DEUX MIGNONS ET TROIS SAPHO
Philippe RANDA écrit :
S’il fait bien froid en France (- 20°C dans l’Essonne) et dans toute l’Europe itou, il fait en revanche plus chaud au Portugal où le Parlement vient d’adopter le mariage homosexuel en première lecture.
Pour être définitivement adopté, le projet de loi du gouvernement socialiste doit désormais passer entre les mains du chef de l’état, le conservateur Anybal Cavaco Silva, qui dispose d’un droit de veto.
Gageons qu’il ne l’utilisera pas et que l’affaire est d’ors et déjà pesée, emballée et même baisée, comme il est trop tentant de le penser en l’occurrence.
Comme le mariage homosexuel l’a déjà été aux Pays-Bas (premier pays à l’avoir autorisé), en Belgique, en Espagne, en Grande-Bretagne, au Danemark et aussi en Norvège depuis janvier 2009 et quatre mois plus tard en Suède, pays obligeant même l’église à ne plus refuser de célébrer un mariage gay.
Au Luxembourg, le projet est à l’étude depuis juin 2009.
Quant à la France, la mise en place du Pacte civil de solidarité (Pacs) a quelque peu ralenti l’inévitable échéance de la reconnaissance de ce mariage, mais les élus sont de plus en plus nombreux à la réclamer, à l’instar d’Hélène Mandroux, maire PS de Montpellier, qui a lancé un appel à tous les maires de France pour qu’à terme il soit légalisé ou de Jean-Claude Daubisse, maire UMP de Haute-’Goulaine (Loire-Atlantique) qui a célébré le samedi 13 juin 2009 dans la salle des mariages de sa mairie la cérémonie de l’union entre deux lesbiennes. Cérémonie encore interdite par la loi, mais à quoi serviraient les lois si on devait les respecter ?
Surtout en France.
Et si l’UMP a officiellement réaffirmé son opposition au mariage homosexuel, ce n’est sans doute que par la crainte des prochaines élections régionales.
Sitôt celles-ci passées, gageons encore que le discours sera différent.De mois en mois, donc, la question de l’autorisation ou non du mariage homosexuel se rappelle au bon vouloir de l’Opinion publique et la vague est telle parmi les "people d’en haut" qu’elle finira tôt ou tard par fracasser la digue des réfractaires à cette idée, heurtant pour certains leurs convictions profondes, pour d’autres le simple bon sens.
Fort bien, mais à bien y réfléchir, cette échéance désormais inévitable mérite-t-elle davantage qu’un simple haussement d’épaules ? Si des homosexuels, femmes ou hommes, singent le mariage dans les mairies de la République française, entre une naturalisation de clandestins, une fraude électorale ou la prise illégale d’intérêt d’un Maire et de ses proches adjoints, cela changera-t-il réellement la vie quotidienne des Français ?
Pas davantage, en tout cas, que l’abolition de la peine de mort, à l’exception des victimes de récidivistes, mais qui ne sont pas légions tout de même et qui ne concernent réellement, comme l’a écrit Alain SORAL dans Flash (novembre 2009) "que le sort de deux criminels endurcis et de trois psychopathes passés de mort pour de bon à emmurés vivants."
Rappelons également qu’une certaine littérature pro-homosexuelle affirme que 3 et 10 % de la population sont gays, alors que les statistiques les plus récentes et les plus fiables aux Etats-Unis atteignent aujourd’hui à peine le chiffre inférieur du pourcentage précédent.
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