépendance, une folie, une monstruosité … la France ne doit pas partir. Elle a le droit d’être en Algérie. Elle y restera…. ».
Je me souviens d’avoir, personnellement, écouté cette phrase alors que j’étais dans ma cellule à la prison de la santé avec mes autres camarades accusés du procès des Barricades d’Alger. Elle fut prononcée à l’occasion de la seconde « tournée des popotes » effectuée par le Général De GAULLE. Quelques semaines après l’épisode des Barricades d’Alger.
Pour l’opinion publique française et algérienne, elle semblait exprimer une volonté affirmée du Général De GAULLE de remporter la victoire. Ce propos fut confirmé d’ailleurs, dans ce même discours, par l’ordre que De GAULLE donnait aux soldats français d’aller chercher les armes des rebelles « là où elles se trouvaient ».
Il faut lever une équivoque à propos de ces paroles. La voici : lorsque cette phrase fut prononcée, elle illustrait au plus haut point la complicité opérationnelle qui liait De GAULLE à FEHRAT ABBAS.
Car, en cas de cessez le feu, FEHRAT ABBAS et les membres du GPRA qui siégeaient au Caire et à Tunis, savaient très bien qu’ils n’avaient aucune pitié à attendre de la part des maquisards de FLN de l’intérieur. Ces derniers s’étaient engagés à trancher la gorge de ces révolutionnaires de palace dès qu’ils remettraient les pieds en Algérie.
Donc, pour FEHRAT ABBAS, il était d’une importance vitale, au sens propre du terme, que le cessez le feu en Algérie fût précédé d’un anéantissement des maquis FLN de l’intérieur. De GAULLE et FEHRAT ABBAS étaient d’accord pour massacrer du combattant FLN, pour permettre au GPRA de l’extérieur de prendre livraison de l’Algérie que De GAULLE était prêt à offrir en holocauste à la rébellion algérienne. A la suite de cette certitude on comprend la genèse et la signification de l’affaire SI SALAH. Avec la signification du massacre d’Oran du 5 juillet 1952 comme ultime conséquence de cette sordide manœuvre que constitue l’affaire SI SALAH
10 mars 1960 « L’indépendance, c’est la clochardisation ».
Si cette dernière phrase du Général De GAULLE illustre sa véritable pensée, cela signifie qu’il ne se préoccupait pas de l’état dans lequel il abandonnerait l’Algérie après la mise en application de sa décision d’abandon, qu’il avait toujours essayé d’occulter par le moyen de l’incohérence de ses propos. Ou plutôt grâce à elle.
Ces quelques citations constituent le matériau fondamental de la Reconnaissance
– du crime contre l’intelligence,
– du crime contre l’honneur,
– du crime contre l’humanité
–
commis par les fossoyeurs de l’Algérie française.
Nous avons esquissé précédemment une schématisation de la repentance. Nous avons insisté, d’une façon un peu plus nourrie, sur le chapitre de la reconnaissance.
Il nous faut maintenant réfléchir sur le 3e « R », celui de la Réhabilitation et en même temps, sur le 4e « R » dont il n’est jamais question : il s’agit du « R » de notre Résilience.
La Réhabilitation c’est l’ensemble des attitudes et des décisions qui feront recouvrer l’estime et la considération aux combattants de l’OAS de Métropole et d’Algérie, aux Harkis, et à l’ensemble des combattants volontaires de confession musulmane. A ceux qui ont tout engagé pour éviter deux drames.
Premier drame : une amputation de la France Sud-Méditerranéenne avec toutes les conséquences que cette amputation allait entraîner sur le destin et l’identité ethnico-culturelle de la mère patrie, de l’Europe et de l’Occident tout entier.
Deuxième drame : il s’agit de celui que voulaient éviter, dans l’urgence, les combattants de l’OAS. C’était le génocide de notre peuple Pied-noir, le génocide des Harkis, et éventuellement une dhimmitude de notre peuple français d’Algérie.
Nous avons échoué en ce qui concerne les Harkis, puisque plusieurs dizaines de milliers d’entre eux furent massacrés. Les massacres plus récents du Burundi, du Ruanda, du Congo et d’ailleurs, illustrent tout logiquement les acquis les plus appréciables de la décolonisation.
Nous avons réussi, néanmoins, en ce qui concerne le sauvetage de la vie et de la liberté des Français d’Algérie dans leur immense majorité.
Faut-il nous « réhabiliter » pour avoir « OSÉ » conduire ce combat ? pour avoir OSÉ contester la décision du Général De Gaulle ? Oui.
Il faut non seulement nous réhabiliter mais il faut nous rendre les honneurs.
Cette fois, c’est au Général De Gaulle que nous faisons appel. D’après Alain PEYREFITTE, l’homme de Colombey a déclaré :
Les gens de l’OAS me haïssent parce qu’ils sont aveuglés par leur amour de la France, quant aux complices du FLN, ils me haïssent tout autant parce qu’ils sont aveuglés par leur haine de la France.
Notre Journal

