LE CHAMANISME GAULLISTE
…de l’aliénation idéologique…à l’esprit de Poitiers
Page 3
J’ai relaté dans mon cinquième livre « ATTAQUES ET CONTRES ATTAQUES » auquel je viens d’apporter quelques retouches, les relations qui ont uni à un moment donné,
– d’une part Paul Reynaud et, d’autre part, l’égérie de celui-ci, la comtesse De Porte,
– à De Gaulle durant ces heures sombres de 1940.A propos de mes livres, permettez-moi de vous informer, comme je l’ai fait à l’égard de mon éditeur, que j’ai renoncé définitivement à percevoir des droits d’auteur.
S’il m’arrive d’inviter mes correspondants à lire mes livres et à les faire lire, en priorité par mes frères d’armes, par ceux qui ont vécu nos drames, qui les ont partagés, par ceux qui n’ignorent pas de quoi ils parlent lorsqu’ils évoquent la fin de l’Algérie française, ce n’est pas dans un but lucratif. C’est pour transmettre un vécu. Un vécu qui m’autorise à formuler des interprétations parfois audacieuses de la réalité historique, telle qu’elle est officiellement et abusivement transmise. Interprétations qui émanent, dans mon cas particulier, de quelqu’un qui s’est trouvé à l’origine de graves décisions. De quelqu’un qui assuma et assume encore des responsabilités que personne n’a voulu partager.
C’est cette notion de responsabilité que je dois assumer, qui m’autorise à vous transcrire ici deux pages extraites du chapitre V de mon dernier livre « Attaques et Contre-Attaques ». Chapitre intitulé :
« Paris, Janvier 1969
Du purgatoire au cloaque »« En mars 2005, je fus invité pour une conférence à Bordeaux. Une séance de signature de mon dernier livre était prévue avant et après mon exposé.
J’atterris à l’aéroport girondin de Mérignac, en provenance de Nice. En me propulsant vers la sortie, entre couloirs, ascenseurs et escalators, je me suis soudain rappelé le rôle déterminant, catastrophique même, joué par cet aéroport dans l’histoire de France, l’histoire de l’Algérie française et finalement, l’histoire du monde.
En effet, il s’agit du site où fut mise en chantier la plus grande escroquerie subie par notre patrie à travers la naissance du mythe gaulliste, au mois de juin 1940. Durant ma progression à travers les niveaux successifs de l’aéroport, je ne pus m’empêcher d’évoquer un curieux livre, « Les mémoires d’un président, révélations posthumes d’un ancien président du conseil » publié aux éditions de la Table Ronde.
En quelques pages savoureuses, sont décrites dans cet ouvrage, les amours passionnées qui ont lié Paul Reynaud, président du conseil en fonction en 1940, à la comtesse de Porte, dont l’auteur théoriquement anonyme de ce livre, affirme qu’elle était « une luronne de la pire espèce ». Elle fut appelée aussi « la Du Barry 1940 ».
« Cette femme avait pris en affection cette grande bringue que Reynaud a fait entrer au gouvernement, le 5 juin, avec le titre dérisoire de sous-secrétaire d’état à la guerre : Charles de Gaulle ».
L’auteur précise : « Elle l’a fait nommer général mais attention ! À titre temporaire… ».
Quelle mission attribuer à ce nouveau venu, à cet officier supérieur, dont l’auteur nous dit qu’il était « un ancien protégé » de Pétain ? Celle d’aller à Londres. Pour y faire quoi ? Lever l’étendard de la résistance à outrance contre les armées allemandes ?
Pas du tout.
Il était chargé d’y annoncer « l’arrivée de Paul Reynaud ». Celui-ci était décidé, toujours d’après l’auteur de ce livre, à « continuer la lutte derrière un micro ». Mais les ambitions aventureuses de cette Du Barry, qui était en relation avec le mouvement "synarchique" international, en décidèrent autrement. Sans doute avertie des compétences sexuelles encore efficaces, malgré son âge, du maréchal Pétain, elle se proposa de le séduire. Après tout « se faire » un maréchal de France…. pourquoi pas ! Ce devait être un fantasme excitant pour la comtesse. Mais le maréchal, qui avait d’autres préoccupations, « condamna sa porte ». Elle décida alors, dans son dépit, de se rendre en Espagne avec son amant, puis au Maroc.
