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Les millions de la sacro-sainte démocratie parlementaire française

, par  Philippe Randa , popularité : 6%

Les millions de la sacro-sainte démocratie parlementaire française

La superposition de deux sujets à la une d’un média peut inciter à de vilaines pensées politiquement incorrectes. Exemple, France Soir.fr de ce jour…

Un premier article est consacré à la « richesse » des partis politiques français. Il réserve deux surprises…

La première est que le Parti socialiste a les « caisses les mieux remplies, avec 55 millions d’euros en réserve contre un peu moins de 50 millions pour l’UMP »… Explication : les adhérents du Parti à la rose ont mis davantage la main à la poche que ceux du parti présidentiel. L’UMP se console en ayant « mis en place un système très efficace de récolte des dons des particuliers : il a ainsi recueilli plus de 7 millions d’euros quand le PS en recevait moins de 900 000.  »

La deuxième surprise vient du Parti communiste : «  Malgré ses revers électoraux, lui roule encore sur l’or. Il se range au troisième rang des formations politique les plus riches, avec 32 millions d’euros de recettes (dont 15 millions versés par ses élus). »

Autrefois, des esprits chagrins sous-entendaient que Moscou la Rouge entretenait généreusement le Parti français à la faucille et au marteau. Mais c’était alors le temps de la toute puissance de l’ogre soviétique… Aujourd’hui, les fins de mois du PCF ne sont sans doute assurés que par la vente militante de muguet chaque 1er Mai comme il se plait à le faire croire.

Ce qui, toujours pour les mêmes esprits chagrins, semble tout aussi crédible que le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995 par la seule vente de tee-shirt à son effigie.

L’autre article du quotidien désormais publié exclusivement sur internet (www.francesoir.fr) est un SOS lancé par l’association des Restos du cœur : Son président « craint que cette année les bénévoles soient contraints de servir moins de repas aux bénéficiaires  » ; il tient donc à « alerter l’opinion sur un manque de fonds à hauteur de cinq millions d’euros. »

«  En 2010, explique-t-il, les Restos du Cœur ont servi 109 millions de repas à 860 000 bénéficiaires. Vu qu’un repas coûte un euro et que le nombre des bénéficiaires a augmenté de cinq millions, nous avons besoin de cinq millions d’euros. C’est mathématique. »

La réponse est peut-être à chercher du côté de la Commission nationale des comptes de campagnes et de financements politiques (CNCCFP) qui a publié ceux des partis politiques français. On apprend ainsi que l’État a versé 69,5 millions d’euros aux 11 grands partis politiques.

Gageons que les éternels esprits chagrins, dans toute leur insolence coutumière, proposent ni plus ni moins que de ponctionner les 5 millions supplémentaires indispensables à la survie de ces nouveaux pauvres sur la cagnotte de ceux qui vivent grassement du fond de commerce de la politique politicienne. Soit du malheur de plus en plus de Français qu’ils ont pourtant vocation à solutionner.

Mais ce serait évidemment une intolérable atteinte à la dignité de la sacro-sainte démocratie parlementaire française. Ou pour le moins à la prospérité d’un grand nombre de ses représentants professionnels.

Note

(1) Très loin devant Europe Ecologie-les Verts (8,8 millions), le Modem (5 millions), le Front national (4,6 millions), Lutte ouvrière (3,1 millions), le NPA (2,2 millions), PSLE-le Nouveau centre (2,1 millions), le Parti radical de gauche (2 millions), et l’UDF (1,6 million).

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