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Au nom de Macron, Philippe demande l’armistice.

, par  vanneste , popularité : 24%
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En chute libre, l’exécutif a été acculé à céder aux revendications minimales des gilets jaunes. Macron, tombé à 23% d’opinions favorables, a laissé son premier ministre, qui lui-même a perdu 10 points à 27%, déposer les armes. Au nom de la paix sociale, Edouard Philippe a donc annoncé pour 6 mois, la suspension de l’augmentation des taxes sur les carburants, du rattrapage du diesel sur l’essence, et de la hausse du diesel pour les entrepreneurs non-routiers. Il a également renoncé à toute modification du contrôle technique pour les automobiles. Enfin, il s’est engagé à ce que les tarifs du gaz et de l’électricité ne soient pas modifiés. A partir du 15 Décembre, un débat sera lancé sur la fiscalité. Le Premier Ministre semble avoir découvert que la France détenait le record des prélèvements obligatoires en Europe, et il souhaite pouvoir évoquer la question dans la plus grande transparence avec tous les partenaires sociaux, associatifs et politiques. On pourrait appeler cela des Etats-Généraux, si ce concept ne faisait pas naître l’idée d’une fin de régime. C’est en tout cas une fin de règne : l’intransigeance et l’arrogance, de ceux qui tiennent le cap parce qu’ils savent, ne sont plus de mise.

L’exécutif propose donc un armistice à la suite d’une guerre qu’il a perdue. Il abandonne en quelque sorte ses prétentions territoriales durant six mois, mais entend conserver ses conquêtes et peut-être les relancer au-delà de la trêve. C’est de sa part, faire preuve d’un trop grand optimisme. L’image du pouvoir est durablement brouillée sinon définitivement brisée. Il voulait incarner le retour de l’autorité légitimée par le suffrage universel et assise sur les institutions de la Ve République, revalorisées par la mise en scène présidentielle. Celle-ci s’est vautrée dans l’affaire Benalla, et quelques séquences qui montraient, à Saint-Martin et ailleurs, un Chef de l’Etat aux antipodes de la stature du Général de Gaulle. Dès lors, la hauteur devenait du mépris et perdait toute légitimité. Elle faisait même naître un rejet de l’occupant de l’Elysée qui s’est libéré dans le slogan de plus en plus clamé : « Macron démission ! ».

Le désastre est total. Macron prétendait transformer la France, en faire un modèle européen du dynamisme économique, la faire briller parmi les grands du monde et lui donner le premier rôle dans des combats planétaires, comme la lutte contre le réchauffement climatique, ou continentaux comme le duel des progressistes contre les nationalistes. Il y avait, dès le départ, un contre-sens et un contre-emploi, que l’étrangeté de l’élection présidentielle avait masqués. Historiquement et sociologiquement, notre pays était le plus mal placé pour incarner le champion du progressisme mondialiste et fédéraliste européen. Ses votes, de justesse à Maastricht, puis négatif contre la Constitution européenne, l’importance électorale grandissante du Rassemblement national révélaient un pays réel que la caste constituée par le microcosme médiatique, l’oligarchie politique et les milieux d’affaires voulait écarter de sa route. En réalité, elle ne faisait que se cacher la réalité qu’elle prétendait ne pas voir. L’élection de Macron s’était faite par défaut, et celle des députés avait été un pari dont la majorité des Français s’était désintéressée. Plutôt que l’aventure d’une droite souverainiste et étatiste au point d’abandonner l’Euro, les électeurs avaient voulu donner sa chance à un candidat qui leur paraissait moins dangereux, et en passant, liquider une grande partie du personnel politique en place, jugé responsable de la dégradation du pays. Au bout de 18 mois, leur opinion est faite sur les résultats du pari : aucune amélioration notable de la croissance et de l’emploi ne s’est produite, le fait d’avoir réintégré la norme des 3% de déficit public par rapport au PIB laisse les Français totalement indifférents. En revanche le dérapage des prélèvements obligatoires qui atteint 48,4% du PIB, sans que les services publiques se soient améliorés, n’a échappé à personne. Au contraire, la France périphérique a vu sa protection se restreindre tandis que ses charges augmentaient. L’acharnement aveugle contre les retraités ou l’automobiliste de province au pouvoir d’achat limité a déclenché la révolte qui va désormais bien au-delà.

Jonglerie budgétaire réduite à un jeu de vases communicants, dénuée de véritables mesures courageuses en matière de réduction des dépenses, mensonge éhonté sur les exigences de la transition écologique alors que la France est un des pays les plus sages pour la production de gaz carbonique, hostilité sans mesure au diesel : à force de prendre les Français pour des imbéciles, le pouvoir a perdu une confiance qui était conditionnelle, dès le début. Peut-être va-t-il retrouver la paix publique, mais il ne retrouvera pas la confiance des Français. Ceux-ci le savent désormais fragile, ils l’ont découvert manipulateur et maladroit. Qui croira que les forces de l’ordre n’avaient pas les moyens d’empêcher les manifestants d’atteindre l’Arc-de-Triomphe et que le pouvoir n’espérait pas tirer de ces excès un regain de faveur publique ?

La seule question qui se pose aujourd’hui est celle de la durée d’un régime discrédité aux yeux du monde entier, et dont le cap sera d’autant plus difficile à tenir qu’il s’est estompé dans la brume alors que les passagers ne laisseront plus le pilote agir à sa guise.

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