Dans ce but, le couple se dirigea vers Marseille pour y prendre un bateau. Un accident de la route, un platane malencontreux et ce fut le drame. La mort de l’égérie et une blessure superficielle du cuir chevelu pour Paul Reynaud.
Entre temps, que devient la mission de Charles De Gaulle ?
Le général britannique Spears, dont l’essentiel de la carrière semble avoir consisté à prendre une part active aux affaires de notre pays, avait donné rendez-vous à De Gaulle, le 12 juin, à l’hôtel Montré.
Le tout nouveau général, à titre temporaire, arriva en retard, malgré la pression qu’exerçait sur son auguste personne, le lieutenant Geoffroy de Courcel, affecté auprès de De Gaulle par le général Spears lui-même, toujours selon l’auteur de ce livre. Un peu plus tard, au moment de prendre place dans la carlingue de l’avion « prêt à décoller, ses moteurs ronflaient déjà », De Gaulle, pour la deuxième fois, hésita :
« Non, non, Courcel, cette aventure est trop risquée, je ne pars plus !
Fut-ce la consternation ? Non … Ce fut la colère ! ».
« Spears était fou de rage… Aidez-moi, Courcel, By jove ! » Il se rejeta en arrière en ramenant De Gaulle à lui. Courcel se précipita : il tira le reste du grand corps dans la carlingue et referma la porte….Voilà comment De Gaulle est parti, d’après ce livre, contre sa volonté, presque kidnappé, vers l’Angleterre où Winston Churchill attendait Paul Reynaud qui ne vint pas, à cause d’un platane héraultais…
C’est, agité et surtout amusé par ces souvenirs de lecture, que je rejoignis le sympathique président du Cercle algérianiste de Bordeaux qui me véhicula aussitôt vers la salle de conférence ».
Fin de citation
Je laisse au président du conseil de la IIIe République, Paul Reynaud, mort à Neuilly en 1966, la responsabilité de ce texte, tel qu’il est rapporté, je le rappelle, dans le livre « Mémoires d’un Président » édité par « La Table Ronde ».
Mais, reconnaissez-le, nous sommes loin du compte !Nous, les anciens du combat « Algérie-française » devons nous soumettre, à tout moment, à une précaution : lorsque nous nous penchons avec sérieux, mais surtout avec calme sur le scénario de notre histoire, il faut nous prémunir contre un piège. Celui de rester jaloux, envieux et prisonniers de nos susceptibilités personnelles. Car c’est une attitude improductive. Prenons soin d’éviter les comportements affectés d’une naïveté destructrice de notre potentiel d’information. Décrivons les drames que nous avons vécus, que nous avons subis, que nous avons provoqués. Décrivons avec soin leur déroulement. Mais n’oublions pas de les situer dans la totalité des agressions que nous avons affrontées. Avant tout, intéressons-nous à leur genèse. A leur pourquoi. A leur identité de drames précurseurs et annonciateurs des drames qui vont suivre, des drames qui ont déjà suivi à Kaboul, à Londres, à Madrid, à New-York. Des drames qui sévissent épisodiquement dans nos banlieues. Des drames qui surgissent partout en Afrique et ailleurs.
Mais n’oublions jamais le rôle catastrophique, anti-occidental et antichrétien par excellence, tenu par celui qui est encore l’objet d’une idolâtrie de la part d’un monde politique profondément altéré dans ses facultés de jugement.
Le chamanisme gaulliste, organe fondamental de la décérébration des Français, a trouvé dans la mort de l’Algérie française, dans l’assassinat de la France Sud-Méditerranéenne, le moyen de mettre en œuvre et d’universaliser sa virulence. Car c’est bien d’une agression contre la santé et l’avenir de la France, de l’Europe et de l’Occident qu’il s’est agi durant la mise à mort de la terre française d’Algérie.
L’assassinat de l’Algérie française, l’assassinat de la France Sud-Méditerranéenne, illustrent avant tout, un crime contre l’intelligence.
Pour camoufler ce crime, pour en occulter l’infamie, que fait-on ?
On sublime le personnage. Le gourou des hommes politiques modernes… des gérontes de la Vème…. Parce que De Gaulle a débarrassé la France du boulet algérien.
Que les soumis au chamanisme gaulliste, lors des célébrations serviles du 50e anniversaire, se rappellent cette prédiction de Larbi Ben M’Hidi, en 1957, avant qu’il ne fût pendu à Alger :
« Vous aurez l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».
