Identité nationale
Les Harkis confrontés à leurs origines.
Saint-Augustin, en revanche, c’est la classe.
Voilà un vaurien qui exerce tous les métiers, se livre à la débauche et fait les quatre cents coups pendant une bonne partie de sa vie et qui, tout d’un coup, est touché par la grâce à trente-trois ans, c’est-à-dire à l’âge où le Christ meurt et où, paradoxalement, il commence vraiment à exister aux yeux de toute une humanité. Il a bien calculé son coup, le bougre !
C’est amusant et absurde mais ça me fait penser à ces Maghrébins, piliers de bistrots et gibiers de potences, qui ont appris l’Islam à Fleury-Mérogis et se retrouvent à peu près au même âge à faire les imams, prêcher la morale aux pères de familles et enterrer les morts musulmans dans les banlieues.
De grâce, si je meurs un jour, ayez pitié de moi et ne me laissez pas entre les mains de ces fossoyeurs de religion, ni enterrer dans un carré musulman !
Mais pour revenir à Saint-Augustin, il faut reconnaître que, par la suite, il a été bon, et ce, dans tous les domaines. Devenir le principal artisan de la doctrine du christianisme en utilisant son propre exemple pour l’édification de milliards d’individus à travers les siècles, en inventant au passage un genre littéraire : chapeau, l’artiste !
Ça me plaît bien, cette idée d’une filiation, même improbable et lointaine, avec un type qui parle de Dieu en ces termes : « Tard je vous ai aimée, Beauté si ancienne et si nouvelle… C’est que vous étiez au-dedans de moi et moi, j’étais en-dehors de moi… », et qui a permis à la chrétienté de dominer le monde.
Non pas que celle-ci m’attire particulièrement, au contraire.
De toutes les religions ayant adopté le dogme aristotélicien de l’univers mû par un moteur lui-même immobile, d’où surgit l’idée de Dieu créateur et incréé, c’est celle qui s’est le plus laissé détourner de son message originel. Polluée par des arguties conceptuelles contradictoires, paradoxales et hermétiques à l’intelligence, la religion apostolique et romaine est devenue un culte idolâtre et pour tout dire polythéiste.
Le Catholicisme, avec ses rites à la fois simplistes et impénétrables et sa rhétorique spécieuse capable de dire tout et son contraire, est un vrai sac de nœuds, incompréhensible pour toute intelligence également assez rationnelle et ouverte pour faire la part des choses entre la foi et la superstition.
De ce point de vue, le Protestantisme et le Jansénisme, dans leur morale épurée inspirée de Saint Augustin, justement, et l’Islam nettoyé des scories de ses prescriptions sociales et politiques, sont plus proches de l’idée que je me fais de la religion.
Ceci étant, je suis assez mal placé pour en juger car il me manque l’essentiel : la foi.
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