Ce que pense la France socialiste de l’Algérie en Mai 1956 Après la "journée des tomates" que pense la France de l’Algérie ?

, par  Jean Claude THIODET ✞ , popularité : 12%

Déjà, en Sibérie, au Nord-Canada, dans des régions que l’on croyait condamnées à un abandon total, l’industrie a pénétré et a réussi en quelques années à transformer ces déserts en sources de richesses.

De même, le Sahara peut devenir une des régions les plus riches de l’Union Française.

Des gisements importants ont été découverts : du charbon à Colomb-Béchar, du fer à Tindouf, du manganèse à Guettara, du gaz naturel à In Salah. Des indices sérieux permettent de penser que le pétrole habite les profondeurs du Sahara — il a jailli tout récemment à Fort Flatters — et le Hoggar serait riche en étain, en tungstène et en uranium.

Bien entendu des problèmes se posent— là aussi .

Ces richesses, il faut pouvoir les exploiter. Il faut pouvoir équiper le Sahara, il faut pouvoir y disposer de sources d’énergies suffisantes.

Mais là encore, il ne s’agit plus de penser simplement aux machines à vapeur ou même à l’électricité. L’énergie atomique est déjà à notre portée et l’on sait aujourd’hui que l’énergie solaire peut être captée. Les progrès de la technique laissent prévoir que son utilisation n’a plus rien d’impossible. Or, c’est le soleil qui manque le moins au Sahara.

De toutes façons, l’Algérie et le Sahara constituent pour la France un très bel atout. Ne pas l’estimer à sa juste valeur, refuser de jouer cette carte, serait une grossière erreur.

Tous les Français savent ce que sont devenus les « arpents de neige » canadiens que nous avons abandonnés sous Louis XV avec tant de désinvolture. Il serait regrettable que, dans cinquante ans, les Français puissent faire la même constatation au sujet des « arpents de sable » algériens.

Demain, l’Algérie, avec son prolongement saharien peut devenir l’Oural, le Texas ou la Californie’ de l’Union Française et résoudre elle-même les problèmes qu’elle pose aujourd’hui pour ses habitants et pour la Métropole.

Elle peut être aussi — et il est important d’insister sur ce point — le meilleur champ d’action laissé à notre jeunesse.

La France ressemble trop, aujourd’hui, à un damier sur lequel toutes les cases sont prises, où il n’y a plus de place pour avancer un nouveau pion. Nous avons trop tendance à l’oublier, un pays qui veut rester grand a besoin d’un « banc d’essai » pour ses jeunes. Il faut à ceux-ci une tâche à la hauteur de leur enthousiasme

En est-il une plus constructive, mieux à la mesure de la générosité de la France, que celle qui va consister à mettre en valeur l’Algérie et la hausser avec ses habitants au rang des pays prospères et évolués.
Au lieu de nous détacher de l’Afrique du Nord, renforçons donc au contraire, tous les liens qui nous unissent à elle.

Chacun sait que l’union fait la force, elle fait aussi la prospérité.

Texte publié par l’ ASSOCIATION DE LA LIBRE ENTREPRISE :
38 Avenue Hoche ; PARIS (8°) en Mai 1956


Voir en ligne : la journée des tomates

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