C’était déjà une formulation de la thèse conquérante, l’intégration Sud-Nord, que notre pays est en danger de subir.
Mais attention, il existe encore pour la sauvegarde de la France et de l’Occident, mille manières de revivre une future« OPERATION-POITIERS »
Je n’ose imaginer ce que j’entendrais si j’avais l’audace d’affirmer en public ce que je viens d’écrire à cet instant même :
« Va-t-en guerre assoiffé de sang ! », ou bien,
« Trublion d’opérette qui rêve encore d’une belle bataille pour sauver la France et la Croix ! »
Voilà les apostrophes agressives et moqueuses dont je serais certainement l’objet dans cette éventualité.
Je saurais néanmoins me défendre. Car, comme je crois l’avoir exprimé dans mon étude n° 35, je prétends attribuer à la bataille de Poitiers, sa réelle valeur historique. Qui n’est pas la valeur d’une grande bataille. Poitiers, qui n’illustre pas un grand exploit militaire. Car en Austrasie, c’est-à-dire au sud de la Gaule, durant ces années-là, on a connu beaucoup de combats entre la cavalerie du maire du palais d’Austrasie, et des bandes de mahométans ou de pseudo-mahométans qui, en tout état de cause, n’avaient rien d’arabe ni rien de berbère. Et que dans un souci de commodité, on a désigné sous le nom de « sarrasins ».
Des combats que l’on a voulu idéaliser à l’extrême, en leur attribuant une identité romanesque : la fille d’Eudes, duc d’Aquitaine, aurait été enlevée par Munuza, supposé gouverneur berbère de Narbonne. L’émir Munuza, selon les uns, le sultan de Narbonne selon les autres, a fait partie de ces hobereaux, ennemis de Rome, qui pour mieux combattre à la fois Rome et les mérovingiens, se sont ralliés à l’islam. A l’instar d’une grande fraction des populations d’Aquitaine, maintes et maintes fois soumises à l’influence d’hérésies multiples et de sectes qui leur conféraient une volonté opiniâtre de combattre Rome.
Narbonne ne fut pas conquise. Elle a rallié al-Andalus, c’est-à-dire l’Espagne, convertie majoritairement à l’islam. Narbonne devint une province d’importance stratégique primordiale pour ceux qui rêvaient d’abattre Rome et le christianisme romain. La Narbonnaise devint ainsi pour des motifs opérationnels, un des cinq émirats d’al-Andalus avec Cordoue, Tolède, Mérida et Saragosse. Et cela, vingt ans après la bataille de Guadalete (711), qui a vu la victoire d’une armée d’Espagnols convertis à l’Islam ou sur le point de se convertir, sur l’armée chrétienne du roi Rodérick.
Il était important pour les forces chrétiennes continentales, fidèles à Rome, que cet « émirat » fut anéanti en tant que tel. Ce fut la mission du Maire du Palais d’Austrasie, Karl Herstal, Charles Martel qui vainquît « les pseudo-maures », les sarrasins, les rebelles aquitains, à Poitiers, en 733.
733 ?
« Mais-qu’est-ce-que-c’est-que-cette-foutue-date ! »
Il faut changer ça !
Parce qu’il faut conférer à cette bataille un potentiel de rayonnement symbolique. Il faut en faire, pour l’histoire, une victoire décidée par Dieu contre les infidèles.
Oui, c’est ce que l’on va faire.
On va donc la relater, la sublimer, l’exploiter en termes de propagande, comme si elle s’était déroulée en 732. C’est-à-dire :– 100 ans après la mort du Prophète,
– 110 ans après la naissance de l’hégire, la naissance de l’ère musulmane.Cette victoire prit l’identité d’une victoire remportée par le « marteau de Dieu » comme l’ont précisé les notables du christianisme romain. Un symbole historique qui favorisa une intervention de l’Eglise dans un essai de construction d’un Second Empire, celui des Carolingiens tout d’abord… dont l’église rêva de faire un Saint-Empire. Renaissance de l’Empire qui s’illustra cependant par des conséquences qui furent dramatiques pour le catholicisme. Car dans cette nouvelle construction du monde, il fut attribué aux papes, hélas ! l’administration de territoires : les futurs Etats Pontificaux.
