La Presse de ce lundi matin 18 février 2008 :

, par  DiaOulRu , popularité : 3%

Avenir. Les services partent aussi.
L’aéronautique choisit le Maghreb, l’informatique l’Inde
Le choix de faire fabriquer hors de Midi-Pyrénées dans le secteur aéronautique ne date pas d’hier. Le Toulousain Latécoère s’est installé depuis longtemps en République tchèque, au Brésil ainsi qu’en Tunisie depuis 1995. Il s’agit d’ailleurs plus de localisation que de délocalisation.

Mais les pays du Maghreb se sont bien lancés dans une vaste opération de séduction auprès des grands donneurs d’ordre. Résultat : le tissu régional est déjà victime de la concurrence marocaine. La Sopymep, une PME d’usinage (12 salariés) à Colomiers qui dépend à 35 % des commandes d’Airbus, a perdu une partie de sa charge de travail sur les trappes de train. Ne pouvant pas s’aligner sur les prix marocains, la PME a perdu 55 000 euros de chiffre d’affaires par mois.

La production de pièces a été la première activité à être touchée. Mais dans un proche avenir, c’est bien la matière grise qui est dans le collimateur. Studec, un bureau d’études de Blagnac qui dépend d’Airbus à 80 % vient d’ouvrir une succursale en Inde pour abaisser ses coûts et rester compétitif. La société d’ingénierie toulousaine Aeroconseil (940 salariés) s’est associée à Bangalore avec Genser Aerospace et prépare l’ouverture d’un bureau commercial en Chine et d’une filiale au Brésil. La PME, IGE + XAO a, elle, choisi depuis longtemps la Bulgarie pour développer ses logiciels. G. B.


Interview. Une vallée d’Ariège meurtrie par les fermetures de Péchiney.
Paul Suanez : « La machine capitaliste s’est emballée »

À la seule évocation de Pechiney, il s’enflamme. Intarissable, l’ancien salarié de l’aluminier se remémore ses années passées sous le harnais de Pechiney Hollande, avant de revenir travailler sur le site d’Auzat, en Haute Ariège. « Quand, dans les années soixante-dix, nous sommes partis avec les copains pour travailler au Pays-Bas, c’était une belle aventure, nous étions enthousiastes. La grande époque… » À 61 ans, Paul Suanez souffre aujourd’hui pour cette vallée meurtrie par la fermeture des usines d’Auzat et Sabart. Ce n’est pas tant le combat perdu qui le blesse mais les conditions dans lesquelles se sont jouées ces disparitions. « J’ai connu les grandes batailles de 68, 74 et 83. C’était dur, mais on savait qui on affrontait. On connaissait les patrons, ils étaient Français parlaient la même langue que nous, langue au sens du métier. Depuis, la machine capitaliste s’est emballée, elle va très vite, trop vite et nous écrase. Autour de la table, c’est Pechiney, puis Alcan, puis… Quand vous voyez les grandes manœuvres qui se préparent autour de Rio Tinto à Sabart et aux Talcs de Luzenac… C’est effrayant ». Engagé dans la vie publique locale (adjoint au maire à Tarascon), Paul Suanez garde un œil sur cette entreprise à laquelle il a consacré trente ans de sa vie. En pensant à « tous ces jeunes gens qui, en 2004, ont quitté l’Ariège vers les autres usines Pechiney, notamment en Maurienne. C’est cette classe d’âge de 18-35 ans qui fait défaut ici aujourd’hui ». Les statistiques officielles recensent près d’un millier d’emplois indirects perdus à la fermeture des sites d’Auzat et Sabart.

Et MITTAL le maharadja indien de la ferraille recyclée, vous connaissez ? Si vous passez par la Lorraine, il n’y a plus de sidérurgie. Les trains d’acier sont démantelés. Par contre, vous traversez la Sarre, cette petite rivière tranquille et de l’autre côté, c’est l’enfer des aciéries. La nuit le ciel est rouge vers Luisenthal, Saint Wendel à quelques kilomètres de Saarlouis. Curieux non ?

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