A partir de cette dualité, coexistence d’un pouvoir temporel et d’un pouvoir spirituel, se développa une rivalité entre l’autorité impériale et l’autorité romaine. Rivalité qui faillit détruire l’Eglise à maintes reprises. En résumé :
1. au XIe siècle, survint le schisme entre l’église d’Orient et l’église d’Occident,
2. pendant les croisades est intervenu le déviationnisme maçonnique des Templiers,
3. plus tard, on a vécu les confrontations sanguinaires entre les Guelfes et les Gibelins,
4. survint la Réforme enfin, qui faillit porter un coup de grâce à l’Eglise et qui fut à l’origine d’un génocide européen tragiquement illustré par la guerre de 30 ans.Mais qu’on le veuille ou non, que cela plaise ou non, le christianisme apostolique et romain a survécu. C’est cette survie qui illustre le miracle constant de ces vingt derniers siècles. C’est lui qui aujourd’hui appelle à l’union pour le triomphe de la Croix.
C’est la Croix qui va devenir l’emblème de ralliement de ceux qui, même s’ils ne sont pas chrétiens, vont décider de ne pas subir la loi de l’arabo-islamisme-fondamentaliste et conquérant. Qui vont décider de ne pas subir l’intégration Sud-Nord, intégration qui avait été annoncée en 1957 à Alger, par Larbi Ben-M’hidi
En faisant quoi ?
En restant animés de l’esprit, de l’espérance de Poitiers, riche avant tout de la signification pleine de symbolisme qu’ont voulu donner à cette bataille, ceux qui ont remporté la victoire.
Tout ce que nous vivons aujourd’hui devra finir un jour, obligatoirement, par « des chants et des apothéoses », si on veut éviter une plongée dans une longue période de ténèbres.
Nous, les anciens du combat « Algérie française », nous nous rallions à cette espérance. Nous rejetons toute acceptation d’un anéantissement définitif du message de la Croix.
Notre futur Poitiers pourra revêtir à l’échelon français, européen ou occidental élargi, une allure d’événements polymorphes, identiques peut-être à ceux que nous avons vécus en Algérie, à partir du 16 mai 1958.
16 mai 1958, une date qui aurait dû être l’occasion offerte par Dieu de conférer aux évènements d’Algérie la signification du nouveau Poitiers, du Poitiers moderne dont nous avions besoin.
Dans cet esprit, le 25 mai 1958, à Constantine, s’éleva la voix de l’iman et directeur de l’institut Kittania, le Cheik Lakdari Abdellali :
« Sache, ô femme, que le moment est venu pour toi de jouer ton rôle dans l’histoire de l’Algérie nouvelle, que tu es l’associée de l’homme dans la vie et au sein de la société humaine, que tu partages avec lui ses peines et ses joies, son bien-être et ses malheurs. La religion a instauré l’égalité entre toi et l’homme. Sache ô ma sœur que tu n’es pas un bien qui s’achète et qui se vend ! Sache que tu es maîtresse de ton foyer ».
Tout était possible à partir de cette proclamation.
Il aurait fallu la faire connaître. Il aurait fallu que des centaines d’imans s’engagent dans ce processus de sécularisation, annoncé à Constantine, de la religion du prophète de la Mecque et de Médine.
Il aurait suffi que le pouvoir français de l’époque acceptât de donner un éclat particulier à cette proclamation du 25 mai 1958.
Mais Satan veillait.
De Gaulle était là pour asphyxier cet élan de l’Islam vers l’Occident.
C’est à partir de positions sécularisationnistes comme celles que nous venons d’évoquer, c’est à partir d’appels à la convivialité spirituelle, c’est à partir de la foi fortement exprimée dans nos convictions, que ce nouveau Poitiers sera possible.
Peut-être en 2022, à l’occasion du 1400e anniversaire de la naissance de l’Hégire.
L’intégration Nord-Sud doit triompher pour que survivent la liberté, l’égalité et la fraternité dont nous avons tous tant besoin.
Soulignons une fois de plus qu’il n’est pas encore l’heure de rédiger un acte de décès pour la France, l’Europe et l’Occident.
L’arabo-islamisme fondamentaliste ne triomphera pas en France et dans le monde occidental car nous avons choisi de défendre envers et contre tout, ce qui est devenu notre position politico-militaire à protéger à outrance. Nous voulons parler encore et encore
DE LA CITOYENNETE LAIQUE
qui définit la traduction historique, la traduction humaine, une traduction biologique même, de l’intégration Nord-Sud. Celle que nous avons défendue en Algérie. Celle que nous défendons aujourd’hui.
Docteur Jean-Claude PEREZ
Notre Journal
